Français obligatoire dans la cour d’école: Christine St-Pierre appuie l’idée

Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir

La ministre responsable de la Charte de la langue française, Christine St-Pierre, voit d’un bon oeil la possibilité que la Commission scolaire de Montréal oblige ses élèves à ne parler que français partout sur le terrain de ses écoles, y compris en dehors de la classe.

La CSDM croit qu’il s’agirait d’une façon d’améliorer la réussite du français à l’école. Cette option reçoit l’approbation des parents sondés à cet effet par la commission scolaire.

Si la CSDM allait de l’avant, les conversations en anglais, en arabe ou en espagnol seraient ainsi bannies des cours d’école et des cafétérias.

La ministre St-Pierre appuie le projet de la commission scolaire montréalaise, plaidant que les élèves recevraient ainsi un message clair quant à l’importance du français.

Un sondage mené pour la CSDM auprès de 811 répondants suggère que 70 pour cent d’entre eux se disent en accord avec le fait d’imposer aux élèves l’obligation de parler français dans tous les espaces scolaires.

La présidente de la CSDM, Diane De Courcy, a souligné que pour bien d’entre eux, le français est la troisième langue, après leur langue maternelle et l’anglais.

À Québec, la ministre St-Pierre a appuyé cette idée, ce matin. «Je pense que les enfants qui fréquentent l’école en français doivent évidemment parler en français entre eux», a-t-elle affirmé juste avant la période des questions.

«Dire que dans la cour d’école, ça doit se faire en français, je crois que c’est un message qui est clair et c’est un message qui leur dit: ’Écoutez, vous l’apprenez le français’.»

La réalité de la CSDM, qui accueille des élèves d’une multitude d’origines ethniques différentes, nécessite des mesures telles que l’imposition du français dans tous les espaces scolaires, selon la ministre.

«À Montréal, il y a 76 000 élèves qui sont issus des communautés culturelles. Alors, le message qui est important à envoyer c’est qu’au primaire et au secondaire, ça se passe en français», a ajouté Christine St-Pierre.

Le «Plan réussir», lancé en septembre 2009, vise à diminuer de 20 pour cent le taux de décrochage des élèves à Montréal. Améliorer la réussite du français et le soutien aux élèves qui ont des besoins particuliers constituent les deux priorités qui ont été ciblées pour y parvenir.
6 commentaires
  • Yann Tissier - Inscrit 23 novembre 2011 19 h 41

    D'accord avec le principe...


    le problème c'est que j'ai juste peur que ça ne fonctionne pas. Comment les enseignants et surveillants de récréation, qui ont souvent de la misère à garder le calme dans les classes, vont-ils réussir à contrôler la langue de chaque conversation dans la cour d'école? On peut bien essayer mais j'ai juste peur que ça soit une promesse vide pour plaire à l'électorat francophone.

    Il faut de toute évidence des mesures plus sérieuses pour faire respecter le français au Québec:
    - amendes systématiques et sévères aux commerçants fautifs et pas seulement incitations timides par l'OQLF;
    - sélection d'une large majorité d'immigrants parlant déjà français;
    - cours de français obligatoires aux autres immigrants non francophones avec examens obligatoires

    Sans cela on fonce tout droit dans un mur d'assimilation au Québec, et bye bye langue française dans 50 ans. On dit que 50% des immigrants au Québec choisissent l'anglais au lieu du français? Tout bonnement inacceptable.

    Il faut commencer par se débarasser des libéraux pour mener notre tache à terme. Il faut également éveiller la conscience collective devant la menace de la perte de notre identité linguistique et arrêter de répondre bêtement en anglais aux commerçants qui nous abordent en anglais, et incapables de parler français.

  • Claude Kamps - Inscrit 23 novembre 2011 22 h 00

    La ministre est en accord avec tout ce qui n'est pas contreignant

    de peur de perdre des votes etho-anglo-PLQ, rien ne sera obligatoire, même pas l,affichage en français dans son propre comté...

  • ncomtois - Inscrit 23 novembre 2011 22 h 03

    NON, pour le bien du français.

    Je suis professeur de français langue seconde. Pour que les jeunes apprennent le français, il faut établir avec eux une relation de confiance. Le français ne doit pas être une langue forcée, mais plutôt une langue aimable. Et respectable. Ce qui manque au français au Québec, c'est l'assurance et la conviction, chez les Québécois eux-mêmes, qu'il peut et doit vivre. C'est cela qui s'impose.

  • ElaineJ - Inscrite 23 novembre 2011 22 h 34

    Trop, c'est comme pas assez ...

    Par principe, la récréation est un espace de liberté ou l'enfant s'épanouit dans le jeux, la communication ou le repos. Vouloir à tout prix envahir ce petit ilot de liberté avec d'autres règles contraignantes relèvent d'un souci excessif de contrôle dont l'assise semble plus idéologique que rationnelle. Non, laissez de grâce la récréation aux enfants...

  • Emile Essent - Inscrit 23 novembre 2011 22 h 35

    Quelle horreur !

    Quoi, des cours d'école avec une police de la langue ? Quelles seront les "sanctions" pour les petits latinos qui vont causer de la escuela ? C'est vraiment du grand n'importe quoi...