Conseil canadien sur l'apprentissage - Le Canada fait figure de cancre en éducation

Piètre niveau de littératie, régression des résultats scolaires chez les jeunes, retard dans la recherche de pointe... En matière d'éducation, le Canada fait figure de cancre, n'hésite pas à souligner le Conseil canadien sur l'apprentissage (CCA) dans son dernier rapport-bilan rendu public aujourd'hui. Déplorant cette situation «inacceptable et profondément troublante», le président-directeur général du CCA, Paul Cappon, s'inquiète particulièrement du fait que les gouvernements des provinces semblent même ignorer le problème.

«Le Canada ne crée pas de conditions de réussite. Il est tenté de regarder le passé et de se dire qu'il a bien fait, notamment aux tests internationaux comme le PISA. Mais on est très complaisant et on ne se rend pas compte qu'on se fait dépasser», a souligné Paul Cappon, sur le ton de l'urgence. L'organisme qu'il dirige, dont la mission est de donner le pouls des systèmes d'éducation des dix provinces canadiennes, fermera ses portes en 2012, faute de financement du gouvernement fédéral. «[Le rendement] du Canada baisse non seulement en termes absolus mais également relativement à celui atteint dans d'autres économies», révèle le rapport-testament du CCA.

Par exemple, bien que les Canadiens reconnaissent l'importance de l'apprentissage au cours de la petite enfance, 25 % des enfants entrent à l'école dépourvus des bases nécessaires pour apprendre à lire, à écrire et à compter. Au primaire et au secondaire, l'ensemble des taux de décrochage sont à la baisse, mais on dénote un recul dans les résultats aux examens internationaux.

Selon le rapport, plus de la moitié (55 %) des Canadiens de 16 à 65 ans ont un niveau de littératie insuffisant pour comprendre l'étiquetage nutritionnel des aliments, respecter une posologie et suivre des directives de sécurité. Et les taux de littératie chez les adultes stagneront pour les 20 prochaines années. Montréal est la métropole canadienne qui tire le mieux son épingle du jeu, mais le nombre d'adultes possédant un faible taux de littératie passera néanmoins de 1,5 million en 2001 à plus de 1,8 million d'ici 2031.

En outre, le Canada accuse une perte de terrain en innovation et en recherche et développement, notamment parce que les compétences des immigrants ne correspondent pas aux besoins du marché du travail. Toutefois, sur une note plus positive, M. Cappon reconnaît que le pays est exemplaire pour le caractère égalitaire de ses systèmes. «Les immigrants réussissent beaucoup mieux ici et on constate que la classe sociale influe beaucoup moins. Les Européens nous admirent pour ça», a-t-il dit.

Dernières recommandations du CCA

En plus d'exiger un organisme pour lui succéder, le CCA a livré une série de recommandations, notamment la création d'un Conseil des ministres responsables de l'apprentissage, qui serait chargé de coordonner l'apprentissage tout au long de la vie à l'échelle du pays. L'accent a également été mis sur la nécessité d'avoir des données comparables et mesurables pour toutes les provinces et de doter celles-ci d'objectifs pancanadiens. Pour

M. Cappon, même le Québec y gagnerait au change. «Il n'existe pas de cadre pancanadien avec lequel le Québec pourrait vraiment se comparer, ce qui le laisse encore plus isolé. Mais si on trouvait une façon d'harmoniser les données et de favoriser la mobilité étudiante, ce serait plus facile pour le Québec d'être novateur et de réussir.... même si plusieurs Québécois pensent le contraire», a-t-il conclu.
12 commentaires
  • Jean Lapointe - Abonné 12 octobre 2011 08 h 07

    «Le Conseil canadien sur l'apprentissage."


    En français, l'apprentissage c'est l'acquisition d' un savoir-faire. Le terme "learning" ne doit donc pas être traduit par "l'apprentissage". C'est une grave erreur à mon avis.

    Ces messieurs-dames du CCA devraient d'abord se consacrer à l'apprentissage de la langue française s'ils veulent qu'on les prenne au sérieux.

    A ma connaissance le terme " learning"en anglais comprend tous les actes d'apprendre: apprendre que, c'est-à-dire informer ( par exemple: je vous APPRENDS qu'un tel est mort), apprendre à ( par exemple: APPRENDRE le français), c'est l'apprentissage, et apprendre tout court, c'est-à-dire comprendre ou essayer de comprendre ( par exemple: APPRENDRE le théorême de Pythagore ).

    Il serait important que les gens du CCA comprennent qu' une langue ce n'est pas qu'un outil de communication et qu'une traductionn littérale de l'anglais au français peut mener à beaucoup de confusion.

  • Elisa Soulieres - Inscrite 12 octobre 2011 09 h 44

    M. Lapointe

    Le texte de madame Gervais démontre bien l'urgence de la situation. Vous détournez le débat en soulignant le mauvais (c'est vous qui le dites) usage du mot "apprendre". D'ailleurs, même dans le dictionnaire, le mot français "apprendre" comprend tous les actes d'apprendre, comme "learning". Vous devriez relire la définiton du mot en français. Pourquoi d'ailleurs insister sur "learning" ? On ne parle pas d'apprentissage de l'anglais dans ce texte. Dieu sait que je n'ai rien contre son apprentissage, je l'ai enseigné durant des années. On parle ici de littératie et tout ce qui permet à la personne de comprendre son monde pour pouvoir y agir. J'ai travaillé plusieurs années dans les écoles et c'est déroutant de constater combien d'enfants sont incapables de s'organiser dans le monde: faire la différence entre un fruit et un légume, comprendre comment est préparée et ce que contient la nourriture qu'ils consomment, lire l'heure sur une horloge à aiguilles, etc. Qui sont les Michel Tremlay, Chrystine Brouillette, Marie Laberge, Bryan Perro, Gilles Tibo et tant d'autres pour ces jeunes ? Ils connaissent Steve Jobs, mais savent à peine qui est Guy Laliberté. Connaître son monde, c'est y naître pour y vivre parce qu'on le comprend. J'ai deux jeunes enfants à qui je lis des histoires tous les soirs. Pas parce que cela leur fait plaisir, même si c'est une partie importante du rituel. Je le fais parce que je sais que lire ouvre à la compréhension et au savoir. Cela donne prise et emprise sur son monde pour pouvoir le connaître, le critiquer et si nécessaire, le changer. Vive la lecture ! Surtout, osons dire que nous ne voulons pas d'un Québec dont les enfants sont incapables d'aller chercher le savoir du monde parce qu'ils ne savent pas assez bien lire et comprendre ce qu'ils lisent.

  • Alex Lauzon - Abonné 12 octobre 2011 10 h 10

    Heu..

    L'apprentissage est le processus (actif et constructif) par lequel on acquiert de nouveaux savoirs (connaissances déclaratives et procédurales, compétences, etc.).

  • Chris G. Eustace - Abonné 12 octobre 2011 10 h 22

    Conseil canadien sur l'apprentisage.... an English take

    12 octobre 2011

    (Jean Lapointe a raison)

    Certains des éléments suivants sont extrait du rapport français et en anglais.

    «Par le passé, les élèves du secondaire canadiens affichaient une longueur d’avance sur ceux d’ailleurs, obtenant systématiquement des notes supérieures à la moyenne des pays de l’OCDE dans le cadre des examens internationaux normalisés...»

    For more than a decade, Canadian students have outperformed their international peers on the Organization for Economic Co-operation and Development’s assessments of reading, math and science. They placed in the top 10 in every subject in the most recent results.

    Aussi, les parents canadiens sont heureux...Alors, quel est le problème?

    Cet article me rappelle de deux organisations parasitaires: la Canadian School Boards Association (CSBA) et l' Association des commissions Scolaires Anglophones du Québec (ACSAQ).

    Ces deux organisations sont d'aucune valeur économique, culturelle ou pédagogique à toute salle de classe canadiennes. Ils sont un fardeau pour le contribuable.

    Considérons le Congrès de l' CSBA tenue à Ottawa en Juin, qu'avons-nous appris? Rien - sauf qu'ils ont également besoin d'argent.

    Pensez à l' ACSAQ réunions cette Octobre 28-29 à Sherbrooke. Rien pour la classe ... ils auront un débat entre trois candidats pour voir qui sera le prochain président. ( moderated par le président of Bishops Univ. )

    L'éducation est une provincial matter.. Commissions scolaires anglophones n'existait pas au Québec jusqu'en 1998 et ils n'ont pas été utile pour la communauté anglophone.

    Tout ce qu'ils ont fait est plaindre du gouvernement, qui ironiquement nous protéger de ces organismes inutiles ... Pensez à the Liberals and good Bill 88 - rien que des plaintes ....

    Maintenant, ils sont vraiment préoccupés par le plan d'éducation de la Coalition pour l'Avenir du Québec - François Legault et Charles Sirois avec Chantal Longpré - la tête des directeurs d'école.

  • François Dugal - Inscrit 12 octobre 2011 10 h 23

    Le MELS

    Le MELS cultive la médiocrité.
    Point à la ligne.