150 camps certifiés au Québec - Des camps d'été pour tous les goûts

Assïa Kettani Collaboration spéciale
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Photo: Martine Larose, photographe / ACQ

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Camps d'équitation, de musique, d'astronomie, de théâtre ou de multimédia... Choisir un camp de jour ou de vacances pour la période estivale n'est plus laissé au hasard: les parents ont l'embarras du choix pour trouver la meilleure manière d'occuper leur progéniture pendant leurs deux mois de vacances d'été.

À côté des traditionnelles activités nautiques et de plein air qui ont fait les beaux jours de générations de jeunes campeurs, les programmations des camps évoluent depuis une vingtaine d'années vers des spécialisations de plus en plus pointues. La tendance est aujourd'hui bien ancrée, à tel point qu'au fil des ans toute la palette des activités s'est développée: arts visuels, danse, chant ou cirque pour les artistes en herbe, sciences naturelles ou océanographie pour les scientifiques, et escalade, rafting, canot en longue expédition ou vélo de montagne pour les plus sportifs.

Parmi les formules à succès, citons également les thématiques médiévales ou encore les camps anglophones, qui séduisent les parents francophones désireux de voir leurs enfants profiter de l'été tout en apprenant l'anglais.

«L'offre des camps de jour et de vacances est très diversifiée. Les programmes peuvent répondre aux goûts et aux attentes de tous les enfants et de tous les parents», avance Éric Beauchemin, directeur général de l'Association des camps certifiés du Québec (ACQ).

Un secteur encadré

Un secteur de plus en plus spécialisé, mais aussi de mieux en mieux encadré et organisé. À l'oeuvre depuis 50 ans, l'ACQ répertorie aujourd'hui 150 camps certifiés (camps de jour, camps de vacances et classes nature) que gèrent une centaine d'organismes. Chaque été, ce sont pas moins de 85 000 jeunes qui prennent le chemin d'un camp certifié au Québec, mais sur une base annuelle, en comptant les périodes du printemps et de l'automne dans le cadre scolaire, on peut ajouter à ce chiffre 200 000 autres jeunes qui mettent les pieds dans un camp.

Au fil des ans, l'association a poursuivi sa mission de certification des camps: «Nous donnons l'assurance aux parents et aux enfants que les programmes des camps respectent certaines exigences en matière de sécurité. Tous les camps sont visités et inspectés», affirme Éric Beauchemin. Pour obtenir la certification de l'ACQ, les camps doivent se conformer à une soixantaine de normes, qui concernent notamment l'encadrement (ratio moniteur-enfants), la sécurité, la formation du personnel, l'hygiène, les menus, l'entretien des bâtiments et des équipements et la qualité des programmes. «Nous demandons que les programmes des camps de vacances aient des objectifs clairs, des programmes d'apprentissage fondés sur des défis et des succès.»

Si les normes établies par l'ACQ demeurent les mêmes, les exigences en matière de sécurité évoluent progressivement: les nouvelles législations et les accidents entraînent de nouveaux impératifs. «Dans tous les secteurs, il y a une volonté accrue de contrôle, d'encadrement et de sécurité, que ce soit dans les CPE ou les écoles. Le secteur du loisir estival n'échappe pas à cette tendance. Il y a un mouvement de plus en plus fort pour favoriser la certification des camps.» En première ligne des préoccupations de l'ACQ, la formation du personnel est aujourd'hui cautionnée par un diplôme d'aptitudes aux fonctions d'animateur (DAFA), mis en place en 2008 par le Conseil québécois du loisir.

Structures s'accueil

Avec un personnel mieux formé, ces formules estivales se veulent accessibles au plus grand nombre: certains camps mettent ainsi en place des structures d'accueil pour des enfants atteints de déficiences et de problèmes de santé divers, que ce soit l'autisme, le diabète ou des troubles auditifs.

L'offre concernant ce type d'activités estivales évolue aussi en fonction des nouvelles tendances démographiques. C'est le cas notamment des formules qui s'adressent à la fois aux enfants et à leurs parents. «Il existe à l'heure actuelle une quarantaine de camps certifiés "Accueil de famille", précise Éric Beauchemin. Ce type de programme se développe de plus en plus, puisqu'il répond à l'évolution des ménages: il y a de plus en plus de parents qui travaillent tous les deux et de plus en plus de familles reconstituées. Les parents veulent profiter de l'été pour passer du temps avec leurs enfants et vivre une expérience familiale.»

Les familles peuvent ainsi s'adonner aux activités traditionnelles des camps de vacances — tir à l'arc, escalade ou activités nautiques comme le canot ou le pédalo — mais aussi aux formules plus novatrices — chasses au trésor avec GPS, activités artistiques et culturelles. Afin d'attirer une clientèle de plus en plus large, d'autres camps proposent également des programmes de soutien aux familles défavorisées et établissent le coût du séjour en fonction du revenu.

Expérience unique

Mais si les spécialisations se font de plus en plus nombreuses et en mettent plein la vue aux parents, l'expérience authentique du camp, elle, reste la même. C'est là, selon Éric Beauchemin, le rôle premier de ces camps d'été: «Nous prônons avant tout une expérience traditionnelle de touche-à-tout. Nous voulons offrir aux jeunes la possibilité de vivre une expérience qu'ils n'ont jamais vécue, une expérience unique, inédite. Les souvenirs des camps de vacances sont des souvenirs impérissables, qu'il s'agisse de la magie d'une soirée autour d'un feu de camp ou de la possibilité d'explorer le patrimoine naturel du Québec avec ses forêts, ses plages et ses lacs. C'est une expérience à laquelle les parents doivent convier leurs enfants au moins une fois dans leur vie.»

C'est également un apprentissage qui échappe au cadre scolaire. «Dans un camp de vacances, les jeunes jouissent d'une plus grande liberté qu'à l'école. Ils sont encadrés, mais sont aussi laissés à eux-mêmes: c'est un défi qu'on leur propose. C'est un autre type d'apprentissage, qui développe la sociabilité, le sens du leadership et de l'autonomie, ainsi que la confiance en soi, renchérit Éric Beauchemin. C'est une expérience marquante: essayer, c'est l'adopter!»

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Pour connaître la liste des camps certifiés et leurs activités: http://www.camps.qc.ca

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Collaboratrice du Devoir