Maîtrise en écologie internationale - Sherbrooke s'allie avec El Colegio de la Frontera Sur

Les programmes d’écologie internationale donnés par l’Université de Sherbrooke sont actuellement les seuls au Canada qui forment des écologistes professionnels possédant des connaissances sur les grands écosystèmes du monde.<br />
Photo: Source Université de Sherbrooke Les programmes d’écologie internationale donnés par l’Université de Sherbrooke sont actuellement les seuls au Canada qui forment des écologistes professionnels possédant des connaissances sur les grands écosystèmes du monde.

L'automne prochain, l'Université de Sherbrooke offrira une double diplomation en écologie internationale, en collaboration avec le Mexique. «L'expérience que les étudiants acquerront à l'étranger leur sera vraiment très utile dans le cadre de leur formation et, par la suite, lorsqu'ils arriveront sur le marché du travail», estime Caroline Cloutier, coordonnatrice en écologie internationale au Département de biologie de l'Université de Sherbrooke.

La nouvelle formation en biologie devrait regrouper trente étudiants — quinze du Québec et quinze du Mexique — qui réaliseront ensemble des stages ici et en Amérique centrale. Au terme de cinq semestres de formation, ceux-ci recevront un double diplôme décerné par l'Université de Sherbrooke et par El Colegio de la Frontera Sur (ECOSUR), un centre de recherche spécialisé en écologie de terrain à San Cristobal de Las Casas, dans l'État du Chiapas.

Cinq semestres de formation

L'idée d'une telle formation découle du fait que, depuis une douzaine d'années déjà, l'Université de Sherbrooke offre des stages à ses étudiants de premier cycle. «Depuis 1997, il existe chez nous un organisme à but non lucratif qui s'appelle Écologie sans frontières et qui a été créé par des gens d'ici, afin d'envoyer chaque année des étudiants du baccalauréat faire des stages en groupe à l'étranger, explique Mme Cloutier. Ces étudiants vivent ainsi une formidable expérience de groupe.»

Il y a deux ans, la professeure à l'origine de cet organisme a proposé la mise sur pied d'un programme de maîtrise. «Notre département de biologie a décidé de créer un tel programme de maîtrise, compte tenu de la popularité des activités du programme d'Écologie sans frontières», poursuit-elle.

C'est ainsi que, à partir d'août prochain, la trentaine d'étudiants suivront des cours sur les grands écosystèmes de la planète, sur la gestion de projet, sur les grandes organisations internationales spécialisées dans la gestion des écosystèmes, etc.

En outre, dès le début de cette formation, chaque étudiant devra choisir, parmi un ensemble d'offres de stage, celui qu'il réalisera à l'étranger. «Il s'agira d'un stage de six mois, un projet individuel réalisé sous la supervision de l'un de nos partenaires là-bas», précise Mme Cloutier.

Le fait de choisir un projet au commencement du programme de maîtrise permettra à chaque étudiant de disposer des deux premières sessions de formation pour approfondir les notions en écologie fondamentale et appliquée qui lui seront ensuite pertinentes pour réaliser son projet.

Entre-temps, lors du semestre d'hiver, tous les étudiants se rendront au Mexique. «Là-bas, rapporte la coordonnatrice du programme, ils suivront des cours de terrain portant sur les grands écosystèmes. L'ECOSUR est un centre de recherche qui ne forme que des étudiants au deuxième ou troisième cycles. Durant trois semaines, les étudiants vont également faire la tournée des sites écologiques, rencontrer ceux et celles qui travaillent en conservation et en gestion des ressources naturelles, etc.»

Ce programme de maîtrise en écologie internationale s'étend sur cinq sessions

— sur presque deux ans, donc — puisque, à la suite du stage, chaque étudiant devra rédiger un essai et faire la démonstration de ses capacités à analyser de façon critique un enjeu de l'heure en écologie internationale.

Succès annoncé

La première cohorte d'étudiants amorcera sa formation l'automne prochain. «Nous sommes présentement en recrutement, rapporte Mme Cloutier. Nous recrutons quinze étudiants de chaque côté.»

En fait, la sélection des étudiants mexicains est déjà complétée. «On a même été obligé d'en refuser quelques-uns, le programme s'avérant très populaire», annonce avec satisfaction la coordonnatrice. Cette sélection a été achevée avant celle des étudiants québécois, puisque les Mexicains devront séjourner au Québec dès le printemps prochain afin de suivre une session intensive d'apprentissage du français durant tout l'été.

Quant aux étudiants québécois, le recrutement est en cours et sept d'entre eux ont déjà été retenus. «Il y a donc de bonnes chances que, de notre coté aussi, nous atteignions le nombre de 15 étudiants», remarque Caroline Cloutier.

Notons que l'une des conditions préalables rattachées à la participation à ce programme de maîtrise est de posséder une connaissance de base de l'espagnol. «Nous offrirons ensuite à nos étudiants un cours d'espagnol accéléré, en partenariat avec notre centre de langues, indique Mme Cloutier. Notre objectif est de les rendre capables de suivre des cours en espagnol puis de suivre un stage au Mexique ou dans un autre pays partenaire.»

Outre les connaissances pratiques ayant trait à une diversité de systèmes écologiques, un tel programme vise à développer, chez chaque participant, ses capacités à s'intégrer dans une nouvelle culture. Incidemment, rapporte Caroline Cloutier, les programmes d'écologie internationale donnés par l'Université de Sherbrooke sont actuellement les seuls au Canada qui forment des écologistes professionnels possédant des connaissances sur les grands écosystèmes du monde et qui procurent une expérience concrète du travail à l'étranger.

«Nos étudiants réaliseront ainsi un programme de 45 crédits qui donnera lieu à une reconnaissance binationale pour une formation en écologie internationale, indique Caroline Cloutier. Voilà qui leur ouvrira les portes du monde!»

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Collaborateur du Devoir