À l'Université Laval - Le Collège des administrateurs de société s'inscrit à l'enseigne de l'éthique et de la bonne gouvernance

Thierry Haroun Collaboration spéciale
Bruno Déry, président et chef de la direction du CAS
Photo: Source CAS Bruno Déry, président et chef de la direction du CAS

Ce texte fait partie du cahier spécial Education - Formation

Le Collège des administrateurs de société (CAS) offre aux administrateurs de société une formation unique, de haute tenue et axée sur les meilleures pratiques de gouvernance. Survol de cet établissement scolaire en compagnie de son grand patron, Bruno Déry.

En 2005, l'Université Laval, le ministère du Conseil exécutif, l'Autorité des marchés financiers et la Caisse de dépôt et placement du Québec mettent sur pied le Collège des administrateurs de société (CAS). Pourquoi? «Vous savez, il y a différentes raisons qui ont motivé cette décision, note Bruno Déry, président et chef de la direction du CAS. Il faut se rappeler que, au tournant des années 2000, il y a eu plusieurs scandales financiers; pensons à ceux qui ont touché Enron et World Com, on parlait alors de délits d'initiés et de malversations. Dans ce contexte, plusieurs grandes sociétés québécoises ainsi que le gouvernement du Québec ont commencé à réfléchir à l'importance des rôles et des responsabilités [d'un conseil d'administration].»

À cette réflexion s'est ajoutée, poursuit M. Déry, une autre donne qui, avec le temps, a mené à la création du CAS. «Il y a une dizaine d'années, les conseils d'administration étaient souvent composés d'avocats et de comptables, ce qui est bien d'ailleurs. Mais avec le temps, et on le voit davantage aujourd'hui, la fonction d'administrateur s'est beaucoup complexifiée. Cela a conduit à avoir des gens au sein d'un conseil d'administration qui doivent aussi se préoccuper de techniques de l'information, de ressources humaines, de gestion des risques, d'éthique et ainsi de suite. Donc, c'est tout cela qui a mené en quelque sorte à mettre sur pied notre collège, qui se porte d'ailleurs très bien.»

Mise sur pied


Ainsi, depuis sa création en mars 2005, le CAS a admis plus de 800 administrateurs dans ses différentes formations et plus de 125 intervenants-formateurs sont actifs et agissent à titre d'experts au collège dans le cadre des différentes formations offertes. La formation phare du collège est la Certification en gouvernance de société, qui mène à la désignation ASC (administrateur de société certifié), laquelle est attestée par l'Université Laval.

Cette formation comprend cinq modules d'une durée de trois jours chacun et son cheminement peut varier entre douze et dix-huit mois. Certains l'ont déjà faite en six mois, précise Bruno Déry. Les modules sont les suivants: les rôles et les responsabilités des administrateurs, la stratégie et la gestion des risques, les aspects financiers, le contrôle et l'audit, le leadership, les communications et les ressources humaines et, enfin, la simulation d'un conseil d'administration et de ses comités.

Des formations intensives


Les formations ont lieu les jeudis, vendredis et samedis dans les locaux du collège, situés à Montréal et à Québec. «C'est une formation continue de niveau universitaire, rappelle Bruno Déry. C'est une formule qui est par ailleurs intensive et que l'on pourrait qualifier de formation en "résidence". En cela que ça inclut les déjeuners, les dîners et les soupers. Je peux vous assurer que les étudiants chez nous sont concentrés sur le contenu, la formation et les échanges avec les autres. Et au sortir de la formation, les réactions sont très positives. Ils nous disent qu'à la suite de leur formation, ils se sentent davantage en confiance, qu'ils posent plus de questions et osent remettre en question certaines pratiques, ce qui est très bien au fond. La formation qu'ils ont reçue chez nous leur permet d'optimiser leur façon de travailler et, au final, tout le monde y gagne!»

Des chiffres

À ce jour, 427 personnes ont bénéficié de la certification ASC. La moyenne d'âge des ASC est de 55 ans pour les femmes et 57 ans pour les hommes. De plus, 62 % des ASC sont des hommes et 38 % sont des femmes. On soulignera également que près de 900 organisations bénéficient de l'expertise d'un ASC pour leur conseil d'administration (39 % sont des organismes à but non lucratif ou des organismes associatifs, 26 % sont des sociétés privées ou cotées en Bourse, 21 % sont des sociétés d'État ou organismes gouvernementaux, 11 % sont des sociétés parapubliques et 3 % sont des comités de retraite ou d'examen indépendant). Et en février prochain, la certification universitaire sera dispensée à la 28e cohorte.

À cette certification s'ajoutent quatre autres formations ponctuelles de deux jours qui sont offertes en cours d'année par le CAS, soit Gouvernance des PME (une nouveauté cette année), Gouvernance des services financiers, Gouvernance municipale et Régime de retraite. Toutes les formations sont reconnues par le Barreau du Québec et plusieurs ordres professionnels, tels l'Ordre des administrateurs agréés du Québec, l'Ordre des comptables agréés du Québec, l'Ordre des comptables généraux accrédités du Québec, l'Ordre des comptables en management accrédités du Québec et l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés du Québec.

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Collaborateur du Devoir

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