Québec, Barcelone ou Montréal?

Normand Thériault Collaboration spéciale
Camp de jour du Musée des beaux-arts de Montréal.<br />
Photo: MBAM Camp de jour du Musée des beaux-arts de Montréal.

Parlons-nous d'inscriptions et c'est déjà l'été: écoles et camps sollicitent déjà pour ainsi déposer une offre variée en programmes de formation. Si les plus âgés, à leurs frais et dépens, peuvent obtenir une formation de pointe, pour les plus jeunes, il est déjà venu ce moment où, neige ou pas neige, on fait connaître son souhait d'un lieu où passer l'été en nature, voire en terrain de culture. Bienvenue dans les écoles et camps pour un bel été 2011.

Si l'année 2011 est celle où l'Agence universitaire de la Francophonie soufflera ses 50 bougies, c'est aussi l'année d'un deuxième anniversaire quand à Québec, à la fin de mai, se tiendra, après l'expérience réussie en 2010, l'Université d'été de la Francophonie, une initiative conjointe où l'Université Laval et le campus Saint-Jean de l'Université de l'Alberta s'entendent pour donner en français une formation particulière où les cours seront aussi variés que l'est l'origine des participants.

Unique, une telle idée? Pas tant que cela, car la même université québécoise propose dès le début de ce mai la troisième édition de son école internationale d'été sur les terrorismes. Et cette session sera suivie d'une autre offrant une formation dense de sept jours, et ce, dès le 8 de ce mois-là, en offrant un volet consacré aux

Amériques: intégration, énergie, criminalité et environnement sont les thèmes inscrits au menu de cette formation pluridisciplinaire.

Et, dans ces trois cas, l'école d'été, ce n'est pas celle des vacances. Pour preuve, qu'il suffise de regarder le projet qui sous-tend l'initiative sur les terrorismes, qui se déroulera du 1er au 7 mai: l'événement est organisé en collaboration avec l'Équipe de recherche sur le terrorisme et l'antiterrorisme des Hautes Études internationales, la Chaire de recherche du Canada sur les conflits identitaires et le terrorisme ainsi que le programme Paix et sécurité internationales. Quant à la formation, elle aura pour thématique cette année le renseignement et la sécurité, et ce, de l'international au local.

On comprend, comme le signale Pauline Curien, responsable des communications de l'établissement québécois, que «ces écoles d'été s'adressent essentiellement aux étudiants des cycles supérieurs, donc maîtrise et doctorat, mais aussi aux professionnels, comme vous et moi, qui souhaitent approfondir leurs connaissances sur ces sujets et enrichir leur culture générale».

Créativité

Et Montréal n'est pas en reste. Car ceux et celles qui répondront à l'invitation de HEC et s'inscriront à l'école d'été Mosaic, s'ils peuvent croire qu'ils auront à suivre un programme plus

léger, même si ces 15 jours de formation se partageront entre Barcelone et Montréal, attention!, il faut leur dire: il y a émulation entre les 60 participants à venir de 10 pays et c'est la créativité qui donne à l'apprentissage son thème; visites d'entreprises, rencontres avec des gestionnaires et surtout contacts directs avec le milieu créatif en technologie, design, architecture, gastronomie et ainsi de suite, pour faire le tour de ce qui s'appellerait ailleurs la société des loisirs.

Ici, le temps des vacances est une occasion unique de se faire un réseau ou de s'inscrire dans ceux qui existent déjà. Tout cela parce que les responsables de HEC voient grand: «En fait, et c'est très ambitieux, rapporte Lucy Stojak, nous voudrions faire de Montréal la plaque tournante des connaissances dans le domaine de la gestion de la créativité!»

Sciences et nature

Toutes les universités n'en ont pas cependant que pour les «grands». Pourtant, elles savent aussi donner une formation qui sait allier apprentissage et vacances. Ainsi, si dans le passé un jeune avait répondu à l'invitation du Centre de recherche en géochimie et en géodynamique, le GEOTOP, il aurait eu cependant cette année une plus grande offre venant de l'UQAM. Oui!, le volcanisme est toujours sujet d'été, mais aussi les fossiles, les bactéries et les expériences chimiques. Quatre camps donc s'y tiendront à saveur scientifique, «dans de vrais laboratoires», mais le tout sans contrainte: ici, pas d'évaluation, et la piscine n'est jamais bien loin.

Et si à Montréal d'autres iront dans les musées, ailleurs au Québec qu'ils sachent que l'offre s'avère multiple et variée: sur ce seul territoire, ne retrouve-t-on pas plus de 150 camps «accrédités»? Et qui va hors frontières trouvera en Ontario un choix encore plus vaste.

Là, comme ici, on parlera d'immersion, s'il s'agit d'apprentissage de langues, de nature, quand l'activité physique est la matière première, et même de vie familiale: des camps offrent ainsi la cohabitation parent-enfant, ce qui s'explique par une augmentation en ces temps des familles monoparentales.

Sachant tout cela, il devient difficile de soutenir, parlant de formation, que l'été, c'est du temps perdu!