Sondage - La hausse des droits de scolarité est nécessaire et inévitable

Le 10 novembre dernier, une manifestaiton monstre était organisée à Montréal pour protester contre la hausse des droits de scolarité. Un sondage Senergis–Le Devoir montre toutefois qu’une majorité de Québécois approuve cette hausse.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le 10 novembre dernier, une manifestaiton monstre était organisée à Montréal pour protester contre la hausse des droits de scolarité. Un sondage Senergis–Le Devoir montre toutefois qu’une majorité de Québécois approuve cette hausse.

N'en déplaise aux étudiants, la hausse des droits de scolarité semble être approuvée par la majorité de la population. Un sondage Senergis-Le Devoir, mené dans les trois jours qui ont suivi la grande manifestation du 10 novembre, révèle que 60 % des répondants appuient l'idée d'augmenter la facture des universitaires, alors que 36 % sont contre.

Toutefois, s'ils croient la hausse nécessaire et inévitable, les Québécois interrogés ne sont pas tous d'accord avec les montants et la façon dont cette hausse doit se faire. «Les gens semblent constater qu'ils doivent faire face à la réalité économique, mais ils ont une sensibilité à l'égard des jeunes et des étudiants et certains croient qu'il faut y aller plus progressivement», a analysé Daniel Lemieux, expert associé chez Senergis.

En effet, une faible majorité (52 %) de Québécois se disent «tout à fait» ou «plutôt» d'accord avec le scénario de hausse proposé par le gouvernement, soit 325 $ par an pendant cinq ans, tandis que 44 % la désapprouve. Et de tous les répondants, 35 % souhaitent une hausse, mais voudraient qu'elle soit plus graduelle.

N'empêche, 27 % des répondants croient que les droits auraient dû être augmentés il y a longtemps et 11 % croient qu'il est maintenant temps de le faire. «Les gens semblent prêts à une hausse des droits maintenant», a indiqué Daniel Lemieux. Ne fermant pas la porte à la hausse, 2 % des répondants souhaiteraient toutefois la reporter et 19 % sont catégoriquement contre.

Fait intéressant: les citoyens les plus favorables à la hausse sont les personnes issues des ménages de 100 000 $ et plus (81 %), les retraités (80 %), les personnes âgées de 55 ans et plus (78 %), les hommes (69 %) et les personnes d'éducation universitaire (64 %). Ceux qui s'y opposent le plus sont les jeunes (18 à 34 ans), les étudiants à temps plein et les personnes dont la langue maternelle est autre que le français ou l'anglais.

L'impact de la hausse

Par ailleurs, Daniel Lemieux fait remarquer que les avis sont partagés sur les conséquences de la hausse des droits de scolarité. «Même s'ils approuvent l'augmentation, les Québécois reconnaissent qu'elle aura un effet sur l'accessibilité», a-t-il noté.

En effet, 46 % des répondants croient qu'avec le temps, les augmentations prévues nuiront à l'accessibilité aux études supérieures. En revanche, 47 % estiment que ne pas procéder à de telles augmentations aurait un impact négatif sur la qualité de l'enseignement. Et 12 % se disent d'accord avec les deux conséquences: hausser les droits en découragera plusieurs d'aller à l'université, mais ne pas le faire pourrait diminuer la qualité de l'enseignement.

Le sondage a été effectué en français et en anglais auprès de 1000 répondants de 18 ans et plus. La marge d'erreur maximale pour un échantillon de cet ordre est de 3,1 %, 19 fois sur 20.
4 commentaires
  • Sébastien Roy - Abonné 25 novembre 2011 11 h 29

    Et les ponts?

    Et si Synergis-LeDevoir sondait tous les Montréalais qui ne possèdent pas de voiture pour savoir si on devrait imposer des payages sur tous les ponts? Le résultat serait-il différent si on sondait ceux qui traversent les ponts tous les jours? Probablement...

    Ce que ce sondage démontre, c'est que les québécois ne considèrent plus l'éducation comme une richesse nationale, dans laquelle nous devons tous investir et dont nous bénéficions tous en retour. Non, l'éducation est maintenant considérée comme un simple "investissement personnel" qui va rapporter à l'étudiant et seulement à l'étudiant. L'idée même d'une "société du savoir" n'implique-t-elle pas que la société en entier prenne en charge l'éducation?

    En attendant que l'éducation redevienne une priorité nationale, les étudiants pourront toujours prendre une pelle et aller creuser dans le Nord. Sans diplôme, c'est tout ce qu'il leur restera à faire.

  • Louis16 - Inscrit 25 novembre 2011 15 h 27

    Le plus important

    Bonjour,

    Je suis d'accord avec S.R.

  • Édith Simard - Inscrite 6 décembre 2011 11 h 40

    Qui a été sondé ? Des parents, des étudiants, des gens en éducation ?

    Je suis d'accord avec S.R. Sans diplôme, c'est tout ce qui leur restera à faire... Et ce sera sûrement plus payant, plus rapidement. Donc double gagnant de rester ignorant... Et le Québec, qui le gouvernera ? Des pelleteux de nuages et d'argent.

  • Aristide - Abonné 7 décembre 2011 16 h 12

    La FEUQ doit affiner son argumentaire

    Le principal enjeu pour la FEUQ me paraît le maintien de l'accessibilité aux études universitaires. La hausse des frais de scolarité n'affectera qu'une partie des étudiants, soit ceux qui auraient une dette de 15 000$ et plus à la fin de leurs études, soit environ 25% des étudiants. En effet, environ la moitié des étudiants terminent leurs études sans dettes et selon les statistiques de l'Aide Financière aux Études, parmi ceux qui ont une dette, la moitié doivent mions de 15000$.

    Il est douteux que les trois quarts des étudiants non concernés sérieusement par la hausse des droits de scolarité acceptent d'entamer une grève illimitée en janvier. La FEUQ doit donc affiner son argumentaire autour d’un engagement ferme des universités sur régime de prêts et bourses généreux, patient et bien défini. En attaquant les dérives et les abus dans la gestion des universités, elle dipose d’une arme beaucoup plus efficace et redoutable qu’une grève illimitée.

    Claude Duguay, professeur honoraire HEC