Deux autres marmites recherchées pour le Garde-manger pour tous

Seulement 18% des écoliers du primaires de la CSDM bénéficient de l’aide alimentaire, alors que 48% d’entre eux y seraient admissibles.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Seulement 18% des écoliers du primaires de la CSDM bénéficient de l’aide alimentaire, alors que 48% d’entre eux y seraient admissibles.

Les cuisinières du Garde-manger pour tous s'agitent auprès de deux grandes marmites où mijote le repas qui sera distribué presque gratuitement à environ 3000 enfants ce midi. Le Garde-manger pour tous est un organisme communautaire qui produit des repas pour des enfants des écoles primaires de quartiers défavorisés de l'île de Montréal, de la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys et de la Commission scolaire de Montréal. Présentement, l'organisme est en campagne de financement. Non seulement pour distribuer ses 3000 repas quotidiens, mais pour, entre autres, ajouter deux autres grosses marmites et un gros lave-vaisselle à sa batterie de cuisine, qui lui permettraient de desservir quelque 2000 enfants de plus.

C'est que la demande pour ces repas du midi, pour lesquels les parents doivent débourser une somme symbolique d'environ 10 dollars par mois, ou de 50 sous par repas, va chaque année en s'accroissant. À titre d'exemple, au moment de sa fondation, il y a 25 ans, le Garde-manger pour tous distribuait environ 300 repas par jour.

Besoins à combler

À la Commission scolaire de Montréal, on calcule que 48 % des enfants des écoles de niveau primaire seraient admissibles à l'aide alimentaire, alors que seulement 18 % sont desservis par cette mesure, faute de budget. L'admissibilité à l'aide alimentaire est calculée à partir des données du ministère fédéral de la Santé et du Bien-être social. Pour une famille de trois, le revenu net ne doit pas dépasser 27 918 $ par année, pour une famille de quatre, ce seuil est de 34 829 $ par année, et pour une famille de cinq, de 39 600 $ par année.

«Pour l'instant, on dessert nos écoles des quartiers les plus pauvres», explique Claire Pelletier, responsable des services alimentaires à la CSDM. La commission scolaire fait d'ailleurs affaire pour cela avec 10 organismes communautaires différents. Les repas sont financés conjointement par le ministère de l'Éducation, par la commission scolaire et par les organismes communautaires.

Selon Ghislaine Théorêt, du Garde-manger pour tous, le petit travailleur est particulièrement touché par le contexte économique actuel, avec les chômeurs et les bénéficiaires de l'aide sociale, ce qui explique la hausse de la demande.

À l'occasion du 25e anniversaire du Garde-manger pour tous, l'ancien premier ministre du Québec Lucien Bouchard est devenu hier président d'honneur de l'organisme, et entend du même souffle prêter main-forte à la collecte de fonds.