Université Concordia - Le sénat veut la tête du président du C.A.

Enseignants et étudiants ont réclamé hier la démission du président du C.A., Peter Kruyt (à gauche).<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Enseignants et étudiants ont réclamé hier la démission du président du C.A., Peter Kruyt (à gauche).

Quelles sont les vraies raisons du départ de la rectrice Woodsworth? Que fait-on avec les fonds publics de l'université? Les enseignants et les étudiants de l'Université Concordia ont exigé des réponses à leurs questions hier, lors d'une réunion du sénat, la plus haute instance de l'école, qui n'a toutefois pas de pouvoir sur le conseil d'administration.

Ils ont réclamé plus formellement la démission du président du C.A., Peter Kruyt, dans une motion qui a été votée à l'unanimité. Deux autres motions, l'une souhaitant la mise sur pied d'une commission de gouvernance et une autre voulant que soit revu le processus de nomination des membres du C.A., ont également été votées à l'unanimité.

Dans cette séance de défoulement tout à fait civilisée, professeurs, chargés de cours et étudiants ont exprimé leur ras-le-bol de la situation en demandant plus de transparence, d'éthique et de leadership à l'Université. Certains ont également exprimé leur dégoût d'une gestion trop corporatiste. «On a perdu notre direction, notre mission. Sommes-nous une entité corporatiste? On est bien plus que ça», a dit un enseignant à l'École de gestion John Molson.

Maria Peluso, du Département de sciences politiques, s'indigne du traitement réservé aux employés et de l'incompréhension dont ils sont victimes. «On est dans une situation où bon nombre d'employés sont ignorés. Ils ne sont même pas ici, au sénat. Ils sont sous-évalués. Et où est notre chef?», a-t-elle lancé. Elle rappelle que trop d'argent a été dépensé en primes de départ au lieu qu'il serve «à une mission académique.»

Le nouveau recteur par intérim, Frederick Lowy, a dit entendre leurs doléances et a leur offert toute sa collaboration. «Tout élément conflictuel doit être reconnu pour ce qu'il est et [le problème] doit être résolu, sans quoi il y aura de la frustration», a soutenu M. Lowy.

Motions de blâme au C.A.

Ce n'est pas la première fois que la démission des membres du C.A. est réclamée. En plus des associations étudiantes, divers départements, dont celui de sociologie et d'anthropologie, l'avaient réclamé dans des motions votées par leurs membres. Erik Chevrier, de l'Association étudiante des 2e et 3e cycles, a d'ailleurs introduit la séance en dénonçant l'absence de Peter Kruyt. «Son absence démontre qu'il ne s'est pas vraiment engagé à remédier à la situation», a-t-il souligné.

Plus tôt hier matin, au cours d'une conférence de presse visant à officialiser la nomination de M. Lowy comme recteur, M. Kruyt répondait à cette question. «Les dernières semaines ont été difficiles et j'ai pensé à laisser mon poste de président. Mais je ne suis pas de ceux qui s'enfuient loin des problèmes et je vais remplir mon mandat», avait-il déclaré.

M. Kruyt a également été interrogé sur le fait que 13 des 23 membres issus de la communauté siégeant au C.A. aient excédé la limite permise de deux mandats de trois ans, une situation dont il a dit qu'il discuterait.

En date du 20 janvier, pas moins de 20 motions de blâme pour les agissements du conseil des gouverneurs ont été votées par différents départements, facultés, et syndicats, selon une liste dressée par l'Association des professeurs de l'Université Concordia.
 
2 commentaires
  • VITRILLOLA - Inscrite 22 janvier 2011 08 h 21

    CONCORDIA DOIT DISPARAÎTRE

    Quoi qu'on en dise l'université Concordia est une université anglophone en trop dans le paysage québécois. Situé à deux coin de rue de l'université McGill, concordia ne sert qu'à siphonner les deniers publiques en plus d'anglisiser le centre-ville de montréal. À l'ère où les universités québécoises crient plutôt famine sous le poids de leurs dettes respectives et leurs subventions de plus en plus maigres, concordia doit être éliminé du réseau universitaire québécois. Cela dit, que le sénat veuille la tête du président du C.A. en dit long du pourquoi de l'existence de cette université au centre-ville de montréal et à deux coins de rues de McGill... que vient faire le sénat dans une institution universitaire du Québec ?

  • lecteur-attentif - Inscrit 23 janvier 2011 04 h 33

    CONCORDIA DOIT SE TENIR DEBOUT, ET MIEUX VAUDRAIT UNE BONNE TÊTE

    En tant qu'ancien étudiant de l'université Concordia, ce type de scandale intérieur m'agace au plus au point: on sait tous que le réseau universitaire manque de fonds, et on sait tous que le conseil d'administration de n'importe quelle université doit non seulement administrer impeccablement l'institution mais aussi se comporter de manière exemplaire envers tout le personnel.

    Ce scandale est d'autant plus honteux qu'il représente à la fois un ennui majeur pour toute l'université Concordia et une porte ouverte à toutes les calomnies. Les universités anglophones au cœur de Montréal ne portent pas atteinte à notre culture québécoise: elles en font partie! Elles nous permettent d'entrer en contact avec le reste du monde qui, n'en déplaise à certains, utilise comme langue commune l'anglais! Si l'on veut conserver une culture francophone forte au Québec, il faut tout d'abord démontrer sa fierté pour la langue française (ce qui ne nécessite peut-être pas de bien accorder les participes passés, Mme Vitriolla, mais sous-entend au moins de bien orthographier «angliciser»). Puis, ce qui est tout aussi important mais souvent oublié, il faut être capable de communiquer avec les autres cultures.

    Sans des institutions universitaires bilingues, notre culture s'appauvrit et se condamne ni plus ni moins à une consanguinité culturelle et académique. Réjouissante perspective. Et, sans une administration exemplaire, l'université Concordia court se cogner la tête dans le cadre de porte. Espérons au moins que ladite tête tombera et qu'une meilleure repoussera.