L’histoire du Québec en voie de disparition au cégep

Carte de la Nouvelle-France<br />
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Carte de la Nouvelle-France

Un cours obligatoire d’histoire du Québec au cégep pour tous les étudiants: c’est ce que souhaite ardemment la Fondation Lionel-Groulx, qui déplore que cette matière occupe une place aussi marginale dans les études de niveau collégial.

Un rapport, rendu public aujourd’hui, sur la place de l’histoire générale et québécoise au collégial conclut au «quasi-effacement» de l’histoire du Québec dans les cégeps et au déclin de l’enseignement de l’histoire.

Intitulée «Je ne me souviens plus/L’état désastreux de l’enseignement de l’histoire nationale dans le réseau collégial du Québec», l’étude, de la Fondation Lionel-Groulx, révèle que 75% des jeunes québécois compléteront leurs études collégiales sans avoir eu un seul cours d’histoire. Parmi la faible proportion (23,7%) d’étudiants qui ont eu un cours d’histoire parce qu’ils ont choisi les sciences humaines, la plupart suivent le cours général «Histoire de la civilisation occidentale», et non celui qui porte sur le Québec. En 2008-2009, c’est moins de 5 % des étudiants qui ont suivi un cours d’histoire du Québec.

Au cours des 15 dernières années, l’histoire du Québec a occupé en moyenne 10% de l’offre totale des cours en histoire et elle a connu une régression depuis 2005 puisqu’elle ne représente que 8% des cours offerts. La Coalition sur l’histoire, dont fait partie la Fondation Lionel Groulx, s’inquiète également du déclin de l’enseignement de cette matière en concluant à un «véritable désastre éducatif national.» Par exemple, dans un gros cégep comme celui du Vieux-Montréal qui reçoit plus de 6300 étudiants de jour, on compte 411 enseignants, dont 62 de littérature et… cinq professeurs d’histoire.

Pour réaliser leur étude, les deux chercheurs, la candidate à la maîtrise en histoire Myriam D’Arcy et l’enseignant au cégep Gilles Laporte, récemment décoré du titre du Patriote de l’année, ont scruté les effectifs étudiants et leurs choix de matières dans 17 établissements collégiaux, qui, en proportion, représente le tiers du réseau des effectifs du réseau. Ils ont également envoyé des questionnaires à près de 300 enseignants dans les différents collèges du Québec entre mai et août 2010.
16 commentaires
  • maxime belley - Inscrit 24 novembre 2010 12 h 56

    bah

    de toute façon avec 50% de décrochage qui va aller au Cégep??

  • Horace Blunt - Inscrit 24 novembre 2010 13 h 12

    Bien d'accord

    Je suis entièrement d'accord. Je suis étudiant au cégep en sciences de la nature et je serais bien content d'avoir accès à un cours d'histoire et qu'il soit obligatoire pour tous. Pour ma part, mes connaissances de l'histoire du Québec sont très bonnes parce que mon fort intérêt politique m'a amené à découvrir ce qui s'était produit dans le passé pour arriver à ce que nous sommes aujourd'hui. Ce n'est clairement pas le cas des étudiants qui sont avec moi ! Certains ne font même pas la différence entre le gouvernement provincial et fédéral. J'ai du l'expliquer à quelques reprises !

    Le cours d'histoire doit remplacer un des 4 cours de littérature française. Trois cours seraient `à mon avis amplement suffisants pour faire passer l'essentiel des cours de littérature.

  • Michel Chayer - Inscrit 24 novembre 2010 15 h 15

    Autodafé

    Les Patriotes, un club de hockey

    Aujourd’hui, Jacques Cartier et Champlain sont réciproquement deux ponts sur lesquels circulent notamment des Pontiac et des Cadillac, tandis que Cavalier-Lasalle est une résidence pour vieillards.

    Par ailleurs, Marie-Victorin n’était à Longueuil pas autre chose qu’une avenue, puisqu’il y a plus d’une vingtaine d’années la municipalité l’a puérilement rebaptisée rue Bord-de-l’Eau sans que personne ne s’en formalise…

    J’ai trois ados à la maison qui fréquentent le secondaire, deux gars qui en arrachent et une fille qui accumule les mentions honorables… Je peux témoigner que l’Histoire du Canada -comme on appelait ça à l’époque- est une matière inexistante à l’école depuis des lustres au Québec.

    Ma fille, qui est en secondaire III et qui a une moyenne de 90% à l’école, ne connaît de Samuel de Champlain que ce qu’elle a daigné écouter quand sa mère et moi lui avons parlé de ce personnage-clef de la Nouvelle-France...

    Par contre, les insignifiantes aventures d’Harry Potter et consort sont connues et discuter dans le détail.

    Alors, pour ce qui est des documents historiques que le Québec a perdus, de la même façon que me le demandent mes enfants, ça donne quoi de lire des vieux livres alors que l’on peut en avoir des neufs (sic!), et ça donne quoi de garder dans sa bibliothèque des livres que l’on a déjà lus (sic!)…

    De fait, les générations qui viendront dans la Belle Province nous préparent un autodafé avec la chaleur duquel ils cuisineront les tartes aux pommes qu’ils auront appris à confectionner dans les cours de compétences transversales qui ont remplacé depuis longtemps les humanités scolaires.

  • Georges Hubert - Inscrit 24 novembre 2010 15 h 56

    Oui pour l'histoire obligatoire au cégep !

    Un peuple qui s'oublie est un peuple qui meurt !

    Vivement une cours obligatoire d'histoire du Québec au colégial !

    Les Québécois, les générations futures notamment, en ces temps troubles ont besoin de bousolle ... de voir d'où ils viennent et ce qui les a fait ce qu'ils sont ... avec leurs forces et faiblesses, les carences à palier.

    Ils doivent savoir ce qu'a apporté la civilisation précolombienne pour l'adaptation au milieu des populations venues d'Europe et des autres continents ! Et ce qu'a apporté la tradition européenne dans la confection des valeurs et des institutions.

    Ils ont aussi besoin que le Québec soit présenté dans une perspective historique qui les place dans l'espace ... relations avec le Canada, le continent, les Amériques et les racines européenens.

    C'est, je crois au niveau du Cégep que ces apprentissages peuvent être le plus profitables, car ils requièrent un niveau plus grand d'analyse et de synthèse !

  • Neige-Azur - Inscrit 24 novembre 2010 15 h 56

    L’histoire du Québec en voie de disparition au cégep

    Que reste-t-il d'un peuple qui a perdu la mémoire de son passé? Un peuple souffrant d’Alzheimer? Le pire est que ça ne semble pas déranger qui que ce soit. Comment comprendre le présent, les enjeux actuels de notre société, élire un gouvernement, envisager un avenir pour nos descendants et pour nous-mêmes quand on ignore comment l'histoire du Québec s'est bâtie jusqu'à aujourd'hui et pourquoi les choses se passent comme elles se passent? En plus d'être Alzheimer, nous sommes aveugles, parce que nous allons vers l'avenir à tâtons. Notre système d'éducation est dirigé par un pouvoir impérialiste qui n'a aucun intérêt à raconter son passé, passé trouble et aliénant. Vaut mieux jeter la poudre aux yeux aux étudiants en leur faisant miroiter des mirages paradisiaques pour qu'ils se leurrent que la société va bien, ce qui est bon pour la santé financière des banques et des entreprises. L'employé fidèle et soumis, l'électeur naïf, le consommateur compulsif n'ont pas à se poser des questions sur demain ni d'analyser leur présent par un retour en arrière pour être des bons sujets. Ils n'ont besoin que de connaître le présent, comme un cheval à qui on a mis des oeillères.