Laval - Ils et elles seront « docteurs », mais en sciences infirmières...

Le nouveau pavillon Ferdinand-Vandry de l’Université Laval est un vaste complexe intégré de formation en sciences de la santé qui accueille aussi les sciences infirmières.<br />
Photo: Université Laval / Marc Robitaille Le nouveau pavillon Ferdinand-Vandry de l’Université Laval est un vaste complexe intégré de formation en sciences de la santé qui accueille aussi les sciences infirmières.

L'Université Laval dispense depuis peu un doctorat en sciences infirmières. Tour d'horizon d'un programme qui semble aller bon train, en compagnie de la vice-doyenne aux études supérieures et à la recherche de la Faculté des sciences infirmières, Clémence Dallaire.

Depuis le mois de mars dernier, il est possible de faire une demande d'admission au tout nouveau programme de doctorat en sciences infirmières de l'Université Laval. Ce programme prépare l'étudiant à oeuvrer à titre de chercheur autonome ou comme professeur-chercheur au sein du réseau universitaire ou dans les instituts de recherche et les établissements de santé, entre autres.

La clientèle

Ce programme s'a-dresse à trois types de clientèle, souligne Clémence Dallaire. «Il est destiné à des infirmières [ou infirmiers] qui détiennent déjà une maîtrise avec mémoire. Ce programme s'adresse aussi à des infirmières qui ont fait un stage, c'est-à-dire celles qui ont perfectionné leurs habiletés cliniques et qui estiment nécessaire d'ajouter la recherche à leur profession. Enfin, ce programme vise toute personne détentrice d'une maîtrise dans un domaine connexe [les sciences cliniques, la santé communautaire, les scien-ces de l'éducation, l'épidémiologie, l'anthropologie, la sociologie, etc.]. Dans ces cas, il y a une obligation de suivre certains cours théoriques.»

De plus, rappelle Mme Dallaire, la compréhension de l'anglais écrit est nécessaire. «Vous savez, la connaissance de la langue anglaise est importante dès le premier cycle, et même au niveau du baccalauréat, et ce, tant dans les domaines scientifiques qu'en sciences infirmières et de la santé. Dans ces secteurs, la majorité des publications sont en anglais. Il est par ailleurs difficile de concurrencer les éditeurs américains qui desservent une large clientèle et dont les volumes sont très bien faits, bien illustrés et qui intéressent nos étudiants.» À noter, la rédaction de la thèse peut exceptionnellement se faire dans une langue autre que le français, selon les règles en vigueur à cet effet à l'Université Laval.

Concrètement, ils sont 14 étudiants à suivre ce tout nouveau programme qui a débuté en septembre dernier et qui semble aller bon train, observe Mme Dallaire. «Ça va plutôt bien. Les étudiants semblent être contents. Ils proviennent de notre université, mais aussi de l'Outaouais, de Montréal, de Trois-Rivières. On compte aussi, parmi cette cohorte, une Iranienne ainsi qu'une Québécoise qui enseigne à Lausanne, en Suisse. D'ailleurs, à l'échelle de la francophonie, on constate une hausse de la scolarité des infirmières. Il y a donc une forte demande pour ce type de programme et on espère bien sûr, à terme, attirer cette clientèle en provenance de la Belgique, de la Suisse, de l'Afrique francophone, du Moyen-Orient, etc.»

La recherche

Sur le plan de la recherche, la documentation officielle indique que le domaine d'étude des sciences infirmières s'ancre dans les processus de vie, de santé, de maladie et de rétablissement de personnes dans les situations normales ou critiques se déroulant dans un environnement physique, humain et social.

Les objets d'étude peuvent être les suivants: l'étude des savoirs scientifiques et philosophiques sur cette discipline; l'expérience individuelle familiale et socioculturelle du soin aux différents âges et cycles de la vie; l'analyse des soins en lien avec les populations marginalisées, les populations défavorisées et celles aux prises avec des problématiques de santé complexes, y compris les soins de fin de vie, de même que l'analyse des comportements des infirmières ou d'autres professionnels de la santé. «On s'efforce, note Mme Dallaire, d'animer une vie intellectuelle des plus enrichissantes pour nos étudiants dans le cadre de ce programme de doctorat.»

Ce programme est seulement le deuxième à avoir été mis sur pied au Québec, ajoute-t-elle. «Il existe au Canada quelques programmes de doctorat, dont la majorité ont été mis sur pied au cours des vingt dernières années, et seulement un autre au Québec, qui est un programme conjoint associant la Faculté des sciences infirmières de l'Université de Montréal et l'École des sciences infirmières de l'Université McGill, où j'ai obtenu mon diplôme.»

Défis

Quels sont les obstacles qui peuvent se dresser sur le chemin du programme de doctorat en sciences infirmières de l'Université Laval? «Nous som-mes en train d'en faire la promotion pour nous assurer d'avoir suffisamment d'étudiants pour les années à venir. Je vous dirais, par contre, que plusieurs de nos professeurs les plus aguerris prendront leur retraite, et cela peut engendrer une certaine difficulté. Voilà un de nos défis [soit le recrutement]. Pour l'instant, ça va bien, on est bien financé et bien enchâssé au sein de notre université.»

Soulignons au passage que cette faculté compte quelque 600 étudiants au premier cycle et plus de 150 au deuxième cycle.

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Collaborateur du Devoir