Université d'été - Une semaine pour revisiter le travail des femmes !

Valérie R. Carbonneau Collaboration spéciale
Hélène Lee-Gosselin, titulaire de la Chaire Claire-Bonenfant– Femmes, savoirs et sociétés, et Marie-France Labrecque, professeure associée au Département d’anthropologie
Photo: Colette Gendron Hélène Lee-Gosselin, titulaire de la Chaire Claire-Bonenfant– Femmes, savoirs et sociétés, et Marie-France Labrecque, professeure associée au Département d’anthropologie

Elles seront 25 à instruire les autres de leur expérienceLe neuvième colloque scientifique interdisciplinaire de l'Université féministe d'été (UFÉ) se tiendra à l'Université Laval du 22 au 28 mai. Organisé dans le cadre du DESS en études féministes de la Faculté des sciences sociales de l'université du même nom, de concert avec la direction générale de la formation continue, il sera l'occasion, cette fois, de revisiter le travail des femmes.

Chaque année, Renée Cloutier, professeure émérite au Département des fondements et pratiques en éducation, Hélène Lee-Gosselin, titulaire de la Chaire Claire-Bonenfant-Femmes, savoirs et sociétés et professeure titulaire au Département de management, Dominique Tanguay, doctorante en orientation, Évelyne Dubuc-Dumas, coordonnatrice et détentrice d'un DESS en études féministes et d'une maîtrise en science politique, et enfin Huguette Dagenais, professeure émérite au Département d'anthropologie de l'Université Laval et responsable de l'UFÉ, discourent pour donner titre et contenu spécifique au colloque de l'Université féministe d'été.

En 2010, le programme était orienté vers les femmes et le développement durable, en 2009, on a abordé la question des femmes et de la violence, tandis que la santé des femmes et les rapports des femmes avec l'argent et les inégalités économiques étaient au menu en 2008 et en 2007. Un thème qui varie chaque fois autour du féminisme, ce qui permet ainsi aux mêmes participants de s'inscrire d'une année à l'autre.

Si, pour certains, la bataille de l'équité est gagnée, «en particulier pour les pays riches du Nord», pour d'autres, elle stagne. Or le thème de l'activité annuelle de formation continue intensive, «Revisiter le travail des femmes», a été choisi cette année afin de mettre en lumière les analyses féministes relatives au travail et ainsi de réfléchir aux défis actuels et futurs pour les femmes et l'égalité.

La formule


Les colloques de l'UFÉ se font toujours selon la même formule intensive et allouent beaucoup de temps pour la discussion, d'admettre Huguette Dagenais, qui participe à l'organisation du colloque scientifique interdisciplinaire depuis le début, en 2003, où on a élaboré la formule pour la première fois, laquelle est devenue depuis la façon de faire.

Le colloque tend le micro à 25 conférencières provenant d'universités, de groupes de femmes et communautaires, du monde syndical et de la fonction publique. Spécialistes dans leurs domaine respectif, elles tirent leur origine de différentes régions, voire parfois de l'étranger.

Au même titre, la clientèle aussi est variée. Étudiants, professionnels, entrepreneurs, retraités, groupes de femmes et groupes communautaires, l'événement sera l'occasion, pour plus d'une centaine de personnes inscrites, d'échanger avec des spécialistes dans divers domaines, champs de spécialisation, disciplines et générations.

«Le colloque est l'occasion de passer une semaine complète ensemble, ce qui mène à beaucoup de discussions et de réseautages. C'est très convivial, il se forme ici des réseaux informels et les gens apprécient beaucoup ces contacts directs avec les spécialistes», explique Mme Dagenais.

Le travail des femmes

Pendant une semaine, un programme en dix séances de travail et un éventail d'activités en soirée au choix incluront dans chaque cas trois présentations données par trois spécialistes qui disposeront d'une demi-heure chacune pour parler de leur sujet respectif. Après une pause bien méritée, ce sera au tour de l'auditoire de prendre part aux discussions pendant une bonne heure. Une occasion pour le groupe d'échanger sur les différents sujets abordés.

Ouvriront d'ailleurs le bal, après la conférence d'ouverture en après-midi du 23 mai, Francine Descarries, sociologue féministe très connue, professeure au Département de sociologie de l'UQAM, membre fondatrice de l'Institut de recherches et d'études féministes de l'UQAM et coordonnatrice de la recherche à l'Institut de recherches et d'études féministes (IREF), qui viendra parler de l'apport théorique du féminisme au concept de travail et à l'avancement des connaissances dans le domaine; Sylvie Morel, professeure qui enseigne au Département des relations industrielles de l'Université Laval, qu'on pourra entendre sur les politiques publiques de l'emploi et la sécurité économique des femmes; et Marie-France Labrecque, anthropologue spécialiste du Mexique et professeure associée au Département d'anthropologie de l'Université Laval, qui s'exprimera sur la division internationale du travail.

Les difficultés rencontrées par certaines catégories de femmes dans leurs démarches d'accès au marché du travail, notamment les femmes autochtones en milieu urbain, le dossier de l'équité salariale et la conciliation travail-famille ou travail-études-famille que d'autres vivront à des moments-clés de leur vie figureront parmi les autres questions d'actualité abordées par les spécialistes.

Une séance sera aussi destinée à ce que le comité a nommé les «maux du travail», à savoir notamment si le harcèlement sexuel en milieu de travail est disparu, l'amour du métier, les impératifs esthétiques et la santé chez les danseuses, ainsi que les nouveaux modes de domination au travail et leurs conséquences sur l'autonomie des individus.

Et, pendant que certaines feront le point sur l'économie sociale, en relatant par exemple les gains réalisés grâce au féminisme et au mouvement syndical en matière de reconnaissance de la valeur du travail des femmes et de la discrimination systémique en emploi, d'autres seront dédiées à des stratégies novatrices développées par des femmes, entre autres en matière de transmission intergénérationnelle d'entreprises, d'autonomisation et de solidarité avec les personnes défavorisées. Tandis qu'une attention particulière sera aussi vouée aux travailleuses du Sud, surtout les jeunes filles et femmes, en s'appuyant sur des recherches effectuées au Niger, au Pérou et au Vietnam.

Un colloque à crédits

L'originalité, dira Mme Dagenais, c'est qu'on peut s'y inscrire comme à n'importe quel colloque, pour l'acquisition d'une formation continue ou par simple intérêt personnel ou professionnel, et ainsi obtenir une reconnaissance pour ce qu'on apprend sans aucun préalable. Toute personne intéressée à approfondir ses connaissances sur le sujet est donc la bienvenue.

D'une part, on obtient trois crédits de premier cycle ou de deuxième cycle selon un processus qui implique des évaluations et la remise de travaux, d'autre part, on reçoit une attestation officielle émise par la Direction générale de la formation continue sous forme d'unités de formation continue (UFC).

Depuis ses débuts, l'UFÉ, qui regroupe 25 conférenciers autour d'un même thème chaque année, a réuni à ce jour 925 spécialistes autour d'une question relative au mouvement féministe.

- Information, programme et inscription: www.fss.ulaval.ca/universitefeministedete.

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Collaboratrice du Devoir

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