The Study - Une école bilingue où le français s'affiche

Valérie R. Carbonneau Collaboration spéciale
Une élève en quatrième secondaire utilise le «SMART board» dans son cours de mathématiques (toutes les salles de classe sont équipées de ce système).
Photo: Source école The Study Une élève en quatrième secondaire utilise le «SMART board» dans son cours de mathématiques (toutes les salles de classe sont équipées de ce système).

Ce texte fait partie du cahier spécial Éducation: écoles privées

De la petite école qui accueillait six élèves en 1915 dans le cabinet de travail de la maison d'une certaine Margaret Gascoigne, The Study accueille aujourd'hui près de 300 filles dans ses locaux actuels au 3233, The Boulevard, à Westmount. L'établissement d'enseignement enrichi destiné à la formation de «femmes formidables», de la maternelle à la cinquième secondaire, aspire à faire de ces filles les meilleures élèves, athlètes et leaders... bilingues!

L'école, à son emplacement actuel depuis 1960, a été dirigée par huit femmes, dont Nancy Lewis Sweer, qui a pris la barre de la direction générale cette année. La clientèle? Elle est diversifiée et fluctue chaque année, explique quant à elle Anik Low, directrice du niveau secondaire depuis juillet dernier. De 50 % à 60 % des familles sont anglophones, de 20 % à 30 % sont francophones et parlent le français à la maison, tandis qu'environ 5 % sont asiatiques. The Study reçoit aussi plusieurs familles d'origines grecque, italienne, espagnole ou arabe.

«En 1989, The Study a été l'une des premières écoles anglophones à introduire un programme d'études bilingue au niveau primaire dès la maternelle, poursuit-elle. Au primaire, les filles étudient en anglais durant la première moitié de la journée et en français durant la deuxième, et ce, jusqu'en sixième année. Au secondaire, le bilinguisme continue d'occuper une place importante, soit entre 30 % et 50 % de la formation, en fonction de l'année d'études et des cours optionnels que choisissent les élèves», ajoute celle qui a enseigné l'anglais pendant plusieurs années au collège Jean-de-Brébeuf, avant d'être nommée directrice au niveau secondaire de l'école The Study.

Pédagogie et culture

De la septième à la onzième année, certains cours sont offerts en français. C'est le cas, par exemple, des arts visuels et du cours Univers social, qui jumelle à la fois histoire, géographie et monde contemporain, du cours d'éthique et, bien entendu, du français. «On peut dire que, en septième et en huitième, environ 45 % de la matière est donnée en français, tandis que, en dixième et en onzième, ça tombe à 35 %, selon les options offertes...»

The Study l'aura compris... L'apprentissage d'une langue seconde se fait autant par la pédagogie que par la culture. En plus d'enseigner de la théorie en français, la stratégie de l'établissement mise aussi beaucoup sur les activités parascolaires pour alimenter tout l'aspect culturel de vivre en français dans une ville et une province francophones. Bien entendu, on parle ici des sorties au théâtre et des visites d'une exposition dans les différents musées... Mais l'école The Study a également instauré tout un volet au niveau du service communautaire. Quand on lui demande de citer un exemple, Mme Low parle de l'engagement des filles de dixième et onzième années au sein du programme Mini-Med, la mini-école de médecine du Montreal Children's Hospital (CUSM), alors que la moitié d'elles, francophones et anglophones d'origine, ont décidé de faire leur bénévolat en français. «Le fait de vivre en milieu francophone contribue certainement à l'aspect culturel qui est intégré au sein des cours donnés en français», de renchérir celle-ci.

Des stratégies propres

Le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) demande que l'enseignement se fasse selon trois niveaux de compétence, explique Mme Low. Lire des textes variés (courants et littéraires), produire des textes variés (courants et littéraires) et interagir en français, alors que 33 % des cours sont consacrés à l'une et l'autre de ces compétences. Or, en onzième année, les filles se font enseigner le français selon trois thèmes donnés par trois professeurs différents au cours de l'année.

D'abord, il y a Pleins feux sur l'actualité, un cours axé sur la discussion qui encourage les élèves à prendre connaissance de l'actualité, à s'informer de ce qui se passe autour d'elles, à en discuter et à en débattre. Dans un deuxième temps, on retrouve Le roman dans tous ses états, qui relate l'évolution du genre romanesque au fil des siècles, du Roman de Renart au nouveau roman, à travers l'étude d'extraits de textes connus. Et, enfin, Préparation intensive à l'examen de juin, où les élèves approfondiront les notions liées au texte d'opinion et au texte expressif, tout en révisant en profondeur tous les points de grammaire au programme de français enrichi du deuxième cycle du secondaire.

Des événements et du parascolaire bilingues

Dans les assemblées générales aussi, on s'adresse aux élèves dans les deux langues... «Même la head girl à la tête du conseil étudiant s'adresse aux filles en français pour prononcer une partie de ses discours... Je trouve extraordinaire qu'on intègre le français dans les événements», affirme la directrice, qui vient de vivre sa première rentrée auprès de l'établissement, convaincue que ça joue pour beaucoup quand on constate qu'un bon nombre des finissantes anglophones décident de poursuivre leurs études en français après leur passage à The Study.

D'ailleurs, toutes les élèves de la promotion 2011 ont été acceptées dans l'établissement postsecondaire de leur choix. Règle générale, la plupart, soit environ 60 %, choisissent des cégeps anglophones, plus précisément Marianopolis et Dawson, tandis qu'environ 20 % des élèves iront au collège Jean-de-Brébeuf et qu'environ 15 % choisissent des écoles hors du Québec ou aux États-Unis. Une finissante de 2011 a d'ail-leurs été acceptée au Massachusetts Institute of Technology (MIT), soit un établissement de recherche et une université américaine spécialisée dans les domaines de la science et de la technologie.

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Collaboratrice du Devoir

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