Commission scolaire English-Montreal (CSEM) - Le spectre de la fermeture hante une vingtaine d'écoles

Alors que la plupart des commissions scolaires francophones du Grand Montréal doivent jongler avec un surplus d'élèves, les anglophones sont, à l'inverse, aux prises avec une décroissance qui pourrait mener à la fermeture de plusieurs écoles. C'est le cas de la commission scolaire English-Montreal (CSEM), qui, lors d'un conseil des commissaires ce soir, devra décider s'il y aura consultation publique, ou non, pour sceller le sort d'une vingtaine d'écoles.

«Il n'y aura pas de fermetures d'annoncées», a assuré le porte-parole de la commission scolaire English-Montreal, Michael Cohen.

N'empêche, les 25 commissaires de la CSEM auront à déterminer par vote quelles écoles, parmi les 22 visées, feront l'objet d'une consultation publique qui mènera éventuellement à leur fermeture, à leur fusion avec un autre établissement ou carrément à leur déménagement. Les changements concernent des écoles partout sur le territoire de la CSEM, de LaSalle à Rosemont, en passant par Notre-Dame-de-Grâce et le Plateau-Mont-Royal (l'école Bancroft).

Déjà, les parents de certains établissements sont sur le pied d'alerte. Ceux de l'école Nesbitt, située dans Rosemont, se sont mobilisés en créant notamment un blogue et une pétition sur Internet qui a déjà amassé plus de 600 signatures. L'école, qui célèbre cette année ses 30 ans d'immersion française, accueille 422 élèves.

Les critères

Les écoles visées par les changements ont été choisies selon certains critères découlant d'orientations de gestion de la commission scolaire. Il fallait ainsi s'occuper notamment des écoles ayant moins de 200 élèves, celles ayant en leur sein deux programmes différents d'immersion en français (c'est le cas de l'école Nesbitt) et celles qui partagent des installations.

«La clé est la consolidation. On a trop de petites écoles et on a perdu beaucoup d'élèves. Depuis la création de la commission scolaire, on a fermé 15 écoles. Mais c'est sûr que ce sont des mesures d'économie», rappelle M. Cohen. À sa création en 1998, la CSEM comptait 25 000 élèves tous secteurs confondus. Ce nombre a augmenté à 27 000 avant de décroître année après année pour atteindre 21 000. On prévoit une baisse de 2500 élèves au cours des prochaines années.

«On pense que ces scénarios sont au bénéfice des enfants. Et les parents vont être consultés. Le processus n'est pas terminé», a-t-il ajouté.

Puisqu'il a un ordre du jour très chargé, il se pourrait que le conseil de ce soir se termine au cours d'une autre séance, le 5 avril prochain. Enfin, des mémoires pourront être déposés au sujet des écoles qui feront l'objet d'une consultation et des auditions publiques se tiendront dès décembre.

La commission scolaire Lester B. Pearson (CSLBP) a perdu 2300 élèves au cours des cinq dernières années et a été contrainte de procéder à plusieurs fermetures d'écoles, au terme d'un processus de consultation qui a duré plus d'un an.
36 commentaires
  • Chris G. Eustace - Abonné 30 mars 2011 04 h 13

    Save schools ! Scrap the QESBA and the CSBA ! $1,000,000 for classes

    March 30, 2011

    This Le Devoir article: «Commission scolaire English-Montreal (CSEM) - Le spectre de la fermeture hante une vingtaine d'écoles» makes mention of

    «La commission scolaire Lester B. Pearson (CSLBP) a perdu 2300 élèves au cours des cinq dernières années et a été contrainte de procéder à plusieurs fermetures d'écoles, au terme d'un processus de consultation qui a duré plus d'un an.»

    I have grandchildren who attend schools of both school boards : English Montreal School Board (EMSB) and the Lester B. Pearson School Board (LBPSB).

    Two of my grandchildren attend two schools of the EMSB that are listed as subjects for discussion - merge ? closure?...

    In time, this will be sorted out.

    Meanwhile, as this is being discussed at the EMSB, the LBPSB made plans at their webcast meeting, two days ago, for delegates to attend upcoming conferences of the Quebec English School Boards Association (QESBA) and the Canadian School Boards Association (CSBA).

    This is a digrace ! A bigger disgrace is that today is the deadline of the QESBA to receive applications for the position of a "Senior Policy Advisor" - or something like that.

    This position is to replace someone who is retiring. Can you imagine ?

    The English sector is losing students by the hundreds who are going to private or French schools. Yet, the QESBA is hiring...unbelievable!

    Now is the time for the EMSB and the LBPSB to drop their memberships to QESBA - and, by extension, the CSBA.

    The two associations do not have the interests of the taxpayer, the parent, or the student in mind - only their own. I have more confidence in the Quebec government than these organizations ...

    Let us reinvest the one million dollars ($1,000,000) and put it into our classrooms.

    Dump the QESBA and the CSBA - NOW!

    Merci,

    Chris Eustace

  • André Michaud - Inscrit 30 mars 2011 08 h 47

    Menace anglophone?

    Pour les paranoiaques de la langue, comment expliquer que de plus en plus iraient vers l'école anglaise, mais qu'il y a de moins en moins de gens dans les écoles anglaises?

  • Franfeluche - Abonné 30 mars 2011 09 h 49

    Comment expliquer

    Comment expliquer cette diminution d'élèves. Il y a sans doute plusieurs causes comme l'émigration dans d'autres provinces, le déplacement vers les banlieues,
    les inscriptions dans des écoles privées, la dénatalité et la loi 101.

    Je demeure toutefois un paranoïaque de la langue parce que le phénomène de l'anglicisation dans la grande région de Montréal, se manifeste au niveau de la langue parlée à la maison, de la langue du travail et des transferts au niveau des études supérieures. (Cegep et université)

  • Roland Berger - Inscrit 30 mars 2011 10 h 18

    Ça presse !

    Les Anglos et leur serviteur John Charest doivent transformer sans le moindre délai les passerelles vers les écoles anglaises qu'ils ont maintenues en véritables autoroutes pour remplir ces écoles dont le nombre d'élèves souffre d'une décroissance alarmante. Allons, Mme St-Pierre, remettez-vous au boulot. Les électeurs de votre parti s'impatientent.
    Roland Berger

  • Pierre-E. Paradis - Inscrit 30 mars 2011 10 h 51

    Ça compensera pour les cégeps

    Pendant ce temps, les cégeps anglophones comme Dawson sont remplis à pleine capacité et doivent refuser des étudiants. Cherchez l'erreur.

    Serait-il temps d'avoir un système scolaire unifié, avec 20 % de cours donnés en anglais ?

    Si les francophones pourraient probablement accepter cette idée, je ne crois pas que ce soit le cas de la communauté anglophone montréalaise, qui perçoit son réseau scolaire comme le dernier rempart de son identité.

    Le petit apartheid bien de chez nous a encore de beaux jours devant lui.