Michaëlle Jean à la tête des HEI de l'Université Laval

En Haïti, plus de 5000 écoles se sont écroulées, ainsi que deux universités et plusieurs centres de formation professionnelle, rappelle l'ancienne gouverneure générale. «Mon rôle, ce sera de rassembler les partenaires. Il n'y aura pas de développement durable en Haïti si on n'investit pas en éducation. Je suis d'autant plus ravie de pouvoir travailler de très près avec une université qui a déjà pris les devants par rapport à ce type d'accompagnement», a soutenu Mme Jean.

Pour elle, il n'y aura pas de reconstruction durable en Haïti sans inclure les Haïtiens et sans plus de coordination des efforts. «Haïti laboratoire, ça ne produit rien de durable. Les gens se sentent comme des clientèles cibles et des bénéficiaires. Ça suppose une remise en question profonde de toutes les parties. Il faut changer nos façons de travailler.»

Mme Jean croit qu'elle saura bien remplir son rôle de conseillère à la tête de cet institut qui accueille une dizaine de groupes de recherche, dont le Centre d'études interaméricaines et le programme Paix et sécurité internationales, ainsi que trois chaires de recherche du Canada, notamment sur les conflits identitaires et le terrorisme. «Ce qui les intéresse, c'est tout le bagage que j'ai pu accumuler à la suite de 40 visites d'État dans le monde. Je mettais en place beaucoup de forums, de dialogues et de rencontres avec des représentants de la société civile... J'ai créé des liens avec les universités dans ces pays. J'ai pu, en quelque sorte, faire un état des lieux pour ce qui est des occasions et des opportunités de collaborations», a-t-elle avancé.

En attendant, la 27e gouverneure générale, qui a cédé ses pouvoirs, essaie de se reposer un peu chez elle à Ottawa, où elle a élu domicile. «J'essaie de retrouver mes marques dans ma vie personnelle et familiale. Les gens ne réalisent pas à quel point c'est une fonction qui est prenante et très intense.»

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