Étudiants expulsés pour avoir distribué des tracts

L'Association générale étudiante du Collège de Bois-de-Boulogne (AGEBdeB) exhorte la direction de l'établissement à lever sans tarder la suspension temporaire de deux étudiants sanctionnés pour avoir distribué des tracts «non autorisés». Leur avocat, Julius Grey, a adressé, hier matin, une mise en demeure en ce sens au cégep sis dans l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville.

Sept étudiants ont été avisés, début novembre, que l'administration du collège de Bois-de-Boulogne songeait à les suspendre pour avoir, quelques jours auparavant, distribué des tracts dénonçant la volonté du gouvernement libéral d'augmenter les droits de scolarité au Québec et appelant à participer en grand nombre aux assemblées générales de l'association étudiante à l'occasion de Portes ouvertes. Cinq d'entre eux écoperont d'une «note à leur dossier».

Toutefois, le coordonnateur à l'appui aux luttes sociales de l'AGEBdeB, Keena Grégoire, ainsi que le coordonnateur aux affaires pédagogiques, Simon Robtaille-Brisson, qui avaient distribué des tracts du même genre à une autre occasion au cours des derniers mois, ont été expulsés, hier, pour une durée de cinq jours.

«[V]ous avez à nouveau perturbé le déroulement normal d'une activité du Collège en distribuant des tracts non autorisés et en soutenant auprès des futurs étudiants et leurs parents des propos pouvant compromettre leur décision de déposer une demande d'admission au Collège de Bois-de-Boulogne. Nous vous avions avisé dans les jours précédents que vous ne deviez pas perturber le déroulement normal de cette activité, laquelle constitue le principal outil de recrutement du Collège», a indiqué le directeur adjoint à la Direction des études et des services aux étudiants, Richard Laroche, dans une lettre envoyée à Keena Grégoire.

L'AGEBdeB, qui est appuyée dans cette affaire par la Ligue des droits et libertés, exige également que l'administration du cégep s'excuse publiquement auprès des étudiants mis en cause. «Nous avons l'impression que les membres de la direction agissent en petits dictateurs souhaitant contrôler le contenu de tous les messages véhiculés sur le terrain du Cégep», a affirmé le porte-parole de l'association étudiante, Alexandre Antaki. «L'administration utilise des moyens illégaux pour sanctionner des étudiants qui ont le droit de faire ce qu'ils font.»

La coordonnatrice aux communications du collège n'a pas rappelé Le Devoir.
22 commentaires
  • Michel Vallée - Inscrit 30 novembre 2010 08 h 30

    Mauvais signal

    Bravo aux étudiants et étudiantes qui défendent leurs droits et respectent leurs obligations.

    Quant aux autorités du CEGEP Bois-de-Boulogne, avouez que ce n'est pas très fort: suspendre des étudiants et étudiantes parce qu'ils défendent leurs droits, c'est vraiment le mauvais signal à donner. Il faudrait, au contraire, féliciter et encourager les étudiants et étudiantes qui ont le courage de défendre leur droit à une éducation accessible au plus grand nombre.

  • abcdefg - Inscrit 30 novembre 2010 11 h 41

    L'envers de la médaille

    C'est dommage que ces étudiants passent pour des héros. Car eux-mêmes, en tant qu'exécutants de leur association, agissent en tant que petits dictateurs.

    Premièrement, ils ont menacé à plusieurs reprises de couper le financement au journal étudiant du Collège s'ils continuaient à publier des articles qui critiquaient le conseil exécutif.

    Deuxièmement, ils ont eux-mêmes suspendu 2 étudiants de l'association étudiante qui avaient osé critiqué le "régime", en se basant sur des motifs aussi vaseux que ceux de la Direction du Collège dans ce cas-ci.

    Troisièmement, ces exécutants organisent sans cesse des activités à caractère politique en utilisant les fonds de l'association, et ce, sans qu'aucunes prévisions budgétaires finales n'aient été adoptées en assemblée générale.

    Et ça, c'est sans compter les multiples bâtons mis dans les roues des membres de l'association désirant avoir accès aux procès-verbaux, états financiers, et autres documents légaux de l'AGEBdeB, ainsi que les multiples assemblées générales tenues sans quorum en autant que celles-ci entérinaient les décisions prises à huis clos en conseil eéxcutif.

    Bref, ils sont loin d'être les petits martyrs qu'on peut penser. Au contraire, ils sont en train de jouer une game politique sans précédent avec l'administration du Collège et ce, aux frais des étudiants qui en ont rien à foutre de leurs jeux de coulisses.

  • Karel Stooke - Inscrit 30 novembre 2010 13 h 55

    Et ensuite?

    Ancienne étudiante du collège mentionné dans l'article, je n'ai pas peur de révéler mon nom.
    Merci à Michel Vallée pour son commentaire judicieux et à M. Anonyme (que je salut =] ) pour les spécifications.

    Cela dit, je voudrais apporter une nuance à ton point.
    Il ne s'agit pas ici d'un incident isolé. La direction du collège a adopter ce comportement et refuse de s'en défaire même après avoir dialogué avec eux. Si la poursuite judicaire est la seule façon pour l'association de leur faire comprendre que les droits les plus élémentaires des étudiants ne peuvent être bafoués impunément, alors poursuivons.
    Le comportement des membres du conseil exécutif de l’association sont peut-être similaire à celui de l’administration du Cégep, mais cela ne justifierait en rien de laisser les étudiants dans pareille situation. Menace, harcèlement, maintenant expulsion… qu’arrivera-t-il ensuite?
    Qu'est-ce qui te faut pour réagir?
    Si on ne peut pas discuter de façon honnête avec eux dans le cadre du cégep, alors nous le ferons avec un avocat et devant un juge.

  • abcdefg - Inscrit 30 novembre 2010 14 h 32

    Pas ce qu'on peut penser

    @ Karel

    Le problème avec le communiqué de presse et les articles qui ont suivi, c'est qu'évidemment, un seul côté de la médaille est présenté.

    Les pauvres martyrs n'allaient quand même pas mentionner que la Direction n'a pas interdit la distribution de tracts, mais leur a simplement demandé de limiter la distribution au Hall d'Entrée afin de ne pas perturber le déroulement des portes ouvertes. Ce qu'ils ont refusé de faire. Non seulement cela, mais des graffitis ont aussi été peints sur les murs lors de ladite journée.

    Bref, le communiqué a le don de les faire passer pour blanc comme neige (aucune surprise là), mais la Direction a réellement fait preuve de bonne foi.

    Et puis ils parlent de l'incident sur la Palestine, vieux de 2 ans, mais ils ne parlent pas du fait que la Direction leur a donné l'autorisation de tenir un campement durant une semaine complète, fermé le Café étudiant durant ladite semaine en plus de coucher dans des tentes dans le Café. Mais bon, comme la Direction du Collège est l'incarnation de Satan......

  • Antaki Alexandre - Inscrit 30 novembre 2010 16 h 00

    Rectifications

    je rectifierais les propos de abcdefg:

    les histoires de journaux étudiants, on passera, si la personne veut s'expliquer, elle viendra me voir.

    les suspensions de l'année passée faites par l'AGE, c'était pour harcèlement psychologique, sexuel et usurpation d'identité. reste a savoir si c'est aussi 'vaseux' que distribution de tracts. Pour débattre de cela, j'inviterai ladite personne à venir me voir, ce n'est pas l'objet de l'article.

    les activités politiques ont toutes été financées de manières officielles, en assemblée générale avec quorum. Pour débattre de cela, j'inviterai ladite personne à venir me voir, ce n'est pas l'objet de l'article.

    les procès verbaux sont publics et donnés à tous les membres qui en font la demande. Pour débattre de cela, j'inviterai ladite personne à venir me voir, ce n'est pas l'objet de l'article.

    la première proposition pour siéger dans le hall d'entrée demandait notamment qu'on ne parle pas de nos actions, de nos positions politiques et autres. Elle ne permettait que 2 étudiants dans le hall, qui devait rester derrière leur table. c'est un cadre très rigide qui empêche d'informer clairement les personnes présentes. Le deuxième proposition de l'administration permettait de parler de politique, mais obligeait quand même a n'être que 2 étudiants, derrière un stand.

    Que la direction permettent la tenue d'un campement, ca ne change rien au fait qu'ils ont brimés plusieurs libertés fondamentales à plusieurs moment: lors des 2 semaines de solidarité avec la Palestine, quand ils ont pris des étudiant-e-s en photos à plusieurs reprises et quand ils suspendent des étudiants pour avoir distribué du matériel d'information hors du terrain du Collège (sur le trottoir devant).

    Pour les graffitis, je ne suis pas au courant, le fait est que personne n'est accusé de vandalisme, et que ce n'est pas l'association étudiante qui as décidé de faire ces gestes, mais bien des individus dont on ne connai