Tests PISA en éducation - Le Québec a toujours la bosse des maths

Les élèves québécois sont moins bons qu'avant en lecture, mais ils demeurent toujours parmi les meilleurs des pays de l'OCDE en mathématiques. Ainsi, proclamé champion des maths en Occident (les États-Unis, le Royaume-Uni et la France sont loin derrière), le Québec occupe le 6e rang du classement, sur une soixantaine de pays ou d'économies-régions, tout juste derrière les élèves asiatiques de la Chine et de la Corée par exemple.

Et par rapport aux anglophones du Québec, ce sont les francophones qui se démarquent dans cette matière, parce que l'écart à la faveur de ces derniers est jugé statistiquement significatif.

Ce sont là quelques observations que permet de faire pour 2009 l'importante enquête PISA (l'acronyme en anglais pour Programme international pour le suivi des acquis), une étude menée tous les trois ans auprès de jeunes de 15 ans dans les 34 pays membres de l'OCDE et dans de nombreux pays partenaires et d'économies-régions. Les données sur les différentes provinces canadiennes ont été révélées hier.

L'enquête, qui a fait de l'évaluation des compétences en lecture sa priorité en 2009, tout en comparant les résultats avec ceux de 2000, révèle que les scores de lecture ont diminué de façon significative dans cinq des dix provinces canadiennes, soit à l'Île-du-Prince-Édouard, au Manitoba, au Québec, en Saskatchewan et en Alberta. Un examen par province démontre également que la proportion d'élèves très performants a diminué de 5 à 12 points de pourcentage dans sept des dix provinces, et le Québec en fait partie.

Mais il est bon de rappeler qu'en ne considérant que les résultats des classements de PISA 2009, le rendement des élèves dans toutes les provinces canadiennes (sauf l'Île-du-Prince-Édouard) est égal ou supérieur à la moyenne des pays de l'OCDE, même si sur le long terme il a diminué dans plusieurs provinces.

Fait intéressant, dans la plupart des provinces canadiennes, les élèves inscrits dans les systèmes scolaires linguistiques minoritaires affichent de moins bons résultats en lecture que les élèves dans les systèmes scolaires linguistiques majoritaires. On n'observe toutefois pas de différence significative au Québec et au Manitoba.

Sans grande surprise, les compétences des filles en lecture surpassent celles des garçons, et ce, dans toutes les provinces canadiennes ainsi que dans tous les pays participant à l'enquête PISA. Par contre, comme ce fut le cas par le passé, les garçons prennent leur revanche en mathématiques et en sciences, où ils excellent davantage que les filles.

Un deuxième rapport canadien comprenant des analyses plus détaillées des facteurs associés au rendement des élèves sera publié au début de 2011.
6 commentaires
  • Gilles Roy - Inscrit 8 décembre 2010 09 h 39

    Et pourquoi ne pas en avoir fait la une?

    Je suis surpris que cet article n'ait pas fait la une du matin. C'est que ce n'est pas rien, non? Les jeunes du renouveau pédagogique (c'est la première fois que Pisa rejoint cette cohorte d'élèves) ne s'en tirent pas si mal que cela, internationalement parlant. En mathématiques en tous les cas. Or comme les maths se situent au coeur de la mission d'instruction publique....

    Comme quoi la catastrophe annoncée par plusieurs ne se réalisera sans doute pas. Je connais des Cassandre qui ont dû avaler leur café de travers ce matin...

    Sans blague et au delà de la démagogie de coutume, notons que ces scores n'étonnent pas tant que cela, et prolongent plus qu'ils n'invalident ce que l'on savait déjà du domaine.

  • Bernard Terreault - Abonné 8 décembre 2010 10 h 56

    Cela confirme ce que je pensais

    Je n'avais aucun argument scientifique pour le prouver mais cela confirme ce dont j'avais l'intuition, sur la base de mon expérience personnelle lors de mes études (dans les années '40-50!). Ce ne sont pas les techniques d'enseignement qui font la réussite ce sont 1) les enseigants motivés, 2) "le climat général" qui règne dans la famille, l'école, et l'entourage de l'enfant. Par exemple, le niveau des maths se maintient parce que c'est valorisé dans les affaires et la technologie, mais le français se détériore parce que le français est de plus en plus vu comme une langue marginale et en déclin (comme la France qui en a perdu, au point de vue aussi bien culturel qu'économique, depuis l'époque de la reconstruction d'après guerre, puis des années De Gaulle.

  • Fr. Delplanque - Inscrit 9 décembre 2010 11 h 19

    PISA... ne prouve en rien le succès de la réforme

    Les tests PISA favorisent les pays qui instruisent leurs élèves pour réussir le test (ceux dont le taux de décrochage est grand aussi) et n'évaluent en rien les connaissances d'un enfant de 15 ans.


    Voir ce qu,en pense Nathalie Bulle :

    http://pouruneecolelibre.blogspot.com/2009/09/nath

  • Gilles Roy - Inscrit 9 décembre 2010 13 h 31

    Réponse à M. Deplanque

    Merci pour le texte du Nathalie Bulle. Le Débat est une excellente revue et l'article paie de mine. Causant article de bonne farine, celui de Dubet, Duru-Belolat et Vérétout est tout aussi stimulant. Voici l'hyperlien qui y renvoie : http://sociologie.revues.org/386

    Certes, les résultats de PISA 2009 ne prouvent pas les succès de la réforme. N'empêche qu'ils témoignent au moins en partie du fait que le désastre annoncé par plusieurs n'a pas eu lieu. En prendre acte importe, aussi.

    Votre lien entre Pisa et taux de décrochage m'a par ailleurs échappé. Vous pourriez, au delà de témoignages subjectifs (dont je n'ai cure), me refiler des textes de qualité qui s'y rapportent?

  • Fr. Delplanque - Inscrit 9 décembre 2010 23 h 52

    Décrochage

    Gilles Roy,

    C'est une simple question de bon sens, si les élèves ont décrochés et ne sont pas en classe quand a lieu le test PISA, ces élèves ne sont pas comptabilisés.

    Si le taux de décrochage est haut avant 16 ans, votre moyenne montera si les décrocheurs sont en moyenne moins bons aux tests scolaires comme PISA que ceux qui participent aux tests.

    Vous me direz on peut redresser l'échantillon, mais il faudrait voir comment et en fonction de quoi. Je ne sache pas que PISA prenne en compte le taux de décrochage avant 16 ans... S vous avez des informations à ce sujet, je suis preneuse. Comme d'ailleurs de toutes les formes de rectifications des résultats liés au fait que toutes les écoles ne font pas passer le test PISA mais seulement un échantillon. (En 2000, l'Allemagne a par exemple élargit le nombre d'écoles qui passaient les tests, cela a eu un impact sur les résultats PISA de l'Allemagne.)