Les étudiants promettent un automne mouvementé

Contre la hausse des droits de scolarité L’été n’aura pas réussi à atténuer la colère des étudiants à l’égard de la hausse annoncée des droits de scolarité. Après avoir campé toutes les fins de semaine de la belle saison devant les bureaux du ministère de l’Éducation, rue Fullum, à Montréal, les étudiants préparent la contre-attaque de la rentrée. Ils intensifient cette semaine leur camping militant (notre photo) où ils recevront la visite de personnalités des milieux syndical et politique, tout en promettant un automne chaud, ponctué d’actions militantes et de manifestations.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Contre la hausse des droits de scolarité L’été n’aura pas réussi à atténuer la colère des étudiants à l’égard de la hausse annoncée des droits de scolarité. Après avoir campé toutes les fins de semaine de la belle saison devant les bureaux du ministère de l’Éducation, rue Fullum, à Montréal, les étudiants préparent la contre-attaque de la rentrée. Ils intensifient cette semaine leur camping militant (notre photo) où ils recevront la visite de personnalités des milieux syndical et politique, tout en promettant un automne chaud, ponctué d’actions militantes et de manifestations.

Des personnalités des milieux syndical et politique sont venues donner leur appui hier au campement militant tenu par les étudiants en face des bureaux du ministère de l'Éducation à Montréal. Le président de la Centrale des Syndicats du Québec (CSQ), Réjean Parent, a appelé à une plus grande contribution du privé au financement des universités tandis que le président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Michel Arseneault, a invité le gouvernement à rouvrir le dialogue avec les étudiants sur la question des droits de scolarité. Le député de Nicolet-Yamaska, Jean-Martin Aussant, qui a récemment claqué la porte du Parti québécois, est également venu manifester son soutien à la cause.

À quelques jours de la rentrée scolaire, les étudiants sont toujours en mode contre-attaque. Ils n'ont toujours pas digéré le dernier budget du gouvernement Charest qui prévoit une hausse des droits de scolarité de 325 $ par année sur cinq ans. «On a une position assez claire: plafonner les droits de scolarité», rappelle Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). «La dernière fois qu'on a discuté, c'était lors de la rencontre des partenaires en décembre dernier. Ç'a été une grosse pièce de théâtre dans laquelle on avait essayé de nous faire avaler l'idée d'un consensus autour de la hausse. Ce dernier dialogue nous avait laissés un peu amers», a-t-elle ajouté en déplorant le manque d'ouverture de la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp.

Actions à venir

Le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, assure que les actions de protestation ne cesseront pas. «On va continuer d'informer les gens, on va annoncer avec plus de détails les différentes sorties publiques à notre congrès», a-t-il indiqué en faisant référence au rassemblement des deux fédérations étudiantes en fin de semaine. Une manifestation se préparerait pour le 10 novembre. «Cette semaine, on intensifie le campement devant les bureaux de la ministre et on augmente la pression pour montrer qu'on est prêts à remettre la machine en marche», a-t-il ajouté. D'autres appuis syndicaux et de partis politiques sont attendus dans le courant de la semaine.

Hugo Morin et Marc-Olivier Goulet ont fait partie du noyau dur de la dizaine d'étudiants qui ont tenu le fort tous les week-ends de l'été. Beau temps, mauvais temps, leur expérience de camping, faite de rencontres avec des curieux, de feux d'artifice et de toasts au beurre d'arachides leur laisse tout de même de bons souvenirs. «On a souvent l'impression que les mouvements sociaux, ceux qui tentent de proposer des solutions au gouvernement, s'essoufflent rapidement. En campant ici, on voulait montrer que les étudiants, même l'été alors qu'ils sont en vacances, ne lâcheront pas. On était là et on va rester là», a dit Hugo Morin, qui étudie en économie internationale à l'UQAM. «Je suis content de l'avoir fait», a insisté Marc-Olivier Goulet, étudiant au cégep d'Ahuntsic.

Gestion des universités

Martine Desjardins plaide plutôt pour une meilleure gestion des universités. «Combien d'argent on va devoir mettre dans notre réseau pour qu'il soit adéquat? On a posé la question et on se rend compte qu'aucune étude n'a été faite pour évaluer les besoins réels des universités», a-t-elle soutenu. Tout en appelant à une discussion collective qui pourrait prendre la forme d'États généraux, le président de la CSQ abonde en ce sens. «Actuellement, on a tendance à pointer du doigt les étudiants, alors que des grandes entreprises profitent abondamment des universités sans mettre leur juste part», a indiqué M. Parent.

Michel Arseneault, de la FTQ, privilégie pour sa part la bonne vieille méthode de la négociation et du dialogue. «Ce n'est pas en rencontrant les étudiants en ayant une attitude que tout est décidé d'avance que le gouvernement va créer un climat de confiance avec les étudiants», a-t-il noté.

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avec La Presse canadienne

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