Droits de scolarité - Les étudiants et le gouvernement s'affrontent en ligne

La bataille du Web entre le ministère de l'Éducation et les fédérations étudiantes collégiales et universitaires est féroce. Ce week-end, des étudiants opposés à la hausse des droits de scolarité ont en moins de deux clics «pris en otage» le nom de domaine linebeauchamp.com et ont mis en ligne le site droitsdescolarite.ca pour faire entendre leur voix.

Le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) avait ouvert un nouveau front la semaine dernière dans la bataille de la hausse des droits de scolarité en dévoilant le site www.droitsdescolarite.com et en commanditant des liens surplombants des pages triées sur le volet vers ce dernier. Il suffisait de saisir les acronymes des fédérations étudiantes collégiales et universitaires — FECQ (Fédération étudiante collégiale du Québec), FEUQ (Fédération étudiante universitaire du Québec) et ASSE (Association pour une solidarité syndicale étudiante) — ou les expressions «manifestation étudiante» et «grève étudiante» dans le moteur de recherche de Google pour voir apparaître un lien commandité vers le site www.droitsdescolarite.com, où le MELS défend son projet d'augmenter les droits de scolarité.

Mais, hier, les bandeaux publicitaires avaient disparu, ce qui laisse croire que les internautes ont réussi le tour de force d'«épuiser le budget du ministère pour cette campagne» en cliquant à répétition sur le résultat publicitaire du site Web www.droitsdescolarite.com. «Chaque clic coûte entre 0,15 $ et 1,20 $ au gouvernement du Québec», indiquaient-ils.

Le MELS a déboursé 50 000 $ afin que l'agence de communication Cossette crée le site www.droitsdescolarite.com et en fasse la promotion. «Le gouvernement s'approprie nos noms d'organisations? Des étudiants et étudiantes ont donc bénévolement détourné leur site de campagne vers droitsdescolarite.ca pour mettre en avant notre argumentaire», a souligné hier le porte-parole de l'ASSE, Gabriel Nadeau-Dubois.

«Échange d'otages»

Pour leur part, les personnes se cachant derrière le site linebeauchamp.com proposent à la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, rien de moins qu'«un échange d'otages»: «le nom de domaine [détenu depuis vendredi dernier] sera libéré si les informations partielles et biaisées contenues sur le site www.droitsdescolarite.com sont modifiées pour exprimer, en plus des avantages d'une hausse, le revers de la médaille».

En créant www.droitsdescolarite.com, le MELS disait mettre en oeuvre une recommandation du Comité consultatif sur l'accessibilité financière aux études, c'est-à-dire donner plus d'informations sur son intention de hausser de 1625 $ la facture des étudiants.

Le site Internet avait été mis en ligne vendredi, soit au lendemain d'une manifestation d'au moins 12 000 étudiants dénonçant dans les rues de Montréal la hausse des droits de scolarité annoncée dans l'ultime budget du ministre des Finances, Raymond Bachand.
7 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 14 novembre 2011 09 h 07

    Au moins, les étudiants se battent evec les moyens du bord

    Excellent, je n'ai rien contre. Mais cela ne change pas mon idée. pas que Liner Beauchamp m'impressionne, pas que j'aime Jean Charest (yarc), je trouve que c'est trop peu payé pour les étudiants dans le monde québécois. Et L'argent économisé par la course aux fraudeurs des banques devrait soulager les finances publiques dans son enier.

    "Ce n'est pas une dépense mais on doit calculer la scolarisation comme un investissement? Expliquez moi alors pourquoi on est les plus endetté au Canada? parce que ça fait longtemps que l'université est presque gratuite comparé aux autres provinces et on s'endette de plus en plus au lieu de sortir du trou.

  • André Michaud - Inscrit 14 novembre 2011 09 h 53

    faire dépenser ???

    Dans leur site ces étudiants incitent à visiter le site du MELS , pas pour comparer les arguments, mais pour faire dépenser inutilement du fric au MELS..!!!!!!!!!!!!

    Voila une preuve évidente que ces jeunes ce foutent des travailleurs contribuables..et veulent leur vider encore plus les poches. Que ces derniers payent 85 % de LEURS études c'est pas encore assez leur vider les poches. Quel égocentrisme et esprit anti-social... Heureusement c'est une poignée d'égoistes qui ne représentent pas nos jeunes, car ce serait catastrophique!

  • David T.Brongo - Inscrit 14 novembre 2011 11 h 43

    Quelques mises au point.

    @ Carole Dionne: Il y a des dizaines de facteurs qui peuvent expliquer que nous soyons les plus endettés au Canada, comparaison dont j'aimerais bien avoir les détails justement. Laisser entendre que ce n'est qu'à cause de la «quasi-gratuité» scolaire, c'est extrêmement fallacieux. À ce compte-là, pourriez-vous m'expliquer pourquoi les États-Unis sont si endettés, alors qu'ils paient la totalité de leurs frais de scolarité?

    @ André Michaud: Le but n'est pas de faire dépenser du fric au MELS comme vous tentez de l'insinuer. Cet argent (50 000$) a déjà été dépensé par le gouvernement et la publicité ne peut apparaître qu'un certain nombre de fois dans une journée pour justement éviter de dépasser le-dit budget. L'objectif de la «campagne du clic» des étudiants est d'atteindre ce quota de clic le plus rapidement possible à chaque jour, pour que lorsque le «public» cherchera de l'information sur, par exemple «manifestation étudiante», il ne tombera pas sur le site MELS.

  • Pierre Dagenais - Abonné 14 novembre 2011 12 h 39

    le modèle scandinave

    La suède a de très bonne universités, bien financées et pourtant, les étudiants ne payes pas une cent, pourquoi ça ne fonctionnerait pas ici?

  • Carole Dionne - Inscrite 14 novembre 2011 13 h 26

    @ David T.Brongo

    Je ne dis pas que c'est à cause de la presque gratuité scolaire que le Québec est endetté mais bien pour faire comprendre qu'il n'est nécessairement vrai également qu'en ayant plus de diplômées que les salaires vont être plus élevés et qui dit salaire élevé dit impôts accrus.

    Parce que au cas où vous ne suiveriez pas les blogues, combien de fois entendons nous: " Ce n'est pas un dépense, c'est un investissement". Je suis tanné de l'entendre, celle-là. Les garderies sont aussi un investissements, Les routes, les ponts, les soins de santés. etc...

    Pis la Scandinavie, c'est à côté de l'ancienne URSS. Nous on est entourés d'état capitalistes à outrance. Pensez-y juste un petit peu. Les immigrants qui n'ont pas de métier ou peu d'argent veulent absolument venir en premier lieu au Québec: parce que le Québec en donne plus. Et quand ils se sentent à l'aise, ils émigrent vers une autre province.

    Gratuité au Québec? Beaucoup d'ontarien ou du Nouveau-brunswick vont se trouver une adresse au Québec ou un petit peu de travail pour justement pouvoir étudier gratuitement.