L'École d'été en management de la création - HEC Montréal prépare les leaders à gérer un monde créatif

Claude Lafleur Collaboration spéciale
La troisième édition de l’École d’été se déroulera du 1er au 8 juillet à Montréal puis du 9 au 16 juillet à Barcelone.<br />
Photo: Agence Reuters Albert Gea La troisième édition de l’École d’été se déroulera du 1er au 8 juillet à Montréal puis du 9 au 16 juillet à Barcelone.

En 2010, la société IBM a publié une étude réalisée à partir d'entrevues menées auprès de 1400 p.-d.g. répartis à travers la planète. Cette étude a révélé que la compétence la plus recherchée chez les gestionnaires est leur capacité à diriger de façon créative leurs équipes dans un monde de plus en plus globalisé. HEC y voit!

Depuis 2009, HEC Montréal, en collaboration avec l'Université de Barcelone, offre justement un programme intensif en la matière: l'École d'été en management de la création dans la société de l'innovation. L'École a même l'ambition de faire de Montréal la plaque tournante du domaine.

«On sait que Montréal est une ville très créative, de même que Barcelone, relate Lucy Stojak, de HEC Montréal. Lorsqu'on considère Barcelone, on pense entre autres à la gastronomie et au design d'architecture, alors qu'à Montréal nous avons des secteurs industriels tels que les jeux vidéo, le multimédia, l'aéronautique...»

En conséquence, en 2008, HEC Montréal a fait venir une délégation de l'Université de Barcelone afin de discuter de créativité et de gestion. «On cherchait à obtenir des perspectives différentes», relate Mme Stojak. Cet événement a été un vif succès, au point de donner lieu à une édition spéciale de Management international sur les villes et démarches créatives dans différents secteurs. C'est ainsi que le directeur de HEC, Michel Patry, a eu l'idée de créer une école d'été de concert avec l'Université de Barcelone, raconte celle qui deviendra justement la directrice générale du programme.

La troisième édition de l'École d'été, qui se déroulera du 1er au 8 juillet à Montréal puis du 9 au 16 juillet à Barcelone, rassemblera une soixantaine de participants. Fait remarquable, un tiers de ceux-ci seront des gestionnaires d'entreprise et d'organisation, un autre tiers, des professeurs et chercheurs universitaires, et un dernier tiers, des étudiants de 2e ou 3e cycles.

Un programme en quatre «i»

«J'appelle cela un programme en quatre "i", lance avec enthousiasme Lucy Stojak: international, interdisciplinaire, interculturel et intergénérationnel. Voilà quelque chose qu'on ne retrouve nulle part ailleurs!»

L'École d'été se veut en effet internationale non seulement du fait qu'elle se déroule sur deux continents, mais surtout parce qu'elle rassemble des participants provenant, outre du Canada et de l'Espagne, de plusieurs pays européens et des États-Unis.

Il s'agit en outre d'un programme interdisciplinaire par la nature des enjeux qui y sont soulevés. «Notre conception de la créativité englobe des spécialistes de l'économie, des sciences et de la technologie, donc des secteurs qui n'ont pas toujours l'habitude de se parler, mais qui ont tous à gérer le transfert des compétences, des connaissances et des savoirs à l'intérieur de leur organisation, relate Mme Stojak. Tous ont à gérer des talents créatifs, de sorte que, en rassemblant des spécialistes de ces trois secteurs, on peut espérer qu'ils apprendront les uns des autres.»

L'École d'été se veut aussi un programme intergénérationnel, puisqu'on prend soin de recruter des gestionnaires, des professeurs et des étudiants. «On s'est rendu compte qu'une telle combinaison génère des retombées et des interactions vraiment différentes, puisque les participants ont des perspectives et un savoir fort différents, souligne la directrice du programme. Ce mélange apporte une richesse inouïe — un autre aspect novateur de notre programme.»

Enfin, il y a le caractère interculturel de l'École d'été, du fait de la provenance des participants. «L'an dernier, relate-t-elle, plus de dix pays étaient représentés... De plus, notre programme est interculturel du fait que les participants proviennent de la petite et de la grande entreprises, de diverses organisations gouvernementales, de différentes écoles et de centres de recherche, etc.»

«Vous comprendrez donc, poursuit-elle, que la langue des cours et des présentations est l'anglais... bien que les échanges qui se poursuivent dans les coulisses, autour de tapas et d'un verre de vin, soient souvent en français.»

Déjà des «retombées» notables

Étonnamment, Lucy Stojak rapporte que les deux premières éditions ont produit d'intéressantes «retombées». «L'un des participants à l'École 2009 nous a lancé une belle phrase: "Cela m'a permis de respirer pour pouvoir ensuite m'inspirer! C'est-à-dire de me détacher de mon quotidien, d'être stimulé et de réfléchir, pour ensuite m'inspirer dans tout ce que je fais."»

C'est ainsi que les deux semaines intenses consacrées à la gestion de la créativité donnent la possibilité de développer de nouveaux modèles d'affaires, d'apprendre les nouvelles pratiques et d'appliquer ces enseignements pour soi-même ou dans son travail. «On se rend compte que les participants sont très intéressés à apprendre comment fonctionnent les autres», relate la directrice du programme.

Elle laisse même filer que, pour HEC Montréal, l'École d'été représente un tremplin vers des projets plus vastes. «Durant l'année, raconte-t-elle, nous entretenons la dynamique en offrant, chaque mois, ce qu'on appelle des "5 à 8 créatifs", où on fait venir divers représentants pour nous parler de la gestion des talents créatifs. Cette plate-forme permet de se rencontrer entre personnes préoccupées par la gestion de la créativité.»

De surcroît, en novembre dernier, HEC a organisé une semaine d'ateliers sur la créativité à Strasbourg et espère renouveler l'activité ces prochains mois non seulement à Strasbourg, mais également à Liège, à Helsinki, au Brésil et même au Japon.

«En fait — et c'est très ambitieux — nous voudrions faire de Montréal la plaque tournante des connaissances dans le domaine de la gestion de la créativité!», dit-elle avec assurance.

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Collaborateur du Devoir