Rencontre des partenaires sur l'intégration des élèves en difficulté - Montréal et Laval font valoir leur spécificité

À quelques jours de la très attendue rencontre des partenaires portant sur l'intégration des élèves handicapés et en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage, plusieurs organisations du milieu de l'éducation continuent d'interpeller la ministre. Et lui signifient que la limite est atteinte.

À la question de savoir si l'on doit intégrer les élèves handicapés et en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA), les trois commissions scolaires francophones de l'île de Montréal et celle de Laval répondent: oui, mais... «Nous indiquons ici que nous sommes prêtes à assumer tous les défis [de l'intégration], mais que cette limite est atteinte», a déclaré Diane De Courcy, présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), lors d'une conférence de presse hier à laquelle participait une panoplie de représentants du milieu scolaire patronal.

Les commissions scolaires présentes ont ainsi fait part de leurs recommandations en insistant sur la spécificité de Montréal et de Laval, deux grands centres urbains. «L'approche inclusive soutenue par l'actuelle Politique de l'adaptation scolaire est un idéal très difficilement atteignable dans la grande région montréalaise, compte tenu des conditions actuelles et de la concentration des facteurs de vulnérabilité», ont-elles fait valoir.

À la somme de 1,8 milliard que le ministère de l'Éducation fournit aux commissions scolaires pour les enfants en difficulté, les commissions scolaires ajouteraient près de 125 millions pigés dans d'autres tiroirs.

Selon les commissions scolaires, le problème n'en est pas un d'organisation du travail ni de gouvernance. En est-il un d'argent? «Bien sûr qu'on en revient toujours à parler d'argent. Car quand on prend des mesures, il y a un coût d'associé à ça. Mais il serait regrettable que la discussion de lundi tourne uniquement autour de l'argent. Ce ne sera pas ma façon d'intervenir», a souligné Josée Bouchard, présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, qui représentera ses membres auprès de la ministre. Elle entend plutôt discuter des balises qui permettront de déterminer jusqu'où ira l'intégration.

La Fédération autonome de l'enseignement (FAE) abonde en ce sens et sera de la partie lundi. «Il y a des limites à l'intégration qu'on a déjà dépassées, ce qui a déstructuré le système public d'éducation», a dit Pierre St-Germain, président de la FAE. Selon lui, la mission première du système est d'instruire. «Alors, si on nous demande de socialiser, on va s'organiser pour faire les choses autrement. Mais on va demander les services qui vont avec», a-t-il soutenu au cours d'une conférence de presse où l'épuisement et l'émotion étaient palpables, à laquelle il avait convié des mères de famille et des enseignantes. «Je manque d'yeux, d'oreilles et de bras», a renchéri Nathalie Simard, qui enseigne au préscolaire depuis plus de 16 ans. «J'ai une grande passion pour l'enseignement, mais je me questionne. Depuis quelques années je n'enseigne plus, je suis un pompier qui éteint des incendies.»
1 commentaire
  • Chris G. Eustace - Abonné 24 octobre 2010 20 h 57

    Bravo to the Quebec government for calling this 'Special-Needs' meeting

    October 24, 2010


    The government sponsored meeting on October 25, concerning special-needs has been well documented in a number of articles and an editorial last week, in The Gazette. Of particular interest was the article: "Special needs kids on agenda" (Oct. 22). 

    I was intrigued to see in this article the quote by the head of the Fédération de l'enseignement: "Integration in the current framework isn't working."

    I strongly endorse that remark and support the "90 per cent of teachers" (according to a Léger survey), who felt that "public schools should create more special classes" for special needs students.

    Until 1998, I taught for the Baldwin-Cartier School Board, at a school where students with special needs were taught in small groups by specialists in that field.

    In 1998, with the amalgamation of boards, the school fell under the jurisdiction of the Lester B. Pearson School Board, which had determined that the inclusion model would prevail. In the following years, those students were placed in a wide range of regular classes, the special education department was disbanded, and these teachers were reassigned to teach regular classes throughout the school.

    No teacher had ever requested a change from a teaching model we deemed successful, to the totally inclusive model enforced by a board with a politically correct, but highly impractical philosophy.

    Furthermore, since 1998, I witnessed the past and present presidents of the Pearson Teachers Union complain at school board meetings and/or read reported comments about their serious reservations about total inclusion.

    In the past several years, most boards have come to realize that too much inclusion has done much more harm than good for students in general, and special needs students, in particular.

    Anyway, good for the new education minister, Line Beauchamp, for calling Quebec's first-ever government classroom intergration meeting. It is indeed most welcome.

    Merci, Le Devoir