À Brébeuf - Le Baccalauréat international a la cote

Marie-Hélène Alarie Collaboration spéciale

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Depuis quelques années, on entend parler des programmes d'enseignement du Baccalauréat international. Au Collège Brébeuf, ce bac est enseigné depuis bientôt trente ans. Petite visite guidée au cœur de ce programme.

Jacques Lemaire est coordonnateur du Baccalauréat international au Collège Brébeuf. D'année en année, il voit arriver les étudiants et les voit repartir avec en mains un diplôme de Baccalauréat international (BI). Il y a trente ans, on était loin de se douter de l'engouement qui s'emparerait de la population étudiante pour ce super diplôme.

«Ici, au Collège Jean-de-Brébeuf, le BI existe depuis 1983; nos premiers diplômés sont sortis en 1985», explique Jacques Lemaire. Ce qui fait du collège le pionnier francophone du BI au Canada. «Au départ, l'idée est venue d'un élève qui siégeait au Conseil des études. Les professeurs ont tout de suite trouvé le défi intéressant, puisqu'il permettait aux étudiants de se mesurer à d'autres du monde entier.»

L'Organisation du Baccalauréat international est l'organisme qui chapeaute les programmes partout dans le monde. L'organisme est présent dans plus de 115 pays et compte plus de 210 000 étudiants. Au départ, le BI est conçu dans le but d'offrir une formation de qualité aux enfants de gens qui se déplacent beaucoup sur la planète. Aujourd'hui très répandu dans la population en général, on retrouve ce programme tant au niveau primaire que secondaire et collégial. Ce qui donne beaucoup de cohésion au programme du BI, c'est que les étudiants doivent réussir un examen synthèse à la fin de leur scolarité. Cet examen est le même, peu importe où on a étudié dans le monde. «À Brébeuf, dès l'an prochain, on donnera le programme au secondaire, ce qui fait du Collège le premier établissement au Québec à offrir les deux niveaux», ajoute M. Lemaire.

Les différents profils

«Historiquement, le premier programme du BI qu'on a offert a été Sciences de la nature; en 1983, il n'y avait que ce programme avec les voies sciences pures et sciences de la santé.» Aujourd'hui, plusieurs choix s'offrent aux étudiants: langues, cinéma, et le profil psychologie qui s'est ajouté au programme depuis la rentrée de 2011.

Pour l'an prochain, on prépare un nouveau BI en commerce et gestion. «On peut élargir l'offre, d'autant plus qu'on a beaucoup d'étudiants qui sont admis au BI», ajoute M. Lemaire. Cet engouement se traduit par 180 admissions pour cette année. La période d'inscription pour l'an prochain débute à peine et on peut prédire admettre autant de jeunes en septembre 2012, sinon peut-être un peu plus encore que cette année. Jacques Lemaire se souvient qu'il y a à peine quelques années, «c'était plutôt 85 ou 90 nouveaux élèves. Ce qui veut dire qu'en 3 ou 4 ans, on a presque doublé le nombre d'étudiants. La capacité d'accueil est d'environ 200 nouvelles admissions.»

En nombre absolu, le BI ajoute de nouveaux étudiants, mais l'enthousiasme est tel que la population autrefois inscrite au DEC se tourne aujourd'hui vers le BI. De plus, le Collège attire une clientèle qui vient vers l'institution spécifiquement pour le BI.

Les avantages

«Certains de nos é-lèves vont étudier à l'extérieur du Québec, mais la plupart vont dans des universités d'ici, donc il s'agit de les former correctement pour entreprendre des études universitaires.» Les avantages d'un tel programme sont majeurs quand il s'agit de poser sa candidature dans une faculté universitaire. Dans le réseau de l'Université du Québec et à l'Université McGill, en reconnaissance du BI, on ajoute 1,5 point à la cote R. Ailleurs, aux universités de Montréal, Laval, Sherbrooke et Concordia, on considérera non seulement la cote R de l'étudiant, mais aussi ses résultats à l'examen du BI.

«Les universités apprécient les exigences académiques du BI, par exemple la rédaction d'un mémoire, exercice qu'on ne retrouve pas au DEC et qui est très solide au plan intellectuel.» En effet, peu importe son profil, l'étudiant doit rédiger un mémoire portant sur un sujet de son choix. Cette exigence permet de familiariser les candidats avec la démarche de la recherche et de la rédaction de niveau universitaire.

Créativité, action et service (CAS)


Créativité, action et service, le CAS est le volet parascolaire du programme du BI. C'est en fait le second pilier de la formation. Ce n'est pas seulement encouragé, mais c'est une condition d'obtention du diplôme. «Ça peut faire en sorte que le passage au collégial n'est pas seulement le passage d'un cours à l'autre, mais un investissement humain», rappelle Jac-ques Lemaire. Il y a des dizaines de projets de services dans la communauté auxquels les étudiants sont appelés à participer. Ils choisissent eux-mêmes les activités qui les intéressent. Quel-ques-uns vont participer à des stages humanitaires à l'extérieur du pays pendant que d'autres feront du bénévolat dans des centres d'aide aux devoirs, dans les milieux vulnérables de Montréal ou dans les hôpitaux.

Quand on parle de créativité, les projets sont multiformes. Les jeunes choisissent alors d'apprendre une langue ou un instrument de musique, mais cet apprentissage doit se faire à l'extérieur de la structure scolaire. Et finalement, en ce qui concerne l'action, encore là, les choix sont nombreux. Ces dernières années, on a vu au Collège Jean-de-Brébeuf la fondation d'une antenne d'Amnistie internationale et la formation d'un groupe écologique.

En nombre d'heures investies, le programme demande un minimum de 150 heures. Mais Jacques Lemaire le cons-tate: «Il n'est pas rare de voir des jeunes aller beaucoup plus loin et faire de 400 à 450 heu-res.» Le tout se concentre dans les trois premières sessions, puisque la quatrième est consacrée à l'étude en vue de l'examen final.

Les anciens

Généralement, les diplômés du BI se retrouvent dans des carrières très intéressantes. Beaucoup d'étudiants vont demeurer dans le domaine universitaire. Plusieurs vont opter pour le cursus en médecine, mais on retrouvera aussi des diplômés du BI dans le monde des affaires et de la finance. Certains s'en iront à l'étranger, comme cet ancien étudiant qui est aujourd'hui à Harvard après des études en physique et en chimie, et qui se prépare à une brillante carrière.

«De manière générale, les étudiants du BI se démarquent à l'expression orale et à l'écrit par une qualité d'argumentation particulièrement solide, précise M. Lemaire. Ce sont des étudiants très curieux intellectuellement et ça se reflète dans leur cheminement universitaire. Beaucoup atteindront la maîtrise et le doctorat.»

Finalement, le programme du BI permet aux étudiants de se mesurer à d'autres jeunes partout dans le monde. Les diplômés reçoivent une reconnaissance particulière lors de leur admission dans une université, qu'elle soit québécoise ou étrangère. Mais au-delà des bienfaits pédagogiques d'un tel programme, le BI forme des citoyens responsables, et ça, c'est déjà tout un programme!

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Collaboratrice du Devoir