Concordia tente de calmer le jeu

Devant la tourmente qui secoue l'Université Concordia, le président du conseil d'administration a tenté hier de calmer les esprits sans toutefois apporter de précisions sur le départ prématuré de la rectrice.

Dans un message envoyé en soirée à la communauté de Concordia et publié aujourd'hui dans Le Devoir en page A 7, Peter Kruyt dit adhérer au principe de transparence, mais souligne également la nécessité de respecter la «confidentialité dans la conduite des affaires de l'Université».

Ainsi, M. Kruyt n'explique pas ce qu'il estime être la démission de la rectrice Judith Woodsworth, alors que la principale intéressée parle d'un congédiement. Il assure toutefois que l'Université prend au sérieux son rôle d'administrateur des deniers publics et que «Concordia dispose de solides assises financières».

M. Kruyt explique même que Concordia aspire à se hisser parmi les meilleures universités généralistes du Canada d'ici dix ans. «C'est donc dans ce contexte et à la suite de discussions en décembre avec les membres du Conseil que Mme Woodsworth a décidé de démissionner», affirme-t-il.

De son côté, la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) estime, dans un texte publié aujourd'hui dans Le Devoir en page A 6, que la situation soulève des questions sur l'éthique ainsi que sur la qualité de la gouvernance au sein de Concordia et, plus largement, dans les autres universités. «Le cas de Mme Woodsworth n'est en fait que la partie visible de l'iceberg d'un phénomène plus inquiétant: la dérive de nos universités où règne de plus en plus une concurrence malsaine entre les établissements.»

La FEUQ propose différentes mesures, dont un mandat d'enquête permanent au Vérificateur général du Québec. «Si les administrations universitaires relevaient de son champ de compétence, les Québécois disposeraient enfin de réponses claires et nettes sur la gestion des fonds publics», souligne l'organisation étudiante.

Frais et dépenses

Par ailleurs, l'Université a confirmé les révélations du Journal de Montréal selon lesquelles Mme Woodsworth bénéficiait d'une allocation automobile qui lui a permis de louer une voiture d'un concessionnaire siégeant au conseil d'administration. «Il n'y a pas de conflit d'intérêts», a affirmé la porte-parole de Concordia, Christine Mota.

Cette dernière a également reconnu que l'ancienne rectrice a voyagé aux frais de Bell pour assister aux Jeux olympiques de Vancouver. Bell a obtenu un important contrat de 900 000 $ dans les mois suivants. «Mme Woodsworth n'a pas été impliquée dans l'octroi de ce contrat», a précisé Mme Mota.

Quant aux dépenses de Bram Freedman, le recteur suppléant, pour l'achat d'un ordinateur et d'un téléphone à la maison, Mme Mota a assuré que «M. Freedman en a besoin pour ses fonctions puisqu'il travaille souvent chez lui en soirée et au cours des week-ends», a-t-elle dit.

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