Choisir la bonne école privée - L'école où vont les amis ne convient pas nécessairement

Claude Lafleur Collaboration spéciale
Quelle école choisir pour son enfant?<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Quelle école choisir pour son enfant?

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Ce n'est pas facile de repérer «la bonne école» pour son enfant puisque chaque école privée est différente des autres. Chacune offre une démarche pédagogique et un environnement d'études différents, des options et des choix divers, etc. «Il est donc essentiel que les parents examinent attentivement les différentes facettes de l'école», relate Agnes Stawicki.

«Apprendre» aux parents ce que sera la future école de leurs enfants, telle est la démarche que préconise l'équipe de Our Kids, l'éditeur d'un magazine et d'un site web qui scrute les écoles privées d'un bout à l'autre du Canada. Basé à Toronto, Our Kids publie chaque septembre un volumineux magazine détaillant les choix possibles, en plus de proposer un site web accessible gratuitement où on décrit en détail chacune des écoles. Agnes Stawicki est la rédactrice-adjointe du magazine et du site web ourkids.net.

La «meilleure» école


On pourrait penser que, parmi les critères à considérer dans le choix d'une «bonne école privée», devrait figurer le classement de l'établissement dans un palmarès d'excellence. Ou encore, pourquoi ne pas envoyer son enfant à l'école fréquentée par ses amis, ou à celle où vont les enfants de l'une de nos connaissances, sinon même l'école privée où on est soi-même allé?

Dans tous les cas, estime Agnes Stawicki, c'est une erreur que de se baser sur de tels critères. «Ce qui importe avant tout, dit-elle, c'est de prendre en compte la personnalité et les besoins de son enfant. Si, par exemple, celui-ci est du type plutôt réservé, un peu timide même, il peut être préférable de l'inscrire dans une petite école plutôt que dans une grosse école. S'il est, par contre, du type sportif et porté à faire une foule d'activités, une grosse école pourrait lui offrir davantage de possibilités.»

C'est dire que l'école où vont ses amis ou celle où on est allé soi-même ne convient pas nécessairement à son propre enfant, poursuit-elle. Quant aux palmarès des meilleures écoles, le groupe Our Kids n'en compile pas. «En fait, il est très difficile de déterminer quelle est la "meilleure école", indique Agnes Stawicki. Les critères sur lesquels on devrait se baser font l'objet de grands débats, et nous, de toute façon, on considère que ce n'est pas là la meilleure façon de faire un bon choix. Avant tout, il est essentiel de tenir compte des besoins de son enfant.»

Voilà pourquoi tant le magazine Our Kids que le site web ourkids.net compilent le plus d'information possible au sujet de chaque école, sans chercher à déterminer lesquelles seraient les «meilleures» en fonction d'une série quelconque de critères. «En tout premier lieu, demandez-vous quel est le meilleur intérêt de votre enfant et quel environnement lui conviendra le mieux», résume la rédactrice-adjointe. Il importe ensuite de repérer la «vocation» de cha-que école, c'est-à-dire à qui s'adresse l'enseignement qu'on y prodigue.

Petit séjour en classe


«Lorsque vous aurez repéré quelques écoles qui semblent convenir aux besoins de votre enfant, vous pouvez ensuite aller les visiter», poursuit Mme Stawicki. Bien sûr, la plupart des écoles offrent des journées portes ouvertes. Toutefois, Mme Stawicki évoque la possibilité de faire vivre à son enfant une ou deux journées en classe. «Il est souvent possible de convenir avec la direction de l'école pour que vous et votre enfant puissiez y passer une journée de semaine, dit-elle. De la sorte, vous vous familiariserez avec les professeurs, les élèves et les lieux. Ce sera l'occasion pour votre jeune de voir s'il s'y sentira à l'aise et pour vous de voir si l'ambiance vous convient.»

Incidemment, Mme Stawicki suggère que, dans la mesure où l'enfant est suffisamment âgé, il est important de l'associer au choix de l'école. «De la sorte, dit-elle, celui-ci se sentira partie prenante de la décision et il se sentira par la suite responsable de ses études.»

Elle souligne aussi que certaines écoles s'attendent à ce que les parents et même la famille participent, d'une façon ou d'une autre, aux activités de l'école, alors que d'autres ne le requièrent pas. «Il faut donc veiller à prendre en compte ce que vous et votre famille êtes prêts à faire, jusqu'où vous êtes prêts à vous engager, dit-elle. Recherchez donc une école qui convient aux besoins de tout le monde.»

Et les coûts ?

Bien entendu, il faut aussi tenir compte des questions financières, notamment les droits de scolarité. Toutefois, prévient Mme Stawicki, il ne faut pas nécessairement être rebuté par des droits élevés ou qui dépassent peut-être un peu vos moyens financiers. Nombre d'écoles offrent en effet divers mécanismes de financement ainsi que des bourses d'études, dit-elle. «N'oublions jamais que les écoles sont toujours à l'affût des bons élèves, dit-elle, et qu'elles sont par conséquent disposées à faire des arrangements financiers. Ne soyez pas gênés de parler franchement de votre situation, puisqu'il existe une foule de solutions... L'argent est disponible et les écoles veulent apporter de l'aide.»

C'est d'ailleurs l'un des volets qui seront traités lors de la journée-rencontre organisée par Our Kids à Montréal, au Hilton Bonaventure, demain le 18 septembre, de 10h30 à 16h. «Ce sera l'occasion de rencontrer des représentants et des élèves d'une quarantaine d'écoles, résume Agnes Stawicki. Il y aura une série de conférences portant notamment sur les questions à se poser pour faire le bon choix.»

On discutera également d'aide financière, de bourses et de fiscalité. Notons qu'il y a des coûts d'entrée de 20 $ pour une famille de quatre personnes — «car nous voulons que les parents y amènent leurs jeunes», lance Agnes Stawicki — mais un coupon-rabais de 10 $ se trouve dans le site web de Our Kids.

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Collaborateur du Devoir
3 commentaires
  • Denise Leahy - Abonnée 18 septembre 2011 10 h 18

    Journalisme vs publicité!!!

    Et l'école publique? ce n'est plus un choix puisque tout le monde peut aller à l'école privée!!???

  • Marie Michaud - Inscrit 20 septembre 2011 07 h 38

    Promotion de l'école privée

    Il est dommage de voir Le Devoir faire la promotion de l'école privée, comme si cette dernière devenait la seule option valable. Il y a de très belles écoles publiques qui ont des projets à faire rougir le privé. Il y a des enseignants passionnés à l'école publique, mais aussi des éducateurs, des animateurs, des conseillers en orientation très dynamiques.

    En ne présentant que des écoles privées et les démarches à faire pour bien choisir son école privée, Le Devoir annonce ses couleurs quant à sa vision du monde de l'éducation. Le Devoir suivra-t-il les traces de L'Actualité? Le Devoir deviendra-t-il un nouvel outil pour les "think tanks" de la droite?

    Je nous souhaite donc une série d'articles sur l'école publique québécoise.

  • Louis Cotte - Inscrit 22 septembre 2011 15 h 15

    Point de vue réaliste

    Je suis allé à l'école publique pour tout mon cheminement scolaire (maternelle au CEGEP). J'ai fini dans les temps (CEGEP en 2 ans). J'ai cru pendant une bonne partie de ma courte vie, peut-être par aliénation, que l'école publique équivalait à l'école privée. Je suis aujourd'hui à l'université (médecine), et je représente aujourd'hui une minorité, celle des étudiants issues du publique. Si l'école publique couvre la grande majorité des étudiants du Québec, elle est sous représentée dans les classes universitaires.

    Je ne dis pas que l'école publique n'est une bonne option pour vos enfants, mais elle a tendance à faire trop de compromis pour accommoder une vaste majorité d'étudiants peu motivés. J'ai eu la chance d'être inscrit dans un programme d'éducation internationale, où l'on peut dire que je suivais un cursus enrichi. Même là, on accommodait toujours la majorité d'étudiant peu intéressé au profit des quelques uns qui était à l'école pour étudier. Aujourd'hui je remarque que, par rapport à l'éthique de travail, je suis désavantagé sur beaucoup d'étudiants issues du privée (par manque de motivation je travaillait très peu je suppose).

    Le nivellement par le bas fait du mal à beaucoup trop de gens. J'ai eu plusieurs amis, aussi ou même plus compétent que moi qui, aujourd'hui, ne font absolument. N'ayant jamais été motivés intellectuellement, ils n'ont jamais pris l'école au sérieux, et voici où nous en sommes aujourd'hui.

    Oui l'école ouverte à tous, mais pour l'amour du ciel, à chacun selon ces moyens.