Nesbitt pourrait rester ouverte

Sophie, Erika et Nathalie, trois jeunes élèves de l’école Nesbitt, à Montréal, lors de la rentrée scolaire de septembre dernier. Parents et élus attendent avec impatience le sort qui sera réservé à leur école située dans le quartier Rosemont.<br />
Photo: - Le Devoir Sophie, Erika et Nathalie, trois jeunes élèves de l’école Nesbitt, à Montréal, lors de la rentrée scolaire de septembre dernier. Parents et élus attendent avec impatience le sort qui sera réservé à leur école située dans le quartier Rosemont.

En danger de fermeture, certaines écoles de la Commission scolaire English Montreal (CSEM) pourraient connaître un sursis. C'est du moins ce que suggère le rapport du Comité de planification à long terme, qui recommande de garder intactes plus de la moitié des 12 écoles qui étaient menacées de fusion, de déménagement ou de fermeture, dont l'école Nesbitt, située dans le quartier Rosemont. Le vote décisif des commissaires aura toutefois lieu demain soir.

«C'est une bonne nouvelle, mais je prends ça avec un grain de sel», a dit Vicky Rivard, une maman qui s'est beaucoup engagée pour la survie de l'école Nesbitt. «Ça montre que les membres du comité ont été à l'écoute, mais est-ce que ça veut dire que les commissaires vont prendre ça en considération? Ce n'est pas sûr. Surtout qu'on s'est fait dire qu'ils pouvaient faire ce qu'ils voulaient.»

En mars dernier, les commissaires de la CSEM avaient étudié le cas de 22 écoles et dressé la liste des établissements qui allaient faire l'objet d'une consultation publique pour connaître leur sort: la relocalisation, la fusion ou carrément la fermeture. Au final, les scénarios concernant 12 écoles ont été mis à l'étude. Le personnel et les parents de plusieurs de ces écoles se sont alors lancés dans des campagnes pour la survie de leur école respective. En décembre dernier, le comité les a entendus lors d'auditions publiques et il a rendu hier ses recommandations. Contrairement aux écoles francophones, les écoles anglophones, dont celles de la CSEM, perdent des élèves par milliers.

Quatre écoles sur douze font toutefois encore l'objet d'une fusion, d'une relocalisation ou d'une fermeture. Par exemple, le comité recommande la fermeture de l'académie Fraser et le transfert de ses élèves à l'académie John-Caboto. L'école St. Brendan devrait fermer et rediriger ses élèves à l'école Nesbitt, qui demeurerait ouverte. Idem pour l'école Royal Vale, dont on ne recommande plus de relocaliser les élèves dans l'ancien bâtiment de l'école Wagar, à Côte-Saint-Luc (renommé Centre Giovanni-Palatucci).

Si les commissaires décident d'aller à l'encontre des recommandations du comité et de fermer Nesbitt quand même, Vicky Rivard enverra-t-elle ses enfants à l'école francophone ou luttera-t-elle pour la survie d'écoles anglophones? Tout dépend du vo-te, mais elle assure qu'elle ne baissera pas les bras. «On a d'autres possibilités, comme un recours juridique», a-t-elle souligné.

Chose certaine, elle continuera à se mobiliser. «Ç'a commencé par une lutte pour la survie d'une école, mais, en cours de route, c'est devenu une lutte pour responsabiliser les commissions scolaires, pour ne pas qu'elles fassent n'importe quoi. Personnellement, je vais continuer de m'engager, c'est important.»