Hausse des droits de scolarité - 2000 étudiants ont pris d'assaut le centre-ville de Montréal

L’atmosphère était plutôt festive au départ de la manifestation étudiante, mais cela n’a pas empêché les policiers d’assurer une haute surveillance, à pied, à vélo, à cheval et en hélicoptère.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’atmosphère était plutôt festive au départ de la manifestation étudiante, mais cela n’a pas empêché les policiers d’assurer une haute surveillance, à pied, à vélo, à cheval et en hélicoptère.

«L'éducation est un droit», pouvait-on lire sur la bannière qui ouvrait la grande manifestation étudiante dans le centre-ville de Montréal hier qui s'est terminée par l'intervention de l'escouade tactique et quelques arrestations. Environ 2000 étudiants du cégep et de l'université ont répondu à l'appel de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), prenant les rues d'assaut et bloquant pour un moment le boulevard René-Lévesque dans les deux sens. Comme promis, ils protestaient contre la hausse des droits de scolarité du dernier budget Bachand, qui atteindront 3793 $ en 2016-2017 comparativement à 2168 $ aujourd'hui.

L'atmosphère était plutôt festive au départ, mais cela n'a pas empêché les policiers d'assurer une haute surveillance, à pied, à vélo, à cheval et en hélicoptère. À la fin de la marche, des policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont été dépêchés après qu'une vingtaine de manifestants se furent introduits dans l'édifice de Loto-Québec pour occuper les bureaux de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ).

Un avis d'éviction a contraint les étudiants à battre en retraite et à se disperser à l'extérieur. C'est là que des pétards ont retenti et que les agents du SPVM ont distribué des coups de matraque et lancé des bombes lacrymogènes dans la foule. Cinq arrestations ont été effectuées. «Il n'y a eu aucune violence de la part des étudiants. Ce n'était que de la désobéissance civile tout à fait passive», a souligné le porte-parole de l'ASSE, Gabriel Nadeau-Dubois.

Plus de 50 000 grévistes


Au total, plus de 50 000 étudiants avaient voté une journée de grève. M. Nadeau-Dubois s'est dit «inspiré» par tout l'appui reçu, y compris celui de la Coalition opposée à la tarification et la privatisation des services publics et des représentants enseignants de la CSN. Somme toute, les représentants non étudiants étaient peu nombreux. «On a prouvé que la contestation n'était pas morte au Québec, a-t-il lancé. Au contraire! On a 55 000 personnes pour contester les mesures d'austérité de Charest.»

D'autres petites actions spontanées sont à prévoir d'ici la fin de session, notamment ce dimanche au colloque du Parti libéral, à Boucherville. Un campement sera également érigé devant les bureaux de la ministre de l'Éducation, rue Fullum. «On veut maintenir la pression pour se préparer à la rentrée. On va attendre Charest de pied ferme», a assuré M. Nadeau-Dubois.
13 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 1 avril 2011 08 h 07

    Voter Ignatief

    Au lieu de gueuler et tout saccager , ils devraient comprendre qu'ils auront de meilleurs résultats en votant massivement libéral pour profiter de son plan pro-étudiant...

    Mais gageons qu'ils préféreront voter Bloc pour pouvoir continuer de contester...

  • Nicole Lamarre - Inscrit 1 avril 2011 08 h 47

    Contestation étudiante

    J'ai trouvé regrettable le comportement des policiers hier lors de cette manifestation. Ce que j'ai vu me laisse perplexe.

  • Mathieu Morin - Inscrit 1 avril 2011 09 h 06

    Contestation étudiante

    J'ai trouvé regrettable le comportement des étudiants hier lors de cette manifestation. Ce que j'ai vu me laisse perplexe.

    L'éducation ne doit pas être vu comme un droit mais un privilège. Je ne suis plus capable d'entendre ces enfants gâtés pleurer à la télé et sortir toujours les mêmes idées et phrases qu'ils ont lues ou entendues à l'université.

  • Montrealistement - Abonné 1 avril 2011 09 h 12

    tout ça pour ça?

    Pendant des heures hier, des centaines de milliers de montréalais ont subit le bruit assourdissant de ces hélicoptères pour 2 000 manifestants!
    On se serait cru en pleine guerre civile, en situation d'urgence, en alerte maximale.
    Pur délire de nos forces policières qui ne savent pas faire la différence entre une manifestation et une émeute.

  • Maudedd - Inscrit 1 avril 2011 09 h 43

    Un privilège pour qui?

    Merci aux étudiantEs de contester encore une fois pour cet affront du gouvernement libéral. C'est justement pour ne pas que l'éducation devienne un privilège pour certain qu'ils ont exercé leur droit de manifester.

    Pourquoi justement ne pas donner du crédit à ce qu'on apprend dans nos universités? Travailler parfois à temps plein, tout en étudiant pour sortir de l'université avec un taux d'endettement qu'on doit payer pendant 20 ans...Les enfants gâtés se sont ceux qui ont la chance d'étudier sans s'endetter et ils sont bien chanceux d'avoir ce privilège...