Étude de Statistique Canada - Le Québec, cancre du Canada pour le taux de diplomation

Après une avant-dernière position l'an dernier, Québec fait cette année figure du cancre des cancres avec le pire taux de diplomation de toutes les provinces canadiennes, révèle une étude de Statistique Canada.

En effet, pour l'année 2009-2010, 85,4 % des jeunes Québécois âgés de 20 à 24 ans sont diplômés, ce qui confère à la Belle Province le dernier rang. La Colombie-Britannique est bonne première avec un taux de diplomation de 92,7 %, suivie de Terre-Neuve-et-Labrador avec un taux de 92,5 %.

Pour le sociologue Michel Perron, professeur à l'Université du Québec à Chicoutimi et membre du comité de vigie sur la persévérance scolaire mis sur pied par le ministère de l'Éducation, se baser sur la catégorie d'âge des 20-24 ans pour établir des comparaisons entre provinces permet d'arriver à des résultats plus justes et équitables. «C'est intéressant, on peut comparer des pommes avec des pommes, mais il faut garder en tête que c'est une enquête avec des marges d'erreur», note-t-il. En regardant le taux de diplomation des jeunes âgés de moins de 20 ans, les Québécois tirent beaucoup mieux leur épingle du jeu que les autres provinces, là où les études secondaires s'étalent sur un plus grand nombre d'années.

Toutefois, l'étude de Statistique Canada, qui prend ses données de l'Enquête sur la population active, a comparé les taux de décrochage sur dix ans, arrivant à l'heureux constat qu'ils ont substantiellement baissé depuis l'année 1990-1991. Cette année-là, 16,6 % des jeunes Canadiens de 20 à 24 ans étaient sans diplôme d'études secondaires et n'étaient pas inscrits à l'école, mais dix ans plus tard, en 2010, ils ne sont plus que 8,5 %, soit une diminution de moitié.

Et même si le taux de décrochage était plus bas chez les jeunes femmes (6,6 %) que chez les jeunes hommes (10,3 %), il a globalement diminué chez les deux sexes dans toutes les provinces et a fléchi plus rapidement chez les hommes, ce qui au final, a diminué l'écart entre les sexes.

Et fait intéressant, Statistique Canada rapporte que «le taux de décrochage des jeunes adultes immigrants était plus faible que celui de leurs homologues nés au Canada». Il demeure plus élevé chez les jeunes autochtones, comparativement aux autres jeunes qui ne le sont pas.

«Quand on nous sert l'argument que le Québec est assez bon pour récupérer les jeunes, c'est vrai. Mais toutes les autres provinces font quand même mieux que nous. Ça nous remet en perspective», a-t-il dit. Selon lui, l'écart du taux de diplomation des 20-24 ans entre le Québec (85,4 %) et l'Ontario (91 %), deux provinces similaires souvent comparées, est grosso modo le même dans la catégorie des moins de 20 ans. «C'est le même écart qui se répercute plus tard», indique M. Perron. D'où, selon lui, l'importance d'agir en amont, ce qui se traduit par des initiatives du plan ministériel de la persévérance scolaire «L'école, j'y tiens», qui doivent être implantées dès le primaire, voire le préscolaire.

M. Perron croit qu'il faudra accorder une attention particulière aux milieux défavorisés, sans oublier les autres déterminants du décrochage comme, entre autres, la motivation et le milieu familial. Il n'y a qu'à voir que les provinces parmi les plus pauvres, comme l'Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick, ont de bons taux de diplomation, respectivement de 91,2 % et de 90,2 %.

À voir en vidéo