Au primaire - Que faut-il avoir appris à la fin de la 6e année ?

Amélie Daoust-Boisvert Collaboration spéciale
Photo: Source Commission scolaire Eastern townships

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

À la fin de la 6e année, un enfant sait lire, écrire et compter. Un pas de géant pour un enfant en six ans, souligne Catherine Dupont, une maman de cinq enfants qui a été tour à tour enseignante et directrice d'école pendant 25 ans. Entretien avec celle qui est maintenant directrice des programmes au ministère de l'Éducation.

En regardant le primaire, «on a le sentiment que c'est la phase la plus facile, observe Catherine Dupont, avec qui Le Devoir s'est entretenu en juin dernier. Que ce n'est pas compliqué! Mais c'est peut-être au primaire que, comme être humain, j'apprends le plus de choses. Je passe d'un monde où tout est mélangé, où ce sont les sens qui perçoivent les choses uniquement, à un monde où on m'apprend à décoder ce qu'il y a autour de moi. L'enfant apprend à appréhender le monde autour de lui en apprenant qu'il y a des lorgnettes différentes, qu'on appelle des disciplines. C'est un pas énorme pour ce petit-là qui a toujours joué!»

Avant même de se demander si son enfant «en sait assez», le parent devrait prendre conscience de ce bond énorme, ce changement de paradigme qui s'opère en six ans à peine, avance Mme Dupont.

Un chemin qui le mène à savoir... lire, écrire et compter, bien sûr!

Lire


Du classique La petite maison dans la prairie aux romans d'aventures fantastiques des Chevaliers d'Émeraude, avant d'entrer au secondaire, un enfant peut déjà apprécier un roman jeunesse. Mais il peut également écouter un film, être attentif à une conférence ou assister à une pièce de théâtre. Comment ça s'écrit, «théâtre», demande-t-il? Et bien, il sait aussi chercher dans le dictionnaire!

«Quand on regarde nos grands-parents, plusieurs a-vaient un cours primaire. Beaucoup fonctionnent dans la société avec une 5e ou une 6e année. Il faut amener les enfants assez loin pour être capables de décoder ce qui est écrit autour d'eux», résume Catherine Dupont. Pour elle, on ne soulignera jamais assez que la lecture, «ce n'est pas juste quand je m'assois dans un coin à la bibliothèque avec un roman».

Elle conseille de présenter «de tout, des reportages, des courts romans, pour qu'il réalise que la lecture, c'est presque chaque heure que j'en ai besoin dans la vie. Maman m'envoie faire une commission, je dois pouvoir lire le nom de la boîte de céréales. Le rôle des parents, oui c'est de vérifier les devoirs, mais aussi de prolonger le scolaire, d'allumer l'enfant par rapport au scolaire. Être à l'affût de ce que l'enfant manifeste comme curiosité.»

Écrire

Écrire correctement et utiliser trois mille mots, voilà le défi que doivent relever les enfants avant leur 12e anniversaire. «C'est un gros bagage. Quand je dis que c'est un pas énorme !», s'exclame Catherine Dupont. Et non seulement le jeune élève doit connaître l'orthographe: n'oublions pas les règles de grammaire. «Il doit appliquer ses règles d'accord. Il apprend que la langue qu'il parle avec papa et maman est un système organisé. Qu'on ne met pas les mots dans n'importe quel ordre. Il doit apprendre à se corriger, à réviser.»

Une étape cruciale qui lui permet finalement de coucher ses idées sur papier et, ultimement, être compris par son interlocuteur.

Compter

Après trois mille mots... Un million de chiffres! «À la fin du primaire, un enfant sait compter jusqu'à un million, dit Catherine Dupont. Mais le jour où il a compris la question de la régularité, il peut compter à l'infini!» ajoute-t-elle en riant.

Additionner, soustraire: tant de choses à maîtriser et, bien sûr, les fameuses tables de multiplication et de division sont toujours de mise. Ce qui mène tranquillement l'enfant à la géométrie. «Il apprend les formes: pas la formule pour trouver l'aire, mais il comprend qu'un rectangle a un tour et une surface, il appréhende la géométrie par les sens. Il apprend les bases de la notion de mesure, le temps, l'espace, les longueurs.»

C'est aussi avant la fin du primaire que les enfants mènent leurs premières enquêtes: que ce soit pour trouver la proportion de blonds dans une classe ou comprendre la probabilité de tirer un «six» aux dés. «Il place les grands morceaux grâce auxquels au secondaire il va faire des apprentissages beaucoup plus difficiles. On essaie de leur faire comprendre que ça sert dans la vie de tous les jours.»

... et tout le reste

Après tout cela, il y a encore les sciences, les arts, l'histoire, la géographie et tant d'autres choses. Car le français et les maths ne suffisent pas pour comprendre le monde. Par exemple, dit Catherine Dupont, «c'est très important, la notion de passé en histoire, car pour un jeune enfant son grand-père et l'homme de Cro-Magnon, c'est à peu près du même niveau!»

«C'est pour ça qu'il y a plus que du français et des mathématiques, pour que ce soit un enfant épanoui comme être humain, en mesure d'appren-dre»... Toute sa vie!
3 commentaires
  • Carl-Dave Tremblay - Inscrit 13 août 2011 12 h 24

    Le but ultime des écoles..

    Le but ultime des écoles quant à moi, c'est de donner un savoir et une réflexion sur la vie qui nous entoure.
    On ne devrait pas attendre des élèves, surtout des jeunes élèves, une quantification précise sur leurs savoir, mais une qualité du savoir, aujourd'hui dans notre monde de performance, que se soit dans les jeux(écoles, sociale provinciale, national, mondial) on n'en attend à la performance et on se questionnent du pourquoi nos jeunes se drogues pour y arrivés gagnants.
    Dans les écoles c'est la même chose, avec les bulletins de performances, entres les écoles et les commissions scolaires et tout, performance, performance!!
    Pourquoi les jeunes en décrochent..je viens de vous en faire parts à l'instant!
    Écoutons-les, leurs actions nous en évoquent ce mal qui se poursuit sans cesse dans tout les domaines, même sur l'apparence mais, ça c'est un juxtaposer!
    On le sait, on le laisse faire, tout le monde le chuchote, sans le dire pour que ça arrête, assez la performance, allez pour la qualité!
    Les jeunes, même les plus vieux, veulent apprendrent mais, passivement sans se faire demander et corriger par des examens stressants, sur se qu'ils savent, aucuns réel besoins, ils décrochent, je décroche, on décrochent tous de ce faux stress de besoin de performance pour une société axée sur la production de travailleurs pour ces besoins capitalismes, en leurs fesant accroirent qu'à leurs retraite ils l'aurons belle et douce avec tout leurs temps pour leurs loisirs..Pff!
    Comme décrocheur de ce système de performance et travailleur dans une hopitale, je vois ce qu'est la retraite bien méritée..!
    Allez performez pour nous capitalistes des hautes sphères!

  • Marc-Antoine L. - Inscrit 18 août 2011 20 h 13

    @Carl-Dave Tremblay

    Je suis d'accord avec vous, sauf sur un point. Vous dites:"Les jeunes, même les plus vieux, veulent apprendrent mais, passivement sans se faire demander et corriger par des examens stressants, sur ce qu'ils savent...'' Le problème est que la plupart des personnes n'apprennent pas réelement en passant des examens, il apprennent par coeur et ils oublient.

  • Ezra - Inscrit 19 août 2011 15 h 50

    @Carl-Dave Tremblay

    Quand vous aurez maîtrisé les bases de l'orthographe française, je prendrai la peine de lire vos commentaires abscons jusqu'au bout.

    En attendant, vous feriez bien d'y retourner, à l'école...