Manifestation d'étudiants au colloque régional du Parti libéral du Québec - Les libéraux demeurent intraitables sur la hausse des droits de scolarité

Les policiers du Service de police de l’agglomération de Longueuil et de la Sûreté du Québec attendaient de pied ferme les manifestants. Ils n’ont pas eu à intervenir, car la manifestation s’est déroulée dans le calme. <br />
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Les policiers du Service de police de l’agglomération de Longueuil et de la Sûreté du Québec attendaient de pied ferme les manifestants. Ils n’ont pas eu à intervenir, car la manifestation s’est déroulée dans le calme.

Boucherville — Le gouvernement Charest s'est montré inflexible devant les revendications des quelque 200 étudiants collégiaux et universitaires qui ont manifesté devant l'hôtel Mortagne à Boucherville, hier, où se déroulait le quatrième colloque régional du Parti libéral du Québec.

Les manifestants étaient attendus de pied ferme par les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) et du Service de police de l'agglomération de Longueuil, qui avaient érigé des barrières métalliques afin d'éviter les débordements. Les forces de sécurité n'ont toutefois pas eu à intervenir puisque tout s'est déroulé dans le calme.

Des étudiants venus dénoncer les hausses des frais de scolarité annoncées en mars par le ministre des Finances, Raymond Bachand, ont scandé des slogans, chanté et brandi leurs pancartes dans une atmosphère plutôt bon enfant.

Dans son budget du 17 mars, le ministre Raymond Bachand, a annoncé des hausses des droits de scolarité de 325 $ par an, à compter de l'année scolaire 2012-2013 jusqu'en 2016-2017. Ces droits atteindront donc ultimement 3793 $ en 2016-2017, comparativement à 2168 $ en 2011-2012.

Les étudiants sont partis après avoir manifesté pendant un peu moins de deux heures. «On avait promis aux libéraux, lors du dépôt du budget, de les traquer, a-t-il plaidé. Aujourd'hui, on continue notre croisade et on augmente la pression. Ça fait plus d'un an qu'on discute avec le gouvernement Charest et qu'il ne nous écoute pas», a plaidé le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin.

Son homologue de la Fédération universitaire du Québec (FEUQ), Louis-Philippe Savoie, a assuré que les vacances estivales, qui arrivent à grands pas, ne refroidiraient pas leurs ardeurs. M. Savoie a affirmé qu'un campement pourrait être installé face aux bureaux de la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Line Beauchamp, d'ici aux prochaines semaines. Il a également évoqué la tenue d'une grande manifestation en marge du congrès libéral qui se tiendra au mois d'octobre.

«On va être présents partout pour dénoncer cette décision inacceptable et insensée [...] et c'est clair que la mobilisation va aller en s'accentuant si le gouvernement Charest ne recule pas sur sa décision de hausser les frais de scolarité», a prévenu M. Savoie.

La ministre Beauchamp leur a toutefois de nouveau adressé une fin de non-recevoir en faisant remarquer que le groupe présent hier représentait, en réalité, une frange marginale de la population étudiante. «On le voit ici, il y a une centaine d'étudiants, je pense qu'il faut aussi se dire qu'ils représentent un pôle du mouvement étudiant, mais on voit bien que les étudiants ne forment pas un groupe monolithique.»

«Le statu quo, ce n'est plus possible, a-t-elle tranché. Il faut bouger. C'est une décision prise, elle est dans le budget. La décision est prise et je pense que, même chez les étudiants, il y a un certain nombre d'étudiants qui comprennent bien cette décision-là.»

Jean Charest a également rappelé qu'un boursier québécois recevrait une compensation équivalente de bourses en vertu des mesures figurant dans le budget que le ministre des Finances, Raymond Bachand, a déposé le 17 mars. «Il ne paiera pas plus pour les frais de scolarité. La formule, on y a beaucoup réfléchi. Elle est juste, elle est bonne», a indiqué le premier ministre à l'issue de l'allocution qu'il a livrée devant des centaines de militants.

«On est toujours à l'écoute. La porte n'est jamais fermée [...], mais on a fait un choix qui a été mûrement réfléchi», a poursuivi le premier ministre.

Quelques minutes auparavant, lors de son discours, M. Charest avait de nouveau lancé un message au sujet de la reconstruction du pont Champlain. Une demande qui, espère-t-il, sera entendue par les chefs des partis fédéraux.

Le colloque d'hier, intitulé «Un Québec ouvert sur le monde» était le dernier d'une série de quatre rencontres régionales. L'objectif de ces colloques était de mettre la table en vue du 31e Congrès des membres du PLQ, qui aura lieu à Québec au mois d'octobre.
2 commentaires
  • bourgeoisgentilhomme - Inscrit 4 avril 2011 07 h 46

    Ils augmentent la pression.

    Je ne vois pas ce qu'il y a eu de différent entre ces quatre manifestations. Tout au plus deux cents étudiants qui se déplacent en majorité d'une ville à l'autre scandant les mêmes slogans. De la race de syndicats, ils en ont. Nous pouvons bien constater que la plupart des étudiants préfèrent les regarder de loin.

  • Yanic Belanger - Abonné 4 avril 2011 18 h 19

    @bourgeoisgentilomme

    Ce que vous devez comprendre, Monsieur, c'est que ces actions sont ponctuelles et organisées locallement. La distance et la fin de session approchant , la mobilisation rencontre quelques difficultée. Par contre, la pression augmente bel et bien et vous verrez, lorsque les étudiants québécois, de la Gaspésie à l'Outaouais, déclencheront leur grève généralle illimitée, que nous sommes très sérieux.

    Yanic Bélanger, Étudiant au Cégep du Vieux-Montréal