Projet de loi 94 sur les accommodements - Les commissions scolaires veulent un cadre pour les congés religieux

La Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) accueille favorablement le projet de loi 94, qui établit les balises encadrant les demandes d'accommodement dans l'administration gouvernementale et dans certains établissements. Mais elle émet toutefois le souhait qu'il soit modifié au chapitre de l'octroi des congés pour observance d'un rite religieux, a-t-elle rappelé hier dans le cadre de la consultation générale sur le projet de loi.

En clair, la FCSQ désire que la Loi sur les normes du travail soit modifiée afin qu'elle encadre la prise de ces congés pour les employés des écoles et les enseignants. Car, dans le milieu scolaire, il n'est pas facile de trouver une solution qui convienne à tous.

Par exemple, on ne peut demander, comme c'est le cas dans le milieu hospitalier, à un musulman qui veut un congé pour une fête religieuse de reprendre sa journée de travail à Noël, alors qu'il n'y a pas d'élèves. «Notre calendrier scolaire est établi en fonction des fêtes chrétiennes», rappelle Caroline Lemieux, attachée de presse à la FCSQ.

Ces congés pour l'observance de rites religieux créent, au final, une inégalité: certains employés en ont plus que d'autres, selon la religion qu'ils pratiquent. Pour l'heure, les solutions qu'ont tenté de mettre en place les commissions scolaires ont été déboutées par des arbitres de griefs.
19 commentaires
  • Francois - Inscrit 2 novembre 2010 08 h 11

    Ça ne fait que commencer les inégalités

    Il sera impossible de rendre toute le monde heureux et égaux. Ce sera le bordel et tout cela créera des frictions entre communautés et la gestion très compliqué. Vous allez voir pour le croire.

  • Sylvain Auclair - Abonné 2 novembre 2010 08 h 29

    Pas comme l'Égypte

    Les coptes ne sont pas des immigrants ou des nouveaux convertis.

  • Benoît Evans - Inscrit 2 novembre 2010 08 h 47

    Merci, Dr Ayoub

    Lire le premier commentaire, laissé par Dr Ayoub. Même en Égypte, malgré les frictions entre les trois communautés de foi Abrahamique, le calendrier scolaire ne pose pas problème. Ici, par contre, la majorité ne sait pas encore comment faire quand son voisin est « différent ».

  • Minona Léveillé - Inscrite 2 novembre 2010 09 h 06

    Système inéquitable

    Chaque citoyen peut bénéficier des congés fériés liés aux fêtes chrétiennes, même s'ils ne sont pas chrétiens ou n'ont aucune religion. Octroyer des congés fériés à certains citoyens ou élèves pour raisons de fêtes religieuses sans en faire bénéficier l'ensemble des citoyens ou des autres élèves sera forcément perçu comme un traitement de faveur et comme une source d'iniquité.

    Il est de plus en plus difficile pour les enseignants et jongler avec les fêtes, règles, jeûne et tabous religieux de tout un chacun et de construire un horaire qui ne brime personne. Le niveau de difficulté augmente lorsque des enseignants demandant eux-mêmes des accomodements.

    En outre, on ne peut jamais vraiment savoir quand une demande d'accomodement est réellement motivée par la piété, par le désir de s'isoler (ou d'isoler son enfant) le plus possible de la société d'accueil percue comme corruptrice ou tout bêtement pour pouvoir bénéficier de quelques congés supplémentaires?

    Qu'est-ce qui empêche une personne de prétendre s'être convertie à une religion ou même à plusieurs? Qu'est-ce qui empêche une personne athée, à laquelle on attribue automatiquement la religion de ses parents, de prétendre être animée d'un sentiment religieux en faisant une demande de congé?

  • Marilyne Léveillé - Inscrite 2 novembre 2010 09 h 30

    Bravo!

    Il y a eu tellement de vacarmes au sujet d'employés qui prenaient des congés pour ses fêtes religieuses! Je suis contente d'apprendre que la FCSQ tente de trouver une solution pour tous!

    De plus, je sais que plusieurs professeurs prennent en considération le nombre de musulmans en classe pour choisir la date de leur examen, lorsque c'est la période de Ramadan ou de l'Aid puisque les enfants sont, soit moins attentifs (ambiance de fête et jeûne), soit absents (l'Aid, leur "Noël" à eux!).

    Peut-on les blâmer de retirer leurs enfants une journée pour cette fête? J'en ferai autant le jour de Noël si j'habitais ailleurs.

    Dans tous les cas, il me semble que la solution est très facile à appliquer. Il y a tellement de congés scolaires, congés pédagogiques, congés autres, facilement déplaçables. Pourquoi ne pas en mettre un alors pour les jours fériés importants du calendrier musulman? Ainsi, les musulmans bénéficient des congés catholiques et les catholiques bénéficient des congés musulmans!