Persévérance scolaire - Le Québec obtient une bonne note

Le taux de diplomation avant 20 ans progresse au Québec — il est de 73,8 % pour l’année 2009-2010, contre 66,8 % en 2002-2003.<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Philippe Huguen Le taux de diplomation avant 20 ans progresse au Québec — il est de 73,8 % pour l’année 2009-2010, contre 66,8 % en 2002-2003.

Québec — Le taux de diplomation augmente, même si les garçons décrochent toujours plus que les filles. Et si certaines initiatives du plan ministériel ont porté leurs fruits, d'autres tardent à être mises en place ou devraient être bonifiées. C'est ce qui ressort de la première journée des Deuxièmes rencontres interrégionales sur la persévérance scolaire qui s'amorçaient hier à Québec.

Il n'y aura pas de solution miracle au décrochage scolaire et la ministre de l'Éducation se défend bien de porter des lunettes roses. Reconnaissant que la réussite des garçons, qui décrochent (22,6 %) beaucoup plus que les filles (14,3 %), passe par la lecture, Line Beauchamp a annoncé qu'il y aura des changements au programme, sans vouloir dire si c'est pour la prochaine rentrée.

La ministre a surtout tenu à souligner les bons coups de l'école. «On est vraiment dans la bonne voie et mon message, c'est de dire que les choses avancent, c'est indéniable», a-t-elle souligné, lors d'un point de presse en marge de ce grand forum d'échanges entre divers acteurs de tous les milieux et de toutes les régions du Québec.

La ministre se réjouit d'ailleurs de constater que d'après les plus récents calculs, le taux de diplomation avant 20 ans progresse — il est de 73,8 % pour l'année 2009-2010, contre 66,8 % en 2002-2003. Elle attribue cette amélioration à divers facteurs, notamment la diminution du ratio prof/élèves, l'ajout d'activités parascolaires et les cibles de réussite que se donnent les commissions scolaires.

Certes, le bilan des trois premières années de l'implantation de L'École j'y tiens, réalisé par la firme McKinsey & company, évalue positivement 8 voies de réussite sur 13, même si parmi elles 2 n'ont pas pu être évaluées en profondeur, faute d'information. Quant aux autres chantiers du plan, un n'a carrément pas pu être évalué et quatre autres n'ont pas donné les résultats escomptés, en particulier l'accompagnement individualisé qui devait se matérialiser par l'ajout de 200 enseignants-ressources. «On était passé de 600 à 800 enseignants-ressources dans le réseau, mais malheureusement, ces enseignants de plus vont être retirés, car les conventions collectives qui viennent d'être signées en exigent le retrait, a dit Éric Lamarre, directeur de McKinsey au Canada. C'est le faux départ.»

M. Lamarre a également insisté sur la nécessité de faire fonctionner à plein régime la stratégie Agir autrement, qui cible les écoles secondaires à très haut taux de décrochage, et a relevé certains problèmes de concertation dans la mobilisation des acteurs régionaux.

De belles histoires

Au cours des ateliers et des conférences, des gens du milieu communautaire ainsi que des parents ont dit vouloir encore plus de collaboration avec les écoles. «Les parents sentent qu'il y a un mur autour de l'école», a dit Gaston Rioux, président de la Fédération des comités de parents du Québec.

La ministre Beauchamp a pour sa part tenu à encourager les enseignants «qui ont le dos large» et a invité à valoriser l'éducation. «On est tenté de raconter l'histoire qu'au Québec, on donne des diplômes au rabais», a-t-elle dit, agacée, en défendant la compilation des statistiques. «C'est une histoire d'efforts qu'on raconte. Pas de facilité.»

De belles histoires d'actions qui fonctionnent pour maintenir les jeunes sur les bancs d'école, ou leur permettre de raccrocher plus tard, c'est ce que se sont échangé les participants du colloque.

Comme celle de l'école Louis-Saint-Laurent, à Compton, qui a réussi à réduire son taux de décrochage de 38 % à 21 %, grâce à des initiatives de toute la communauté, comme célébrer la remise du bulletin au village. Ou celle de Lyne Saint-Pierre et ses élèves de Lévis, qui par des projets de jardinage et compostage ont impliqué leurs parents, grands-parents et tout le voisinage et rehaussé le sentiment d'appartenance envers l'école. Ou encore celle de Catherine Jasmin. Violence, famille d'accueil, les drogues dures, la rue, cette jeune maman de 27 ans, qui a décroché de l'école à 14 ans, a tout vécu. Sans avoir terminé sa cinquième secondaire à ce jour, elle suit une formation en éducation aux adultes à la TELUQ, où elle est entrée sur la base de l'expérience et de son engagement dans le milieu communautaire. «Moi, c'est ce qui m'a sauvé», a-t-elle assuré.
8 commentaires
  • Chris G. Eustace - Abonné 20 octobre 2011 07 h 10

    Persévérance scolaire et la démocratie locale

    20 octobre 2011

    Le problème:

    " Au cours des ateliers et des conférences, des gens du milieu communautaire ainsi que des parents ont dit vouloir encore plus de collaboration avec les écoles. «Les parents sentent qu'il y a un mur autour de l'école», a dit Gaston Rioux, président de la Fédération des comités de parents du Québec. "

    La solution:

    " Des conseils d'établissement comptant plus de parents qui prennent les decisions stratégiques pour l'avenir de l'école...

    ...nous croyons qu'il sera plus facile d'encourager la démocratie locale plutot que la participation aux élections des commissions scolaires. "


    http://www.coalitionavenir.org/files/sommaire_dire
    ............................

    http://www.coalitionavenir.org/files/Texte_consult


    Chris Eustace

  • André Michaud - Inscrit 20 octobre 2011 09 h 20

    poudre aux yeux

    J'ai travaillé 35 ans au MELS . J'ai vu les exigences baisser et la correction farfelue des examens écrits de français....Pour éviter la baisse de diplômation, on baisse les exigences... Jusqu'où les bureaucrates du ministères baisseront dans la médiocrité et la poudre aux yeux?

    Avec seulement une correction sérieuse de l'examen écrit de français secondaire 5, le taux de diplômation baisserait possiblement de 50%
    Dommage que les journaliste n'aient pas le droit d'aller voir les copies d'examens, ils verraient par eux-même le non sérieux du type de correction imposée par les MELS aux correcteurs. Certains correcteurs sont bien gênés d'être obligé de corriger avec si peu de sérieux..

  • Jacques Patenaude - Abonné 20 octobre 2011 11 h 20

    @André Michaud

    Les étudiants québécois se classent très bien dans les épreuves Canadiennes et internationales. Est-ce à dire que les "bureaucrates" du monde entier "baissent eux aussi dans la médiocrité"?

  • KC Fru - Abonnée 20 octobre 2011 13 h 44

    Ridicule

    Je ne doute pas que plusieurs élèves réussissent grâce à leurs efforts. Toutefois, sur le même élan que M. André Michaud, comment oser se péter les bretelles alors que les exigences pour réussir ce diplôme ont été réduites au maximum?

    Pour travailler au salaire minimum, aucun problème mais si ces jeunes prétendent aller au collège ou université, ils n'ont pas fini de se faire dire qu'ils ne savent ni écrire, ni compter.

  • André Michaud - Inscrit 20 octobre 2011 14 h 06

    @ m.Patenaude

    Je n'ai pas pu vérifier par moi même pour ailleurs, mais ce n'est pas qu'ici que l'on déplore la baisse des exigences pour avoir un diplôme.

    Plusieurs humoristes américains font bien de gorges chaudes sur ce sujet..et plusieurs anciens profs ont dénoncé la situation. On dit que bientôt l'exigence pour entrer à l'université sera d'avoir un crayon..

    C'est exagéré , mais combien exagéré? Déjà nos futurs profs ont toutes les misères à maîtriser le français , comment pourront-ils l'enseigner efficacement ?