Les cégeps de Montréal débordent

Québec devrait annoncer bientôt un budget spécial pour rajouter 500 places dans les cégeps de la grande région de Montréal.<br />
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Québec devrait annoncer bientôt un budget spécial pour rajouter 500 places dans les cégeps de la grande région de Montréal.

N'entre pas dans un cégep de Montréal qui veut. Comme par les années passées, plusieurs étudiants ont vu leur demande d'admission refusée, faute de place. Ils seraient environ 900 à chercher un plan B pour l'automne. Le ministère devrait annoncer sous peu un budget exceptionnel pour ajouter 500 places.

«Même si on ajoute 500 places, il reste 400 [jeunes] sur le carreau!», dénonce la vice-présidente de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec Micheline Thibodeau. «Les plus forts trouvent une place en premier. Mais tous les étudiants qui répondent aux critères d'admission devraient pouvoir trouver une place», renchérit-elle.

La hausse des demandes d'admission s'observe depuis quelques années. Elle est tout de même plus modeste en 2011 avec 2 %, alors qu'en 2010 5 % plus de personnes souhaitaient entrer au cégep.

Même si certains essuient un refus à cause d'un dossier scolaire trop faible, «il y a aussi des problèmes de places disponibles sur l'île. Les collèges sont passablement tous à pleine capacité», a expliqué le directeur général du Service régional d'admission du Montréal métropolitain, Gaétan Faucher à Radio-Canada.

Alors qu'un creux démographique fait craindre une baisse de la fréquentation des cégeps dans les prochaines années, les projets d'agrandissement permanents ne pleuvent pas. On parle davantage de juguler la crise par la location de salles, des réaménagements et l'installation de roulottes temporaires.

Cette stratégie pourrait s'avérer erronée, croit Mme Thibodeau. «Les prédictions, on ne se fie pas tellement à ça, ce n'est pas fiable. Il n'y a pas que le nombre d'étudiants au secondaire qui joue sur la fréquentation des cégeps, mais aussi la proportion qui souhaite continuer, l'arrivée d'étudiants de pays étrangers, les retours aux études. Il ne faut pas oublier tous les efforts sur la persévérance scolaire au secondaire!»

Le chemin du savoir se trouve peut-être en banlieue et en région pour les laissés-pour-compte de l'île: «Il n'y a pas vraiment [d'agrandissements] dans les cégeps de Montréal, mais dans les couronnes, oui», explique Mme Thibodeau. «On pourrait faire la promotion de programmes en région [qui ont davantage de difficulté à recruter], comme les techniques minières», ajoute-t-elle, tout en favorisant l'ajout de places dans la métropole. En attendant, il est toujours possible de se renseigner auprès de chaque établissement des places restantes dans des programmes moins populaires pour le quatrième et dernier tour d'admission et ainsi se faufiler à la rentrée de septembre 2011.
2 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 4 juillet 2011 11 h 52

    Une petite proposition

    Pourquoi ne pas encourager (financièrement) les étudiants montréalais à fréquenter un cégep en région? Cela permettrait tant de régler ce problème de fréquentation, d'aider à revitaliser les régions et à ouvrir nombre de Montréalais à la réalité du Québec hors-Montréal.

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 4 juillet 2011 15 h 34

    En région, très bonne idée

    Très bonne idée que d’encourager (financièrement) les étudiants montréalais à fréquenter un cégep en région. Cela leur ferait connaître le vrai Québec.

    De même, pour les immigrants ne ne connaissant pas le français, on devrait les inciter, sinon les forcer, à séjourner au moins trois mois dans une région majoritairement francophone du Québec, i.e. en région, par exemple en Beauce, en Mauricie, au Lac St-Jean, en Gaspésie, etc., pour y suivre des cours de français et y être en immersion française dans des familles ou des centres communautaires.

    Cette mesure aurait de grands avantages :
    1.- franciser les immigrants
    2.- leur faire connaître la culture québécoise
    3.- revitaliser les régions par l'activité académique et économique résultante
    4.- faciliter l'établissement des immigrants dans des régions qui disent manquer de main d'oeuvre, contrairement à la région métropolitaine où une large part des immigrants sont sans emploi.