Cégeps 101 - Le PQ suggère d'appliquer la loi 101 aux établissements collégiaux

Le Parti québécois exhorte le gouvernement de Jean Charest à assujettir les établissements collégiaux à la Charte de la langue française afin de forcer les diplômés des écoles secondaires francophones à poursuivre leurs études en français.

Le député de Borduas, Pierre Curzi, suggère d'étendre les dispositions de la «loi 101» aux cégeps, même s'il affirme se faire «aucune illusion» sur la réplique de la ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française, Christine St-Pierre.

«J'espère que ça va être un engagement électoral», affirme-t-il, brandissant une étude s'inscrivant dans la foulée de celle de l'Institut de recherche sur le français en Amérique.

Cette dernière faisait notamment valoir que les demandes d'admission des francophones et des allophones aux cégeps de langue anglaise avaient bondi au fil des dernières années.

Un gouvernement du Parti québécois ferait barrage aux 3000 à 3500 étudiants francophones et allophones qui font, annuellement, le saut d'un établissement secondaire français à un collège de langue anglaise.

La «cristallisation de la langue» a lieu entre 17 et 20 ans, explique M. Curzi. «C'est là que ça se joue», lance-t-il.

Quelque 1500 finissants francophones prennent chaque année cette décision, soit 4,2 % des finissants francophones. La moitié des allophones ayant été «contraints» de mener leurs études primaires et secondaires dans la langue de Molière, c'est-à-dire également 1500 individus, font le même choix lorsque vient le temps de remplir leur demande d'admission à un cégep.

Une carrière en anglais

Le passage au collégial en anglais s'avère pour la majorité des francophones et des allophones à la fois un tremplin vers des études universitaires, puis une carrière... en anglais. «De ce passage résultent des effets anglicisants notables autant chez les allophones que chez les francophones, et cela, tant sur le plan de la langue d'usage privé que public. En somme, étudier en anglais, [c'est ensuite] travailler en anglais, consommer en anglais et entretenir un réseau social anglophone facilitent grandement l'anglicisation», soutient Pierre Curzi, qui déplore une régression spectaculaire du français dans le grand Montréal.

«C'est légitime de vouloir apprendre l'anglais. Il faut qu'on l'apprenne. Il faut que notre système francophone enseigne correctement l'anglais. [Mais] il faut apprendre toutes les langues dans notre culture, comme des francophones d'Amérique», affirme-t-il.

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière de Langue propose donc d'intensifier l'apprentissage de l'anglais dans les établissements scolaires francophones.

«Il y a une différence entre parler plusieurs langues et vivre dans une langue et une culture», explique-t-il.

Enfin, Pierre Curzi ne s'inquiète pas outre mesure du sort que réserveraient les tribunaux à l'application de la Charte de la langue française aux établissements collégiaux.
26 commentaires
  • François Ricard l'inconnu - Inscrit 25 janvier 2011 08 h 26

    Ou bien nous virons en français ou bien nous opterons pour l'assimilation

    Dans la vie d'un peuple, comme dans celle des personnes, il y a des décisions qui s'imposent.
    Si nous voulons que la culture francophone québécoise perdure en ce continent, nous devons prendre les moyens, parfois difficiles, d'assurer son épanouissement. La loi 101, dans son intégralité, appliquée aux CEGEP , est une nécessité. Autrement, nous deviendrons, à l'instar de nos cousins "cajun" de la Louisiane, des personnages de folklore.
    Je n'ai appris l'anglais qu'à dix-sept ans et l'espagnol beaucoup plus tard.Pourtant j'ai fait carrière en anglais. Sans problème.
    Mes deux enfants ont fréquenté CEGEP et universités francophones. Pourtant les deux fonctionnent fort bien en anglais. Mais ils ont une appartenance culturelle dont ils sont fiers: ils se déclarent québécois francophones. Et ils tiennent à cette culture.

  • Benoît Evans - Inscrit 25 janvier 2011 09 h 02

    UN système d'éducation publique

    Puisque je suis de langue maternelle anglaise, mon avis surprendrait peut-être...

    Il faut avoir un seul et unique système d'écoles, qui serait d'expression francaise. Toute autre école serait privé et NON subventionnée par l'État.

    Le gouvernement devrait inviter les autres communautés linguistiques de créer des organismes à qui le governement vendrait, pour la modique somme d'un dollar, TOUS équipements et édifices scolaires non francophones, qui viendrait donc des écoles privées payantes, auxquelles tout le monde aurait accès--rubis sur ongle.

    L'accès payé en tout ou en partie par l'État à un établissement d'éducation, peu importe son niveau, serait limité aux établissments entièrement publique et d'expression française.

  • André Michaud - Inscrit 25 janvier 2011 09 h 06

    Un vrai choix ?

    Quand les écoles francophones deviendront compétentes pour enseigner l'anglais il y aura moins de jeunes qui se dirigeront vers des CEGEP anglos. En attendant il faut leur laisser le choix entre l'incompétence et un vrai apprentissage de l'anglais..et non les obliger à l'unilinguisme et à la médiocrité.

    Les écoles franco ne sont même pas assez compétentes pour enseigner correctement le français. J'ai travaillé 35 ans au MELS et j'ai vu des milliers de copies de l'examen écrit de secondaire 5 et c'est AFFREUX! On les fait passer, en corrigeant "ultra lousse" pour éviter un taux d'échec astronomique. Mon père avec une 4i`année dans les années 1920 écrivait mieux son français que les jeunes de secondaire 5!!!

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 25 janvier 2011 10 h 41

    Un scamndale

    Il existe au Québec un scandale systémique et récurrent : alors que la population anglophone du Québec est de moins de 10 % de la population totale, les collèges et universités anglophones du Québec reçoivent 26 % des subventions gouvernementales. Ce qui revient à dire que les universités francophones ne reçoivent pas la juste part qu'elles devraient avoir. Le Québec finance lui-même son assimilation à l'anglais.


    Pour une question de justice envers la majorité, il est grand temps que le réseau d'enseignement anglophone au Québec ne soit subventionné qu'au prorata de la proportion de véritables anglophones au Québec, et ce à tous les niveaux : primaire, secondaire, et surtout aux niveaux collégial et universitaire.


    Le temps presse. Plus de 50% des allophones vont au cégep et à l’université en anglais, et commencent ainsi leur vie sociale et adulte en anglais : la meilleure recette pour qu’ils restent anglophones le reste de leurs jours! Alors, avec 55 000 nouveaux immigrants par année, proportionnellement plus que tout autre pays qui n’est même pas menacé de survie, la tendance est très inquiétante pour le peuple québécois.

    Va-t-on pour une fois s'interroger sur le degré de subvention des universités et des cégeps anglophones du Québec eu égard au poids démographique des vrais anglophones du Québec? Trois universités anglophones pour quel pourcentage de vrais anglophones?

    À quand une Commission d'enquête sur cette situation absurde?

    Ce n’est sûrement pas M. Charest qui va la mettre sur pied, lui qui reçoit l’appui quasi unanime (sinon rhodésien) des anglophones et des allophones anglicisés.

    Aux prochaines élections, il suffira d'un peu de cohésion chez les francophones pour envoyer M. Charest aux oubliettes, ou le retourner à Ottawa son pays.

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 25 janvier 2011 10 h 43

    Langue d'identification

    L'anglais langue de communication: oui.
    L'anglais langue d'identification: non.

    Bilingue, oui; biculturel, non.

    Le génocide culturel du peuple québécois francophone est en marche, gracieuseté du gouvernement libéral du Québec, et du laxisme bonnententiste des francophones.

    Plus de 50% des allophones vont au cégep et à l’université en anglais, et commencent ainsi leur vie sociale et adulte en anglais : la meilleure recette pour qu’ils restent anglophones le reste de leurs jours! Alors, avec 55 000 nouveaux immigrants par année, proportionnellement plus que tout autre pays qui n’est même pas menacé de survie, la tendance est très inquiétante pour le peuple québécois.