Université Laval - La solidarité universitaire en action

Thierry Haroun Collaboration spéciale

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Bien qu'elle soit basée à Québec, l'Université Laval traite avec des centaines de partenaires à l'échelle internationale, et ce, sur les cinq continents. Ce volet international de la première université francophone des Amériques prend diverses formes tout en s'adaptant à la demande suivant les enjeux et les défis; qu'ils soient environnementaux, scientifiques ou humanitaires. Survol en compagnie de Nicole Lacasse, vice-rectrice adjointe aux études et aux activités internationales.

Le volet international à l'Université Laval a pour but principal «de former de meilleurs diplômés pour qu'ils puissent évoluer et oeuvrer sur la scène mondiale. Et à titre d'établissement universitaire, c'est un volet que je considère comme incontournable», juge Nicole Lacasse. À ce titre, rappelle Mme Lacasse, l'Université Laval «compte plus de 600 ententes dans une soixantaine de pays qui concernent la formation, la recherche ou encore la coopération, dont 350 portent sur la mobilité étudiante dans une quarantaine de pays. Et ce dont je suis particulièrement fière, c'est qu'à l'Université Laval, 12 % de nos étudiants auront vécu un séjour à l'étranger d'au moins une session au cours de leurs études, alors que la moyenne des universités canadiennes est de 2,5 %».

L'Université Laval prône une approche individuelle quand vient le temps d'envoyer ses étudiants à l'étranger. «On n'envoie pas des groupes de 40 étudiants à tel endroit et 50 à un autre endroit. On sait que si on envoie des groupes, ils vont rester en groupe. L'intégration ne sera pas bonne et on va se retrouver finalement avec un groupe de Québécois en voyage. Par contre, quand ils partent seuls ou à deux, ils sont obligés de s'intégrer dans le pays et de se trouver des amis. Ce volet [social] est aussi important que ce qu'ils apprennent en classe. Cela leur permet de s'ouvrir à d'autres, de développer une capacité d'adaptation et de compléter leur apprentissage dans une deuxième langue, voire une troisième langue. Je vous dirais que ceux qui partent en Chine ou au Japon placent la barre haut parce que les étudiants doivent [avant de quitter] apprendre un peu la langue du pays, c'est une condition.»

De meilleurs citoyens


Est-ce que ces expériences à l'étranger feront d'eux de meilleurs citoyens? «Tout à fait! Écoutez, vous parlez à une convaincue. Je suis tombée dans la soupe quand j'étais étudiante à une époque où ça ne se faisait pas. Ils vivent tellement de belles expériences et ils en reviennent complètement changés. On voit qu'ils ont pris en confiance et en maturité», précise Mme Lacasse.

Elle donne en exem-ple ceux et celles qui étudient dans le secteur de la santé. «Il y en a qui sont partis en groupe de deux ou trois en stage humanitaire en Inde ou en Afrique durant l'été. Ils sont bien encadrés et nous travaillons étroitement avec des ONG sur place. Je me souviens d'un témoignage d'un étudiant, qui m'a dit à son retour: "J'ai cousu quelqu'un sans anesthésie et il m'a dit merci!" Ce sont des expériences inoubliables. Je pense aussi à des infirmières à qui on a demandé d'accompagner une sage-femme lors d'un accouchement alors qu'elles venaient tout juste de débarquer dans le pays. C'est pour le moins impressionnant comme expérience.»

Coopération et développement

Les activités d'aide au développement représentent un volet important des partenariats de l'Université Laval à l'étranger. L'aide au développement consiste en un projet d'intervention, de recherche ou de formation qui vise à permettre un transfert de connaissances ou de services vers un pays en voie de développement. Ces projets sont souvent soutenus par des fonds d'aide publique au développement qui proviennent d'organismes comme l'Agence canadienne de développement international (ACDI) ou encore le Centre de recherches pour le développement international (CRDI), notamment.

Ces projets de coopération touchent les secteurs de la santé, de l'éducation, de la gouvernance et de la gestion des organisations, ainsi que de l'environnement. Nicole Lacasse donne en exemple un projet financé par l'ACDI à hauteur de six millions de dollars sur cinq ans. Il vise à redémarrer la formation en foresterie et gestion des ressources naturelles en République démocratique du Congo. «Vous savez, rappelle-t-elle, ce pays abrite le deuxième plus grand massif forestier au monde après l'Amazonie. L'idée ici est d'aider les gens de ce pays à développer une expertise pour qu'ils puissent gérer eux-mêmes leurs ressources naturelles, et dans ce cas précis, on parle de foresterie. On va les aider à rebâtir, à refonder une faculté de foresterie qui a été dévastée; l'expertise a été perdue.»

Mme Lacasse note aussi le cas d'Haïti, où l'Université Laval dispense, par l'entremise de la Faculté des sciences de l'administration, une formation à distance en gestion de projets. «Il y a là-bas 60 étudiants qui suivent cette formation qui mène à un MBA sur deux ans. Le but de ce projet, qui est financé par l'Organisation des États américains, est de permettre à ces gens de bâtir leur pays et d'être en mesure de faire de la gestion de projet.» En clair, ce genre d'initiative fait partie de ce que Mme Lacasse qualifie de «solidarité universitaire».

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Collaborateur du Devoir