Grève à l'Université McGill - L'année des étudiants en médecine compromise?

L'année des étudiants en médecine de McGill pourrait être compromise si le conflit entre l'administration et le syndicat des employés de soutien n'est pas réglé d'ici aujourd'hui (15 novembre), a fait savoir Sarkis Meterissian, vice-doyen des études supérieures de médecine, au doyen par intérim de la faculté de médecine, Samuel Benaroya.

«Les conséquences pourraient être catastrophiques sur les hôpitaux universitaires de McGill et auraient une incidence à la fois sur le ministère de la Santé et le ministère de l'Éducation», écrit M. Meterissian, au nom des directeurs des quelque 200 programmes du Collège royal du Canada, du Collège des médecins de famille du Canada et des fellowships.

Dans cette lettre datée du 17 octobre obtenue par Le Devoir, on déplore l'absence des syndiqués de MUNACA (l'Association accréditée du personnel non enseignant de l'Université McGill) et l'impact que celle-ci a sur l'accomplissement de certaines tâches administratives essentielles au bon déroulement de l'année universitaire des étudiants. Pire, si la faculté ne retrouve pas immédiatement son personnel de soutien, il sera impossible de respecter les délais du Service canadien de jumelage des résidents (CaRMS), qui commence le 1er décembre. «Nous demandons que l'Université mette fin à la grève le 15 novembre au plus tard afin de ne pas compromettre le processus du CaRMS ou les études de nos stagiaires.»

Pour toute réponse, le doyen Samuel Benaroya s'est contenté de reconnaître que «la grève pose certains défis». «Certaines priorités de la Faculté de médecine ont été identifiées à la mi-octobre. Depuis, nous avons mis en place un processus dans le but de déployer des ressources à ces secteurs afin d'atténuer les perturbations», a-t-il fait savoir.

Ce cri du coeur de certains membres de la faculté de médecine survient alors que les négociations sont au point mort. Vendredi, voyant que la partie patronale et les syndiqués étaient à des lieues de s'entendre, notamment sur la question salariale, la conciliatrice a décidé de suspendre les discussions.

Les employés de soutien sont en grève depuis le 1er septembre. Jeudi dernier, des étudiants ayant participé à la grande manifestation contre la hausse des droits de scolarité ont terminé leur course sur le campus de l'Université McGill. Les étudiants déplorent la manière brutale dont aurait été réprimée leur altercation avec la police. Ils ont tenu hier une manifestation pacifique devant les bureaux de l'administration afin de dénoncer ces actes.
4 commentaires
  • helene poisson - Inscrite 15 novembre 2011 01 h 26

    La santé des Québécois n'est pas en péril

    Peu d'étudiants en médecine de McGill restent au Québec après leur graduation.

    Pas facile pour les facultés de ces ''pôvres'' doc de McGill de jeter quelques miettes à leurs employés syndiqués.

    McGill offre de faibles frais de scolarité en médecine et une forte renommée mondiale.

    Mais ces syndiqués qui se tiennent debout pourraient donner le mauvais exemple à leurs congénères ... Mauvais karma.

    ''Tell us again about freedom and democracy'' ( SPEAK WHITE de Michèle Lalonde)

  • André Michaud - Inscrit 15 novembre 2011 10 h 18

    anti-sociaux

    il manque des médecins plus que jamais avec le viellissement de la population..comment peut-on être aussi égoiste et anti-sociaux?

    Quel est le salaire moyen de ces gens en grève?

  • Lise Moga - Inscrite 15 novembre 2011 13 h 44

    Si c'est ce qu'ils choisissent!

    Je n'ai pas de médecin de famille depuis 1998 et je crois que c'est la raison de ma bonne santé.

  • conscience critique - Inscrit 16 novembre 2011 16 h 06

    Des neutralités journalistiques

    L'article est un clair exemple de comment le Devoir laisse souvent de côté un positionnement critique au profit de la pseudo-neutralité journalistique. Un article écrit par une journaliste spécialisée en éducation sur une question aussi complexe que la grève du personnel administratif de l'université Mc Gill devrait donner au lecteur une idée claire de la lutte qui a lieu actuellement. Le Devoir peut promouvoir un esprit critique sur d'autres questions, mais en matière des grèves contre le statu quo universitaire ce média se range souvent du côté de l'élite intellectuelle. Le personnel en grève a subi toute sorte de menaces, de l'intimidation, etc. C'est la direction qui a fait souvent preuve de manque de volonté pour finir ce conflit. En jouant le jeu de l'administration vous donnez au lecteur l'impression que les "pauvres étudiants" sont des victimes (chose que l'administration a toujours voulu inciter). C'est dommage que le Devoir manque de sensibilité sur cette question et que ses journalistes utilisent une telle lettre pour véhiculer un message confus qui est tout à fait une prise de position. Votre neutralité ne l'est pas et vous orientez un peu trop le débat.