École Hochelaga - Les moisissures forcent le retrait immédiat des enfants

La CSDM dressera le portrait sanitaire de ses quelque 200 établissements montréalais.<br />
Photo: Agence Reuters Christinne Muschi La CSDM dressera le portrait sanitaire de ses quelque 200 établissements montréalais.

À une semaine du congé des Fêtes, les élèves de l'école primaire Hochelaga devront être déménagés pour permettre le grand nettoyage de leur école, aux prises avec des moisissures, a annoncé hier la Commission scolaire de Montréal (CSDM). Les problèmes de qualité de l'air ayant déjà entraîné le retrait de cinq professeurs et de cinq élèves, la CSDM souhaite ainsi rassurer les parents et les membres du personnel, qui ont réitéré leur inquiétude lors d'une rencontre tenue plus tôt cette semaine.

Les 400 élèves de l'école Hochelaga auront donc à faire la «classe autrement» dans deux centres communautaires du quartier, l'Association sportive et communautaire du Centre-Sud et le Centre Jean-Claude-Malépart, à partir du 19 décembre, et ce, jusqu'au 23 janvier. L'école ainsi libérée, la CSDM, la Direction de la santé publique (DSP) et une firme privée pourront procéder, au cours des cinq prochaines semaines, à un nettoyage en profondeur afin d'améliorer la qualité de l'air avant la rentrée à l'hiver.

Un nouveau système de ventilation, en cours d'installation, sera testé au début de janvier pour «bien s'assurer qu'[il] fonctionne de façon optimale», a indiqué le Dr Louis Drouin, responsable du secteur Environnement urbain et santé de la DSP. Cette mesure s'ajoute au nettoyage effectué par la firme Laboratoires Ville-Marie, qui a comme mandat d'éliminer les sources actives de moisissure, notamment autour des lavabos et sous les planchers. «On va s'assurer que la qualité de l'air soit revenue à la normale avant l'entrée des enfants», a assuré M. Drouin.

À l'Alliance des professeurs de Montréal, on voit cette réorganisation scolaire temporaire d'un bon oeil, mais les résultats des analyses de l'air sont suivis de très près. «C'est certain que je leur [la CSDM] pose tout de suite la question: "Avez-vous un plan B si l'échéancier doit se prolonger?" On ne fera pas l'école autrement pendant des semaines, indéfiniment», a indiqué Josée Tétreault, responsable du comité Santé et sécurité de l'Alliance des professeurs de Montréal.

Plan d'action


Devant l'inquiétude générale, la CSDM a aussi annoncé hier la mise sur pied d'un Programme d'action sur la qualité de l'air intérieur, qui dressera un portrait sanitaire des quelque 200 établissements de la CSDM répartis sur l'île — lesquels sont âgés en moyenne de 60 ans. Serait-ce un signal d'alarme? «Tout ce qu'on nous a signalé [...], c'est qu'on est rendus avec trois écoles, Baril, Hochelaga et Saint-Nom-de-Jésus, a indiqué le Dr Drouin. Ce qu'on a recommandé à la CSDM, c'est d'établir un état de la situation [dans] l'ensemble des écoles, pour s'assurer que tout est sous contrôle.»

Encore embryonnaire, le programme d'action doit être élaboré au cours des 12 prochaines semaines et prévoit «identifier les zones à risques et déterminer l'ordre d'intervention dans les écoles».

La Direction de la santé publique et la CSDM doivent s'asseoir pour discuter des paramètres de l'évaluation, à la suite de quoi des experts seront déployés sur le terrain. Le ministère de l'Éducation (MELS) a pour sa part indiqué hier que, si des rénovations s'avéraient nécessaires, la CSDM devrait aller piger dans les fonds qu'il lui octroie déjà pour l'amélioration et la transformation des bâtiments (AMT).
 
5 commentaires
  • Chris G. Eustace - Abonné 16 décembre 2011 06 h 19

    La CSDM analysera la qualité de l'air dans toutes ses écoles -

    16 décembre 2011

    Bon pour la CSDM pour se déplacer si vite sur ce problème de santé très important.

    Je suis impressionné par l'esprit de coopération entre toutes les parties.

    Je me souviens des combats et des enseignants des parents a eu avec la commission scolaire LBPSB pour arranger les choses. En fait, le combat était avec le président - tous les autres commissaires ne dit rien.

    Il a été plus de 10 ans que de sérieux problèmes concernant les trois écoles secondaires de la CSLBP ont été traitées. (S'il vous plaît voir le lien ci-dessous)

    J'ai des petits enfants qui fréquentent les écoles de la CS English Montreal et Lester B. Pearson.

    Je pense que la CSLBP et CSEM devrait suivre l'exemple CSDM et inspecter toutes les écoles.... and especially the bathrooms - les salle de bains..


    http://www.ledevoir.com/societe/education/338273/c

    Chris Eustace

  • Michele - Inscrite 16 décembre 2011 07 h 53

    Pourquoi pas un dépistage systématique?

    Comment se fait-il qu'il faille attendre que les enseignants et les élèves soient malades pour agir? Il me semble que le gros bon sang serait d'inspecter régulièrement les bâtiments.

  • Albert Descôteaux - Inscrit 16 décembre 2011 09 h 37

    Les priorités au bons endroits

    J'ai fait ici plusieurs interventions sur l'état des écoles de la CSDM. Les divers problèmes auxquels font face les écoles publiques ne devraient même pas exister si les sommes adéquates étaient investies.

    Le plus frustrant dans ce dossier est de voir les écoles privées s'offrir des installations modernes et propres, des bibliothèques bien garnies, aux frais des contribuables. L'état québécois devrait s'assurer que toutes les écoles publiques soient en bon état et équipée adéquatement avant de verser un seul dollar de subvention aux écoles privées.

  • Hugues Tremblay Manigouche - Inscrit 16 décembre 2011 11 h 06

    Les Smockissions Scolaires

    Tiens! Les commissions scolaires bouge - ah! oui! les médias, et des enfants qui peinent à respirer. Quel laisser-aller!
    Ça ma frustre, parce que je suis travailleur autonome, et qu'au Québec il y a des dizaines de milliers de personnes qui ont des bons emplois, avec des bonnes conditions, et qui ne foutent rien, qui n'ont aucune initiative. Quand un problème de moisissure devient si avancé, c'est qu'il traîne depuis longtemps.

  • AGL - Inscrit 16 décembre 2011 17 h 07

    Heureusement

    Heureusement que les jeunes usagers et les parents de l'école dont il est question n'aient pas eu à se présenter à la Régie du logement, sinon, les jeunes étudiants seraient encore dedans.

    La qualité de l'air dans les logements, tout comme celle des écoles, est trop peu prise en considération et beaucoup de petits souffrent d'asthme, entre autres. Mais la Régie du logement n'a que faire de cette situation fondamentale et ne traite pas le problème sérieusement quand aux plaintes à cet égard qui lui sont soumises. C'est tout l'environnement des plus jeunes (en fait, de tous) qui doit être visé dans cette ville qui ne s'intéresse pas d'avantage au problème, que ce soit Projet Montréal ou autres.