Réussite des élèves - L'école privée est meilleure que l'école publique

On dit souvent que l'école privée a de meilleurs taux de réussite parce que celle-ci peut choisir parmi les meilleurs élèves. Or, une étude publiée récemment dans la revue scientifique américaine Economics of Education Review démontre qu'elle serait plus performante en soi, indépendamment de ce facteur de sélection. Deux chercheurs de l'École des sciences de la gestion de l'UQAM, Pierre Lefebvre et Philip Merrigan, ont étudié les résultats en mathématiques des élèves qui ont fait leur primaire dans le réseau public, mais qui sont ensuite passés au privé au secondaire. «Leur classement s'améliore de quatre à cinq rangs centiles, a indiqué M. Merrigan, précisant que c'est considérable. Il y a des études comparables aux États-Unis, mais l'amélioration n'est que de deux ou trois rangs centiles.»

Grâce à des données longitudinales de Statistique Canada, ils ont pu suivre les mêmes jeunes pendant tout leur parcours scolaire plutôt que de comparer, pour une année donnée, les résultats de deux populations d'élèves, au privé et au public. Cette méthode a permis de contourner le biais de la sélection.

Le chercheur ne nie toutefois pas que la sélection du privé rassemble les élèves les plus doués. Et que plusieurs facteurs, comme le niveau de revenu des parents, leur scolarité et leur intérêt pour la réussite de leurs enfants, peuvent également expliquer le plus grand succès d'un élève au privé. Mais ce sont là des éléments constants dans le temps. On peut donc conclure que si un élève améliore son résultat à un test de mathématiques rendu au secondaire, c'est que c'est l'école, en l'occurrence l'école privée, qui a ce je-ne-sais-quoi qui l'a rendu plus performant.

«C'est quand même très difficile de déterminer ce qui fait la différence. Il y a tellement de facteurs qui peuvent expliquer la réussite, comme le fait d'être entouré d'enfants qui en général performent mieux», a dit M. Merrigan. Au Québec, 20 % des élèves fréquentent les écoles privées.

Financer le privé

Ils savent le débat chaud, mais les deux chercheurs vont même jusqu'à dire que l'école privée doit être encouragée parce qu'elle contribue, par une saine compétition, à rehausser le niveau de certaines écoles publiques qui se dotent de projets pédagogiques particuliers (PPP). «Ultimement, c'est peut-être bénéfique pour les enfants du public, que la présence d'un large système privé tire vers le haut», a soutenu M. Merrigan.

Selon lui, il ne faudrait pas que le gouvernement cesse de subventionner les écoles privées. «Ça ne veut pas dire que tout doit être privé, mais la présence de ces écoles-là donne une chance aux enfants de la classe moyenne d'être dans un environnement différent d'une école publique et la chance de peut-être mieux performer», a-t-il noté. Il avance même l'hypothèse que l'école privée pourrait jouer un rôle plus grand dans la performance des garçons. Chez les filles, il semblerait que leur réussite ne fluctuerait pas autant selon le type d'établissement, privé ou public, qu'elles fréquentent.

La Fédération des syndicats de l'enseignement (FAE) vient tout juste de lancer une consultation auprès de ses membres pour connaître leur opinion sur les écoles qui ont des PPP, sous différents modèles. Ont-ils leur place à l'école publique? Devraient-ils sélectionner les élèves comme le fait le privé? Réponses à l'automne.
18 commentaires
  • Ginette Bertrand - Inscrite 13 mai 2011 05 h 00

    Ce je-ne-sais-quoi

    Ce je-ne-sais-quoi s'appelle discipline, effort, respect et rigueur. Comme disait l'autre, "ça prend pas la tête du Pont Pie-IX pour comprendre ça".

  • Chris G. Eustace - Abonné 13 mai 2011 06 h 21

    Réussite des élèves - L'école privée est meilleure que l'école publique

    May 13, 2011


    On the English front, this Le Devoir article: «Réussite des élèves - L'école privée est meilleure que l'école publique» is somewhat elaborated and explained by a question of an opinion piece in today's Gazette :

    It is written by the president of the Quebec English School Boards Association, and the 9 presidents of its member English school boards. ' It is titled:

    "Is the education ministry an ally of English school boards?"

    Right of the bat, I care a less whether the government is an "ally" of the English school boards.

    As a school taxpayer I appreciate the government creating laws such as Bill 100, which basically keeps an eye on money matters.

    I also care about Bill 88, which is a parent-friendly law that takes care of school-board governance and democracy.

    I believe it is laws such as these that are necessary to keep watch on these unnecessary institutions called school-boards. On the English side , they are a burden.

    Let's keep in mind as the article states : « Au Québec, 20 % des élèves fréquentent les écoles privées.»

    On the English side, a minimum of 14,000 students who are eligible for English schools have chosen to attend either French or private schools.

    If all schools were allowed to manage their own affairs, without school-board interference, I believe many regular public schools would match the success of private schools.


    Merci

    Chris Eustace

  • Jacques Tondreau - Abonné 13 mai 2011 06 h 53

    Una autre forme de marketing pour le privé?

    Je doute (et le mot est faible) que l'on puisse accorder de la valeur à cette enquête. Je ne vois pas en quoi une prise longitudinale de données vient contrecarrer l'effet sélection (explication s.v.p.). Le seul fait de mettre ensemble des jeunes qui ont été sélectionnés pour leurs performances scolaires engendre un climat de compétition qui peut pousser plusieurs de ces jeunes à se surpasser pour un moment, ce que confirme par ailleurs un des chercheurs: «C'est quand même très difficile de déterminer ce qui fait la différence. Il y a tellement de facteurs qui peuvent expliquer la réussite, comme le fait d'être entouré d'enfants qui en général performent mieux», a dit M. Merrigan.

    Par ailleurs, l'argument qui veut que la concurrence entre le privé et le public aurait un effet positif sur le public n'est pas avéré (voir l'étude de Desjardins, Lessard et Blais). Au contraire, cette concurrence pousse les écoles publiques dans une logique de différenciation profitable surtout aux élèves performants et laisse sur le carreau les élèves qui auraient le plus besoin d'aide.

    Et que penser de la position des chercheurs en faveur du financement public des écoles privées ? Est-ce que cela est une composante de la démarche scientifique ? Pour moi, ce type de recherche fait partie du "kit" publicitaire des tenants du financement public de l'école privée. Il serait de loin souhaitable au Québec de soulever la question de la responsabilité sociale des écoles privées, notamment dans la prise en charge des élèves avec des difficultés d'apprentissage ou de comportement.

  • Veronique D.D. - Inscrit 13 mai 2011 07 h 25

    École privé

    Certains ont des profs qui ont du doigté pour l'enseignement.

  • LDoucet - Inscrit 13 mai 2011 07 h 52

    À quoi doit-on la réussite des élèves?

    La réussite repose sur plusieurs facteurs intrinsèques et extrinsèques chez l'élève... Pour les facteurs intrinsèques, nous avons la motivation, l'intérêt, la passion, le goût du dépassement de soi, bref la confiance que je serai en réussite... Pour les facteurs extrinsèques, nous avons certes l'environnement (comparons physiquement nos écoles publiques et celles du privé, les installations pour stimuler les facteurs intrinsèques), regardons aussi les enseignants (tous les enseignants du privé ont un bacc. complété en enseignement et un permis d'enseigner...le public, nous avons eu 2,500 personnes qui sont venus à la rescousse du manque de prof en 2005, sans formation pédagogique et avec un permis provisoire)... Autre questionnement, pourquoi les Cs anglophones qui ont des classes inclusives réussissent mieux en décernant plus de diplômes plus que le secteur francophone... y aura-t-il une recherche qui pourrait relever ces conditions favorables?