Université du Québec à Trois-Rivières - Le doctorat de premier cycle en chiropratique est unique en Amérique du Nord

Émilie Corriveau Collaboration spéciale
L’Université du Québec à Trois-Rivières<br />
Photo: Source UQTR L’Université du Québec à Trois-Rivières

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Unique en son genre, le doctorat de premier cycle en chiropratique de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) est le seul programme universitaire francophone en Amérique du Nord à donner accès à l'exercice de la chiropratique.

Créé en 1993, le doctorat en chiropratique de l'UQTR a pour objectif principal de former des chiropraticiens capables de poser des diagnostics et de fournir des soins chiropratiques appropriés. D'une durée de cinq ans, il s'échelonne sur 11 trimestres. Il comprend 2382 heures de formation théorique et 2587 heures de formation pratique et représente 245 crédits universitaires.

«Il s'agit d'un doctorat très exigeant, confie Justin Marcotte, directeur du programme de doctorat en chiropratique de l'UQTR. Deux cent quarante-cinq crédits, c'est beaucoup! À titre de comparaison, le doctorat en médecine comprend 200 crédits. À ma connaissance, il n'y a pas d'autre doctorat qui en compte 245.»

Semblable à celui de la formation en médecine, le contenu du doctorat en chiropratique comprend des cours en sciences biologiques et de la santé — sciences fondamentales, biochimie, physiologie, pathologie, diagnostic — ainsi que des cours spécialisés dans tous les aspects de la discipline chiropratique: études théoriques et techniques, pratique professionnelle, diagnostic et applications.

Comportant également une formation clinique d'une durée de 1530 heures, laquelle doit être effectuée à la clinique universitaire de l'UQTR sous supervision de chiropraticiens chevronnés, le doctorat en chiropratique est sans doute l'un des plus complets dans le domaine des sciences de la santé.

Évolution

Depuis sa fondation il y a près de 20 ans, le doctorat en chiropratique a beaucoup évolué. D'après M. Marcotte, le programme s'est sensiblement transformé au même rythme que la conception de la santé au sein de la société québécoise. «La pratique se fait davantage en aval que par le passé, et ça paraît dans notre programme. Cette évolution, elle est parallèle à l'évolution des mentalités et à celle des soins de santé. La population est de plus en plus cons-ciente qu'il faut se responsabiliser par rapport à la santé. Manger mieux, bouger plus, adopter une attitude santé, c'est bien compris par la société aujourd'hui. Ça transparaît dans notre programme, ça paraît dans nos recommandations aux patients, dans nos soins; on y prête une attention particulière», explique-t-il.

D'après le chiropraticien, l'intérêt grandissant à l'échelle internationale pour la santé globale et le mieux-être n'est pas étranger au fait que le nombre de programmes universitaires en chiropratique a considérablement crû à l'é-chelle planétaire au cours de la dernière décennie.

«Quand le doctorat a été créé, en 1993, l'UQTR était la première université nord-américaine et dans le monde francophone à ouvrir un doctorat de premier cycle en chiropratique. Aujourd'hui, il y a une trentaine d'établissements accrédités qui enseignent la chiropratique à travers le monde; j'ai répertorié 16 pays qui dispensent la formation. C'est offert en espagnol, en portugais, en français, en anglais, en danois, en allemand, en japonais et en suédois.

«Beaucoup de ces program-mes sont relativement jeunes et ont été créés au cours des dix dernières années. À mon avis, on devrait voir apparaître d'autres programmes de chiropratique un peu partout dans le monde au cours des prochaines années, parce que l'intérêt pour la santé globale et les méthodes naturelles est de plus en plus présent et répandu au plan international», estime M. Marcotte.

Contingentement

Signe que l'intérêt pour la chiropratique est grandissant, le nombre des candidats intéressés par le programme de doctorat de l'UQTR ne cesse de croître. Mais, si plus de 220 personnes posent chaque année leur candidature, seulement 47 étudiants sont admis par cohorte.

«C'est nécessaire, parce que c'est un programme difficile, précise M. Marcotte. Il faut pouvoir sélectionner à travers un grand nombre de demandes. Ça respecte également le marché de la profession.»

Les étudiants admis au programme le sont sur la base de leurs résultats scolaires et de leur performance lors d'un entretien de sélection. Ce dernier vise surtout à évaluer l'intérêt des candidats pour la chiropratique et leur motivation envers le doctorat.

«Les étudiants peuvent se démarquer lors de l'entrevue, mais le dossier scolaire a plus d'importance, parce qu'il faut quand même considérer le niveau de difficulté élevé du programme. La grande majorité des étudiants admis présentent une cote R supérieure à 30», soutient le directeur du programme.

Ouvert aux étudiants canadiens et aux étudiants internationaux, le programme n'accueille jamais plus de cinq universitaires étrangers par cohorte. Cette année, seulement trois des cinq places disponibles ont été comblées, mais, d'après M. Marcotte, cela varie d'un an à l'autre.

«Les étudiants canadiens ou étrangers doivent être aussi compétitifs que les autres. Ils doivent se classer parmi les 47 meilleurs au niveau du dossier scolaire et de l'entrevue. Ils ont jusqu'à cinq places disponibles, mais, s'ils ne remplissent pas les exigences, les places sont comblées par des étudiants québécois», dit-il.

Réussite

Malgré la difficulté du programme, en moyenne 41 étudiants sur 47 terminent avec succès leur doctorat en chiropratique, ce qui porte le taux de réussite à un peu plus de 87 %. «L'excellence des étudiants à l'admission fait en sorte que le taux de réussite est, au final, très élevé. On est très satisfait des résultats de nos étudiants», commente M. Marcotte.

Les débouchés pour les diplômés du doctorat en chiropratique sont multiples et bien rémunérés. La plupart des diplômés choisissent d'exercer la chiropratique en clinique privée. Certains con-tribuent à l'enseignement du programme à l'UQTR, alors que d'autres se tournent vers la recherche. Un petit nom-bre poursuivent leur formation et se spécialisent en orthopédie, en radiologie diagnostique, en nutrition, en sciences cliniques ou en chiropratique sportive.

Portes ouvertes

Une journée portes ouvertes a lieu aujourd'hui, le 29 octobre, à l'UQTR, au Centre d'activité physique et sportive de l'université. M. Marcotte ainsi que quelques collègues et étudiants au doctorat en chiropratique y seront présents pour dispenser de l'information sur le programme.

«Si les gens ne peuvent pas se déplacer, on a plusieurs activités de promotion du programme prévues cette année. Nous allons visiter plusieurs villes du Québec», note M. Marcotte.

Pour obtenir plus de détails sur le programme ou plus d'information sur la tournée de promotion des doctorants en chiropratique: https://oraprdnt.uqtr.uquebec.ca/pls/public/pgmw001?owa_cd_pgm=7025.

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Collaboratrice du Devoir
3 commentaires
  • Sceptique Critique - Inscrit 30 octobre 2011 15 h 09

    Et puis?

    Ca se lis comme un pamphlet publicitaire de l'UQTR! Écrire un article aussi long sur la Chiropractique sans mentionner le fait que c'est une medecine bidon qui a aucune fondement scientifique est déplorable. J'attends la avec impatience l'ouverture du programme du doc. en Homéopathie et en Acuponcture!

  • David Paquet Poulin - Inscrit 30 octobre 2011 20 h 06

    Fondements scientifiques

    Je vous invite à aller voir le site web suivant où vous trouverez une liste non-exhaustive d'études portant sur la chiropratique et les manipulations vertébrales. Vous y trouverez des études randomisées ainsi que des méta-analyses et revues systématiques, qui représentent, comme vous les savez probablement, un standard élevé en terme de validité scientifique.

    http://bit.ly/smob3r

    Je vous conseille également d'aller faire un tour sur le site web de la Chaire universitaire de recherche en chiropratique, située à l'UQTR.

    http://bit.ly/u8bhNg

    Bonne lecture!

  • giltrmb - Inscrit 1 novembre 2011 10 h 01

    Bravo!

    En 1984, j'ai du aller étudier à Toronto, avec des frais de scolarités de $8000 par année, pour devenir chiropraticienne. Je n'ai aucun regret car c'est une très belle profession. Mais nous rêvions d'un programme au Québec pour que les jeunes puissent étudier cette merveilleuse science en français, dans leur milieu et avec des frais très abordables.