Droits de scolarité - Une étude chiffre l'impact de la hausse

Le Comité consultatif sur l'accessibilité financière aux études (CCAFE) se dit «inquiet» des «effets négatifs possibles» de la hausse des droits de scolarité sur l'accessibilité aux études supérieures dans un rapport dévoilé hier. La hausse des droits de scolarité de 1625 $ sur cinq ans (2012-2013 à 2016-2017), annoncée à la mi-mars par le ministre des Finances, Raymond Bachand dans son discours sur le budget, pourrait dissuader jusqu'à 7000 personnes d'entreprendre des études universitaires, soit 2,5 % de l'effectif, avertit-il.

Mais, bien qu'elle soit «importante», l'augmentation n'est pas soudaine, fait remarquer le CCAFE, avant de rappeler que les bénéficiaires de bourses verront leurs prestations augmenter en fonction de l'augmentation des droits de scolarité.

Le groupe presse néanmoins le gouvernement de mieux faire connaître les programmes d'aide financière aux études aux familles à faible revenu, dont les parents «ont souvent tendance à surestimer les coûts des études universitaires et à en sous-estimer les bénéfices». Le ministère de l'Éducation, des Loisirs et des Sports (MELS) doit élaborer un plan de communication qui devra mettre en exergue «les bienfaits de l'éducation» tout en recensant les modifications apportées aux programmes d'aide financière aux études visant à amoindrir les impacts des hausses des droits de scolarité — de 325 $ annuellement pendant cinq ans à partir de l'automne 2012 —, selon le CCAFE.

«Ce que nous dit avant tout le comité consultatif, c'est: "il ne faut pas surestimer le coût des études universitaires et il ne faut pas sous-estimer les bénéfices qu'on en retire". Oui, je vais prendre mon bâton de pèlerin. Je vais rappeler jusqu'à quel point c'est un bon investissement que d'aller à l'université et de décrocher son diplôme universitaire», a affirmé la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, à Radio-Canada.

Le CCAFE recommande à la ministre d'accroître l'admissibilité du Programme de remise de dette aux étudiants touchant exclusivement un prêt. «Lorsque tu es en difficulté, tu as une "période de grâce" de deux ans durant laquelle le ministère paie les intérêts [du prêt]. Ça va être haussé à cinq ans. Mais ça touche uniquement ceux qui ont une bourse», a indiqué son attaché de presse, Dave Leclerc.

Le CCAFE presse également le gouvernement d'effectuer une étude auprès des personnes qui fréquentent l'université à temps partiel en vue d'évaluer l'opportunité d'introduire un volet bourse dans le Programme de prêts pour les études à temps partiel, ainsi qu'une enquête sur les conditions de vie des étudiants de 2012 à 2017.

Les étudiants dénoncent

«Moins de jeunes vont à l'université, on va perdre 7000 étudiants, et on nous annonce qu'on va utiliser les étudiants comme des rats de laboratoire, des cobayes», a affirmé par voie de communiqué la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, qui a accueilli par des huées le rapport du CCAFE. «Toutes les études sérieuses démontrent les impacts négatifs d'une hausse aussi radicale sur l'accessibilité aux études», a-t-elle fait valoir.

L'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) mise sur la mobilisation populaire afin de faire reculer le gouvernement de Jean Charest. «Alors que les libéraux et leurs amis s'en mettent plein les poches en profitant de la corruption, ils demandent aux étudiants et aux étudiantes de payer toujours plus pour étudier», a dénoncé le porte-parole de l'ASSÉ, Gabriel Nadeau-Dubois. «C'est inacceptable et nous serons dans la rue cet automne pour condamner cette injustice!» a-t-il mis en garde.
 
22 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 23 septembre 2011 01 h 27

    PIS

    Les facultés les plus importante seront toujours remplies: médecin, dentiste, ingénieur, pharmacien, architecte, comptable. Mais s'il manque 7000 étudiants en sciences politiques ou en sciences sociales, ce sera pas désastreux pour le Québec, NON? Ces facultés sont surpeuplées pour le peu de travail qu'un étudiant peu en espérer. D'ailleurs, qui chiâle tout le temps sur ces comités d'étudiants? Ceux de sciences politiques ou de sciences sociales. Ils ont du temps car leurs études sont moins difficiles que médecins ou pharmacien. Je les entends déjà gueuler contre moi (hihi)

    En passant, je réponds à M Jean-Pierre Charbonneau du Club des EX: 1- payer pour ce que l'on reçoit, c'est une formation dans la vie. Rien n'est gratuit 2- Arrêtez de nous donner comme exemple l'Europe: ils sont presque tous en faillite 3- Enfin, lâchez nous avec les pays scandinaves. Le Québec est en Amérique du Nord. D'ailleurs, quand le PQ est arrivé au pouvoir, le déficit n'était pas si élevé que ça. Mais vous les péquistes, vous avez voulu faire comme les pays scandinaves avec le résultat que l'on une des provinces les plus endettés au monde.

  • François Ricard l'inconnu - Inscrit 23 septembre 2011 06 h 50

    Frais de scolarité

    Un des éléments dans la lutte sans fin pour parvenir à un ordre social plus juste et plus humain est l’effort consenti pour éliminer les obstacles- qu’ils soient d’ordre économiques, idéologiques ou politiques- qui entravent l’épanouissement individuel ou l’action collective que l’université devrait rendre possible.
    De plus en plus, l'université est contrainte de jouer le rôle d'un portier donnant accès aux places importantes et aux privilèges dans la société.
    Le fait que cette mission de présélection de la classe moyenne supérieure soit confiée aux universités fait que l’on élimine la plupart des jeunes gens issus de familles des couches sociales moins favorisées, puisque ceux-ci ne possèdent pas les attitudes qui conviennent à la réussite académique. En conséquence, l’université devient un instrument permettant d’assurer la perpétuation des privilèges sociaux.

    Dans les universités états-uniennes, les droits de scolarité, pour une année scolaire, se situent à environ 25 000$.
    Une bonne partie de nos diplômés s'en vont ailleurs et ne travaillent pas au Québec à la fin de leurs études, la raison étant qu'ils sont d'ailleurs et retournent chez eux. Ils ne sont venus au Québec que parce que les droits de scolarité étaient plus bas que chez eux. Nous subventionnons des gens d'autres provinces et d'autres pays.
    Il faut aussi admettre que le Québec a un besoin criant de diplômés dans tous les domaines.
    Alors pourquoi ne pas mettre sur pied un système de tarification à deux vitesses.
    1- L'enseignement gratuit pour chaque étudiant qui s'engage à travailler au Québec pour 5 ans ( baccalauréat et maîtrise), pour 7 ans (doctorat) à la fin de ses études.
    2- Un droit de 25 000$ pour chaque étudiant qui refuse de signer un semblable engagement.
    Ceci mettrait fin aux subventions outre-frontières et à la pénurie de diplômés que nous avons.

  • Rodrigue Tremblay - Inscrit 23 septembre 2011 06 h 57

    Pendant ce temps

    7000 étudiants français viennent étudier à prix d'aubaine au Québec!
    Pourquoi que les contribuables québécois financent les études de ces 7000 Français qui ne paient que 2,4k par année alors que leurs études en coutent 15k?

    La somme annuelle est de plus de 90 millions! C'est sans parler que toutes les ententes internationationales qui sont que 2000 étudiants du tiers-monde viennent aussi étudier à prix d'aubaine.

    C'est sans parler de tous les résidents permanents qui étudient aussi à prix d'aubaine.

    Bref, quand est-ce que les étrangers vont payer le vrai prix pour étudier chez nous?

  • François Ricard l'inconnu - Inscrit 23 septembre 2011 10 h 19

    @Carole Dionne

    En 2003, la dette brute du Québec s'élevait à 95 milliard$.
    Au début de 2011, cette dette brute atteignait un peu plus de 160.1 milliards.
    Les chiffres parlent d'eux-mêmes. n'est-ce pas? Est-ce la faute du PQ?

    A l'université, il est important que toutes les sphères de l'activité humaine
    u soient bien représentées. La technologie, médicale, mécanique ou autre ne suffira jamais à former des gens "cultivés". Des corporatistes oui. Mais c'est un peu court comme culture.

  • C. Poulin - Inscrit 23 septembre 2011 10 h 29

    Incroyable!

    C'est incroyable de lire des commentaires aussi odieux!!!
    Mme Dionne, votre commentaire témoigne d'une ignorance devant laquelle je suis presque sans mots!!! Selon vous, avec 6 professions, on peut faire une société fonctionnelle! En plus, vous dénigrez les sciences sociales! Bye bye travailleurs sociaux! Bye bye psychologues! On peut aussi voir que l'éducation ne fait pas partie de vos priorités car vous oubliez les étudiants en enseignement! Et non, je ne suis pas étudiante en sciences sociales, j'ai étudié en sciences pures, qui, je suppose, sont inutiles à votre avis puisque ce sont les médecins et les pharmaciens qui créent les médicaments dans votre beau monde...
    Par ailleurs, oui, je peux comprendre que ça peut paraître injuste que des français viennent étudier ici, mais des Québecois vont aussi étudier en France, c'est une entente entre les pays.
    Et monsieur Tremblay, je côtoie de ces étudiants du "tier monde" fréquemment et je peux vous dire qu'ils paient cher pour leurs études et qu'ils font des sacrifices énormes pour leur éducation. Je crois que l'investissement que le Québec fait avec eux est une des plus efficaces formes d'aide internationales... Donnez un poisson à un homme le nourrira un jour, mais montrez lui à pêcher et il se nourrira pour la vie...
    Une chose est primordiale lorsqu'on parle de droits de scolarité, c'est que l'éducation est un bien qui rapporte à l'ensemble de la société! Lorsqu'on éduque un scientifique, on investit pour l'avancement des connaissances de notre société... Les étudiants des sciences politiques feront avancer les causes sociales pour un meilleur avenir... Leurs études rapporteront à tous et c'est pourquoi il faut investir en éducation. Il ne faut pas prendre pour acquis la supériorité de notre éducation dans le monde en ces temps où bien des pays émergents comprennent l'importance de l'éducation et investissent...