Injures et intimidation sont choses courantes chez les jeunes

Près des deux tiers des enfants sont victimes d'injures, d'intimidation ou d'agressions de façon modérée ou élevée, révèlent les données d'une enquête longitudinale de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ). Pire, cette «victimisation» subie par les enfants serait directement associée à un plus faible attachement à l'école, un des facteurs du décrochage scolaire.

Entre la maternelle et la deuxième année du primaire, un enfant sur dix serait la cible de plusieurs incidents répétés de la part d'enfants de son école (niveau élevé de «victimisation» [terme traduit de l'anglais et assumé par les chercheurs]). Un peu plus de la moitié (53 %) des élèves subiraient un niveau modéré d'intimidation, et quatre enfants sur dix ne seraient que peu ou pas embêtés par leurs petits camarades. Être un enfant «victimisé», c'est se faire crier des noms ou briser un jouet ou recevoir des coups de pied, par exemple.

«La tendance s'installe rapidement, dès la maternelle», constat Claudine Giguère, agente de recherche pour l'ISQ, qui effectue un doctorat sur le sujet. «L'hypothèse que l'on fait malheureusement, c'est que ça va se poursuivre avec les années. Déjà, c'est étonnant que ça se pose si tôt. Ça mérite d'être souligné, car ce que ça nous dit, c'est qu'il ne faut pas attendre au secondaire avant d'agir.»

Selon Mme Giguère, les enfants de l'étude sont trop jeunes pour qu'on puisse analyser leur rendement scolaire et établir une corrélation avec le niveau d'intimidation dont ils sont victimes. «Mais on a regardé l'attachement. Et on voit que les plus victimisés ne sont pas les plus attachés à l'école», dit-elle. Seulement 37 % des enfants hautement victimisés disent avoir un attachement élevé à l'école.

Selon la méthodologie, on a tenu compte des réponses aux questions qui ont été posées aux bambins, ce qui est plutôt rare, reconnaît Mme Giguère. Est-ce que le témoignage d'un enfant de cet âge est crédible? «En statistique, il y en a toujours qui répondent plus ou moins sérieusement, mais c'est calculé dans la marge d'erreur. On pense qu'elle n'est pas plus importante dans ce cas-ci», a indiqué la chercheuse. Les réponses recueillies des enfants seront néanmoins croisées avec celles de leurs parents et enseignants.

En outre, les données de l'Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (ELDEQ 1998-2010) démontrent que, sans établir de lien de cause à effet, les enfants qui sont davantage «corrigés» par leurs parents par des méthodes coercitives (punitions, remontrances physiques ou verbales, etc.) sont plus susceptibles de se retrouver dans la catégorie des enfants modérément ou hautement victimisés.
2 commentaires
  • France Marcotte - Abonnée 8 septembre 2011 15 h 14

    Et qui sont les petits bourreaux?

    On a un portrait assez précis des petites victimes...et peut-être aussi de leurs parents mais les petits bourreaux?
    Sont-ils dans l'ordre des choses? Comment sont leurs parents (sans établir de lien de cause à effet...), leur entourage?
    On parlait hier de la perte d'empathie, de l'insensibilité émotionnelle observées chez des étudiants... Pas de liens à faire ici?

  • Marc Lévesque - Inscrit 10 septembre 2011 14 h 34

    Les petits bourreaux

    reproduisent des comportements qu'ils ont apprit en observant les adultes, leurs parents, leurs frères et soeurs, le cinéma, les jeux, la télé --ça fait parti de notre culture en somme.

    C'est dysfonctionel comme comportement, mais on a tendence à vouloir en minimiser l'impact et à nier que ça peut contribuer à élever le niveau des violences physiques et psychologiques, des problème mentaux, et de suicides dans notre société.

    Q83256