Les diplômés canadiens s'en tirent moins bien que ceux des autres pays de l'OCDE

Le taux d’emploi chez les diplômés parmi les plus qualifiés au pays serait relativement peu élevé selon l’OCDE. <br />
Photo: Agence Reuters Sue Ogrocki Le taux d’emploi chez les diplômés parmi les plus qualifiés au pays serait relativement peu élevé selon l’OCDE.
Intitulé Regards sur l'Éducation 2011, ce document de référence, qui recense de multiples indicateurs en éducation pour comparer notamment la totalité ou quelques-uns des 34 pays de l'OCDE, mais aussi ceux du G20, démontre que le Canada possède la plus grande proportion de diplômés, se destinant à la recherche ou à l'exercice de professions exigeant un haut niveau de compétences comme la médecine, qui gagnent moins que le salaire médian (25 500 $ pour une personne seule en 2009, selon Statistique Canada). Voilà qui indique que les qualifications acquises et les besoins sur le marché du travail ne sont pas toujours bien arrimés, laisse entendre le rapport.

Et alors que la présence des grands diplômés universitaires sur le marché du travail est très élevée dans la majorité des pays de l'OCDE (88,6 % en moyenne), au Canada, environ 82 % des hommes de cette catégorie, âgés de 25 à 34 ans, travaillent. C'est le pire taux après celui de la Hongrie.

Les diplômés universitaires ont aussi tendance à travailler moins d'heures puisque 60 % d'entre eux sont employés à temps plein, contre 75 % en moyenne dans les autres pays de l'OCDE. Enfin, l'écart entre le salaire gagné par des diplômés universitaires canadiens et ceux qui ne le sont pas demeure plus grand chez les femmes que chez les hommes.

Le Canada excelle par contre dans le raccrochage scolaire à tous âges et possède une bonne filière professionnelle au niveau secondaire, note le rapport. Toutefois, en le comparant à celui des pays de l'OCDE qui détiennent une telle filière, le taux d'obtention du diplôme au Canada est inférieur à 30 %, à l'instar notamment de la Corée, de l'Estonie et du Mexique. Sur une note plus positive, le bilan de l'OCDE souligne que le Canada fait partie des pays à la main-d'oeuvre la plus qualifiée. Environ 50 % des travailleurs possèdent un diplôme universitaire, contre 30 % en moyenne dans les autres pays. Et cette proportion continue de croître. Chez les jeunes Canadiens âgés de 25 à 34 ans, 56 % sont diplômés de l'université, une part qui n'est supplantée que par les Coréens, qui sont 64 % à avoir au moins un tel diplôme.

Diplomation en hausse

«Dans l'hypothèse du maintien des taux d'obtention d'un diplôme à leur niveau actuel, 82 % des jeunes d'aujourd'hui devraient terminer avec succès leurs études secondaires au cours de leur vie, en moyenne, dans les pays de l'OCDE», souligne d'emblée le rapport.

Actuellement, dans 28 des 33 pays de l'OCDE à l'étude, 60 % au moins des individus âgés de 25 à 64 ans sont au moins diplômés du deuxième cycle de l'enseignement secondaire. Les filles sont toujours premières de classe: 73 % d'entre elles terminent avec succès et dans le délai imparti leurs études secondaires, contre 63 % de garçons. Il n'y a qu'en Suisse et en Allemagne que le taux d'obtention d'un diplôme d'études secondaires des filles est inférieur à celui des garçons.

Enfin, le pourcentage de diplômés universitaires a sensiblement augmenté au cours des 30 dernières années: il est de 37 % en moyenne chez les 25-34 ans et c'est en Corée, au Japon ainsi qu'au Canada qu'il est le plus élevé, avec plus de 50 % de jeunes adultes qui ont terminé avec succès une formation de ce niveau. Le rapport mentionne en outre que bien que le nombre de diplômés du doctorat demeure faible dans le monde, il n'a cessé de croître, à raison de 5 % par an depuis 2000.

Pour plus de détails sur les autres indicateurs (les droits de scolarité, le niveau de salaire des enseignants, les dépenses publiques en éducation, etc.), consultez notre site Internet www.ledevoir.com.
5 commentaires
  • grace - Inscrit 13 septembre 2011 09 h 56

    Enquêtes et questionnements

    À la lecture de cet article et à la lumière des actualités, il y a des exigences d'enquêtes et de questionnements sur les politiques d'emplois, les politiques de recrutement et de formation des entreprises, la valorisation de l'éducation ainsi que le besoin d'immigration massive.

    On entend fréquemment de perssonnes issues de la communauté d'affaire mentionnées qu'il n'y a pas assez de gens scolarisés. Nous apprenons dans cet article, ...

    le taux d'emploi chez les hommes et les salaires de ces diplômés parmi les plus qualifiés au pays seraient relativement peu élevés....

    Nous sommes donc en droit de se demander Pourquoi les entreprises ne recrutent pas auprès de ce bassin de personnes étant donné la pénurie de main d'oeuvre ?
    Pourquoi ne pas valorisé une main d'oeuvre formée et s'ayant spécialisée dans un domaine quelconque ?
    Poruquoi aller chercher des gens ailleurs dans le monde lorsqu'il y a tout de même des personnes dans le pays sans emploi ou en sous emploi?

    Outre le débat sur la supposée pénurie de main d'oeuvre, il y a également de salaire. En effet, les salaires n'ont pas été en hausse depuis des années, nos conditions de vies ne se sont pas améliorées et l'éducation n'est tout simplement pas valorisée par les employeurs, les syndicats, les gouvernements ?

    Par la suite , ces représentants des affaires, des universités, des syndicats, des gouvernements, etc. nous citent à profusion l'exemple et le miracle asiatique. L'article fait état de la scolarisation de cette partie du monde. Pourquoi ces mêmes représentants ne valorisent pas cette scolarisation ICI ?

    Bref un discours contradictoires de ces personnes si importantes dans notre société

  • Micheline Rochette - Abonnée 13 septembre 2011 12 h 49

    Un problème de définition

    Je suis persuadé que le pourcentage de diplômés universitaires au Canada est nettement inférieur à 50%, même chez les 25-34 ans. Ce que l'OCDE appelle un niveau de formation supérieur inclut la formation universitaire (l'enseignement tertiaire de type A) ainsi qu'un certain nombre de programmes offerts dans les collèges canadiens (l'enseignement tertiaire de type B). Je peux évidemment me tromper, mais il me semble que le guide du lecteur qui commence à la page 7 du document REGARDS SUR L’ÉDUCATION 2011 : PANORAMA, est assez clair à cet égard. Merci et bonne journée.

  • abelle - Inscrit 13 septembre 2011 15 h 13

    Tous diplômés!

    Effectivement le taux de diplomation n'est pas arrimé avec le marché de l'emploi. Au Canada, si vous parvenez à entrer à l'université, vous sortirez avec un diplôme, puisque vous payez (vous êtes un "client" )et que vous pouvez donc rester aussi longtemps que vous n'aurez pas obtenu de diplôme; même si cela doit vous prendre 8 années au lieu de 4! D'ou le taux de diplomation important, mais qui finalement ne signifie pas grand chose. En Europe, en France par exemple, vous êtes tenus de réussir votre 1er cycle (2 ans) à l'intérieur de 3 années. Sinon, c'est la porte! Et le système de notation étant beaucoup moins complaisant qu'ici. une grande partie des étudiants sortent sans diplôme. D'ou une comparaison biaisée.

  • asclepios - Abonné 13 septembre 2011 20 h 50

    Statistique oubliée

    100% des Canadiens n'exercent pas assez leur jugement lorsque mis en présence de statistiques de l'OCDE. Nous sommes libres de penser, fort bien, mais le sens critique ne doit pas être négligé. Les pays de l'OCDE sont-ils vraiment comparables sur les bases choisies par cet organisme? Existe-t-il d'autres chercheurs qui font des analyses comparatives de ce genre? Existe-t-il d'autres indicateurs plus probants? Comment ces indicateurs sont-ils utilisés?

    François Genest
    http://atenacite.blogspot.com
    @FGenest

  • Liliane - Inscrite 13 septembre 2011 22 h 54

    Lourdeur politique mise en cause

    La lourdeur des bottines conservatrices les porte à se traîner les pieds... en éducation comme en d'autres domaines... La recherche et la culture, ce ne sont pas des secteurs à leur donner des ailes.

    Il m'apparait d,autre part que ces études sont réalisées à partir de la population masculine seulement... drôle d'idée... Probablement pour des raisons de comparaisons mais en Occident, ça fausse le portrait...