Garderies multiethniques - Les enfants s'adaptent malgré leurs différences culturelles

Lorsqu’ils sont «forcés» de partager les mêmes jeux, les enfants semblent s’adapter à merveille.  <br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Lorsqu’ils sont «forcés» de partager les mêmes jeux, les enfants semblent s’adapter à merveille. 

Qui se ressemble s'assemble, mais qui ne se ressemble pas finit quand même par s'accorder, suggèrent les conclusions d'une étude du Département de psychologie de l'Université Concordia, menée dans une garderie multiculturelle auprès d'enfants québécois et asiatiques d'âge préscolaire.

Ayant fait l'objet d'un article publié ce printemps dans l'European Journal of Developmental Psychology, l'étude, signée par trois chercheuses de l'Université de Montréal et de Concordia, confirme certes ce que la littérature scientifique sur le sujet laissait déjà présager: les enfants d'une même origine ethnique ont une tendance naturelle à préférer jouer avec leurs petits camarades de la même appartenance ethnique. Par contre, lorsqu'ils sont «forcés» de partager les mêmes jeux, ils semblent s'adapter merveilleusement bien l'un à l'autre.

Entre eux, les petits Québécois parlent plus que les Asiatiques, qui ont plutôt tendance à collaborer tout en demeurant cois, a observé Nadine Girouard, agente de recherche au Centre de recherche en développement humain de l'Université Concordia, qui a fait ces analyses dans le cadre de son doctorat, il y a plus de dix ans. «Sauf que, en présence l'un de l'autre, ils vont s'adapter. L'enfant d'origine québécoise va moins parler et l'enfant asiatique, lui, va parler un peu plus», a constaté la chercheuse.

Elle salue d'ailleurs le modèle des garderies multiethniques qui offrent cette «possibilité d'ouverture à l'autre». «Ce que je trouve merveilleux dans mes résultats, c'est qu'ils permettent de montrer que, dès l'âge préscolaire, les enfants vont spontanément s'adapter au comportement de l'autre enfant pour jouer avec lui», a dit Mme Girouard.

Le fait que ces enfants choisissent d'emblée de jouer avec ceux qui sont de la même origine ethnique est normal, rappelle la chercheuse. «Ça peut être une question ethnique, mais aussi d'intérêt de jeux. Les petits Québécois jouent à d'autres jeux que ceux préférés par les petits Asiatiques», a-t-elle indiqué. Le même phénomène pourrait se produire chez des enfants d'autres appartenances ethniques et même entre les filles et les garçons. «On ne peut pas réduire cela à l'origine ethnique car, en dépit de cela, il y a les intérêts, a insisté Mme Girouard. On parle d'enfants âgés de 4 ans. Les notions de ségrégation et de racisme n'existent pas à cet âge-là, à moins d'avoir grandi dans une famille où le racisme est excessivement présent.»

Pour les besoins de l'étude, seuls les groupes d'enfants comptant au moins deux Asiatiques et deux Québécois qui fréquentaient la garderie depuis plus de trois mois ont été considérés et les «jumelages» ont été fait en séparant les garçons et les filles. Si ses observations datent — elles ont été réalisées durant les années 1990, alors qu'il y avait une recrudescence d'immigration asiatique —, Mme Girouard soutient qu'elles sont toujours parfaitement d'actualité.
2 commentaires
  • Jean-Pierre Proulx - Abonné 10 septembre 2011 13 h 14

    "...d'enfants québécois et asiatiques ", dites-vous!

    Chère madame Gervais,

    Voilà depuis longtemps que l'on veut considérer les enfants d'immigrants comme des Québécois.

    Les médias ne sont pas toujours attentifs à cela.

    Vous auriez pu écrire: "des Québécois d'origine asiatique et des Québécois d'origine canadienne-française" ou "de souche".

    C'est plus long, mais plus juste,

    Bien à vous,

    Jean-Pierre Proulx

  • Nelson - Inscrit 10 septembre 2011 16 h 50

    BIEN D'ACCORD M. PROUXL, POUR EN FINIR AVEC '' IMMIGRANT UN JOUR, IMMIGRANT TOUJOURS ''.

    Comment s'adapter, s'intégrer et devenir des cit6oyens à part entière, si nous sommes considérés différents ???????

    Le Ministère des ''Communautés culturelles'' DOIT ÊTRE ABOLIT.

    Une seule culture, celle de la société d'accueil.
    Les lois traduisent les valeurs de la société d'accueil , et les lois doivent être respectés par tous.

    Ceci-dit, il faut respecter la vitesse d'adaptation des immigrants...que ne sont pas des choses rapides, surtout pour les adultes et les ainées.