L'histoire du Québec délaissée par les universités

Le Québec ne se souvient pas assez de son histoire, selon une étude publiée hier par la Fondation Lionel-Groulx et la Coalition pour l'histoire du Québec. «On est un des pays qui enseignent le moins leur histoire!», clame l'historien et porte-parole de la Coalition pour l'histoire du Québec, Robert Comeau.

Après avoir critiqué, l'an dernier, la qualité de l'enseignement de l'histoire au collégial et au secondaire, les deux organismes se sont maintenant penchés sur la place de l'histoire du Québec dans le milieu universitaire.

Selon M. Comeau et ses collègues, les futurs enseignants d'histoire manquent de formation. «La majorité n'ont que deux à quatre cours à l'université sur l'histoire du Québec. C'est insuffisant!», déclare M. Comeau. L'étude mentionne aussi que 28 % des enseignants d'histoire au secondaire n'ont pas de formation universitaire dans cette discipline. Les auteurs de l'étude réclament un minimum de vingt cours d'histoire, dont la moitié couvrirait le Québec et le Canada, pour tous les futurs enseignants de cette matière au secondaire. Quant à ceux qui l'enseigneront au niveau collégial, les auteurs exigent qu'ils aient tous une maîtrise spécialisée dans le domaine.

M. Comeau souligne aussi que l'histoire culturelle et sociale — telle que l'histoire des femmes, de la consommation, de l'environnement — a de plus en plus la cote dans les universités, au détriment de l'histoire politique et économique. L'étude mentionne, par exemple, que seule l'Université du Québec à Montréal offre un cours spécifique sur la Révolution tranquille. Selon M. Comeau, les chaires de recherche universitaires en histoire sont rarement octroyées à des professeurs qui s'intéressent à l'histoire nationale. «Au Québec, nous n'avons aucun spécialiste sur la bataille des plaines d'Abraham», affirme-t-il. Les auteurs de l'étude souhaitent que le gouvernement du Québec crée un nouveau centre à l'Institut national de recherche scientifique, qui serait consacré exclusivement à «l'histoire politique du phénomène national au Québec.»

Le porte-parole de la Coalition pour l'histoire du Québec maintient que la faible place accordée à l'histoire nationale dans les universités se répercute sur l'enseignement aux niveaux primaire et secondaire. «Les enseignants ne sont pas préparés à répondre à des questions sur les référendums au Québec, par exemple, affirme M. Comeau. Les jeunes d'aujourd'hui ne sont pas équipés pour comprendre l'actualité. On ne leur transmet plus assez de connaissances.»
21 commentaires
  • Claude Jean - Inscrit 4 octobre 2011 06 h 46

    Citation sur l'histoire.

    Claude Béland
    Comment voulez-vous développer une fierté quand vous ne savez même pas d’où vous venez.


    Soldat Sanspareil
    2ème bataillon du régiment de la Sarre
    Vive le Roy!
    http://www.regimentdelasarre.ca
    http://www.youtube.com/user/SoldatSanspareil
    http://www.tagtele.com/profil/Sanspareil
    http://www.ameriquebec.net/actualites/2009/08/03-r
    François Mitterrand
    Un peuple qui n’enseigne pas son histoire est un peuple qui perd son identité

  • Charles F. Labrecque - Inscrit 4 octobre 2011 09 h 01

    Bisbille

    Ce malheur présumé du manque de connaissance de notre histoire, ne découle -'elle pas que durant les années soixante il s'est produit une gué-guerre au sein du milieux des historiens concernant l'enseignement de la vrai histoire plutôt que de l'histoire tronqué et écrite par nos bons religieux du temps et enseigné dans nos écoles du Québec. Pour ma part, j'ai appris à la petite école, que Dollar-des-ormeaux, grand sauveur du Canada était allé communier avant d'aller défendre brillamment le pays. Et que sont âme reposait depuis à droit de dieu au ciel. (Histoire du canada enseigné par les frères sacré-coeur). Je suis persuadé, que si les historiens étaient en mesure d'enseigner la vrai histoire sans excès nationaliste, les jeunes si intéresseraient surement.

  • France Marcotte - Abonnée 4 octobre 2011 10 h 13

    L'histoire en autodidacte

    Corrigez-moi si je me trompe, mais il me semble que l'histoire n'est pas un domaine qui demande des aptitudes très particulières.
    On peut faire un bon bout de chemin par soi-même, surtout avec tous les moyens dont on dispose maintenant.
    Alors je crois que ce qui manque surtout, c'est le réflexe de s'approprier le droit et la compétence de devenir en bonne partie par soi-même des spécialistes en histoire, un peu comme on le fait par passion du jardinage ou de l'ornithologie sans encouragement particulier.
    L'histoire n'appartient pas aux érudits, vive l'histoire!
    J'ai un collègue de travail qui est un passionné de l'histoire des guerres, principalement de la guerre de sécession américaine. Il passe ses vacances dans les musées et sur les sites historiques.
    Pourtant, il n'apparaît dans les statistiques de personne...

  • Kris13104 - Inscrit 4 octobre 2011 10 h 42

    Un pays sans histoire...

    Un pays sans connaissance de son histoire est un pays qui n'a pas d'avenir et qui se prive d'un ciment qui fonde réellement une nation et qui permet aux nouveaux venus de mieux s'intégrer dans leur société nouvelle. Évidemment, cela demande de la volonté, de la rigueur et l'acceptation d'avoir à faire avec des citoyens plus conscients.

  • - Inscrit 4 octobre 2011 11 h 07

    Difficile histoire

    C'est très difficile d'enseigner l'histoire nationale quand on fait partie du peuple en question car il y a souvent tendance à la colorer selon ses propres convictions. M. Labrecque donne l'exemple des religieux qui enseignaient l'histoire dans le passé et l'affaire Dollard-des-Ormeaux. Autre exemple, le traité de Paris de 1763, cédant la plus grande partie de la Nouvelle-France à l'Angleterre est perçu soit comme un bénédiction pour certains, soit une catastrophe pour d'autres. C'est plus facile d'enseigner l'histoire étrangère car on est moins impliqué et on peut rester plus neutre.

    Ça ne veut pas dire qu'un Québécois ne peut pas enseigner son histoire nationale mais ça veut dire qu'il faut faire attention pour parler des faits et de bien identifier les perspectives des parties en cause. De plus, en Amérique on fait face à la présence autochtone pendant la plus grande partie de notre histoire et cette présence est souvent très mal documentée, ces peuples étant de tradition orale. Beaucoup de recherches se font à ce sujet mais combien se retrouvent dans les cours d'histoire?