Institut de recherches cliniques de Montréal - «Des esprits libres»

Catherine Lalonde Collaboration spéciale
L’édifice de l’Institut de recherches cliniques de Montréal, avenue des Pins<br />
Photo: Source IRCM L’édifice de l’Institut de recherches cliniques de Montréal, avenue des Pins

Ce texte fait partie du cahier spécial Enseignement supérieur 2012

L'Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) existe depuis 1967. Pensé et fondé par le docteur Jacques Genest, inspiré par les instituts Pasteur et Rockefeller, l'IRCM devient alors le premier institut francophone qui vise la recherche clinique.

«La vision du fondateur était de mettre sous un même toit, ensemble, les chercheurs fondamentalistes théoriques et cliniciens, explique l'actuel directeur Tarik Möröy, dans son français parfait mâtiné d'accent allemand. On est un des endroits privilégiés où ça se fait ainsi, dans une structure plus familiale, entre collègues, en se rencontrant par exemple à la cafétéria, en frottant les idées, aussi simplement que ça.»

En 36 laboratoires


L'IRCM divise ses 36 laboratoires de recherche en cinq axes: les maladies cardiovasculaires et métaboliques; le cancer; l'immunité et les infections virales; la neurobiologie et le développement; et finalement, la biologie intégrative des systèmes et la chimie médicinale. «Au début, l'IRCM ciblait seulement les maladies cardiovasculaires, puisque le docteur Genest était cardiologue. Au fil du temps, l'IRCM s'est mué par fascination pour la science: biologie moléculaire, biologie de développement, immunologie. Ça s'est développé par intérêt, selon l'idée qu'il faut étudier les mécanismes des maladies.»

Jacques Genest avait étudié à l'Université de Montréal, avant d'en devenir directeur du département de la Faculté de médecine. «L'affiliation avec l'UdeM était naturelle et elle existe toujours, poursuit monsieur Möröy. La clinique est d'ailleurs sous la tutelle de l'Hôtel-Dieu. Je fais partie du département de microbiologie et d'immunologie. Géographiquement, on est plus près de McGill, avec qui on a une association moins formelle. On y est professeurs associés. Nos étudiants viennent des deux côtés: près de 60 % de l'UdeM, quelque 40 % de McGill, et 1 % d'ailleurs.»

Vocation

Par où passer pour devenir chercheur? «L'enseignement est excellent pour les scientifiques et pour les médecins pratiquants, mais pour un chercheur clinicien, c'est difficile de trouver sa route dans la jungle universitaire. Et disons que c'est très payant d'être médecin. Il faut un individu qui aime la science et qui soit médecin de vocation. Quelqu'un qui veut chercher, sans délaisser ses patients.»

Pour faciliter cette voie, l'IRCM «va offrir bientôt la possibilité aux résidents de médecine de faire un stage dans un laboratoire fondamental pour leurs deux dernières années. On veut inciter les médecins à voir ce qu'est la recherche.»

«Vous avez ici un champ très vaste, qui va de la recherche fondamentale, passant par l'appliquée, jusqu'à la clinique. C'est un lieu qui laisse toute liberté à un chercheur pour se défouler. On recrute des smart people, des créateurs qui ont besoin de leur indépendance, qui ont des idées pas comme tout le monde. Des esprits libres.» Les étudiants sont bienvenus dès le deuxième cycle, et l'IRCM en compte de 110 à 120 par année. «Pendant l'été, on accueille les étudiants en deuxième et troisième année du bac. Ils passent quelques semaines pour voir, pour chercher leur laboratoire, et si une chimie se fait entre un labo et un étudiant, il reste et devient étudiant de maîtrise. Avec le goût de la science, il peut faire le passage directement au doctorat.»

Le cursus, si tout va bien, devrait s'enrichir «d'un programme pour les étudiants diplômés, propre à l'IRCM, de médecine moléculaire et cellulaire, avec l'Université de Montréal. On veut chercher les meilleurs étudiants aux quatre coins du monde, leur offrir une année dense de maîtrise avec nos plateaux technologiques et des stages de laboratoire, les former au top niveau. Après un an, on sélectionnera les meilleurs, sous notre propre régie, pour développer un doctorat. J'espère qu'on pourra commencer en 2013, mais il faut encore trouver le financement.»