Écoles passerelles - Québec entend adopter tel quel le projet de loi 103

Le gouvernement Charest ferme la porte à une modification du projet de loi 103 sur les écoles passerelles et entend l'appliquer tel quel. C'est ce qu'a laissé entendre la ministre de la Culture et responsable de la Charte de la langue française, Christine St-Pierre, au dernier jour de la commission parlementaire sur ce projet de loi.

«Au début de la commission, nous avons dit au PQ que nous voulions arriver à une entente avec eux. Ils n'ont pas accepté, donc ce que nous voulons, c'est appliquer le projet de loi 103 et nous assurer que les libertés individuelles sont protégées dans notre société», a-t-elle affirmé.

Elle en a profité pour fustiger la position du Parti québécois qui, lui, souhaite étendre l'application de la Charte de la langue française aux écoles privées, et l'abolition du projet de loi 103. «La solution que [les péquistes] nous proposent, c'est une solution radicale [comme l'a dit Louis Bernard]. [...] Une solution qui suspend les libertés individuelles et une chef de parti qui veut la suspension des libertés individuelles, je trouve ça vraiment gênant.»

Plus tôt, lors d'une conférence de presse-bilan organisée par les quelque 35 groupes de la Coalition contre la loi 103, la chef de l'opposition, Pauline Marois, avait elle aussi réaffirmé qu'elle fermait la porte à tout compromis. «On ne peut pas faire de compromis sur la langue française au Québec, c'est clair comme ça. Et cette loi en est l'exemple patent, c'est un compromis qui est inacceptable», a-t-elle déclaré.

Mme Marois a également tiré la sonnette d'alarme quant au risque d'assimilation des francophones, et rappelé que le projet de loi du gouvernement libéral ne fera qu'accentuer cette menace. En n'étendant pas la loi 101 aux écoles privées non subventionnées, le gouvernement «se plie ainsi aux diktats de la Cour suprême, un tribunal contrôlé exclusivement par une autre nation», a-t-elle lancé.

Loi impopulaire


Plus tôt, lors de la période de questions en Chambre, la ministre avait été prise à partie par le député péquiste de Borduas, Pierre Curzi, qui lui avait demandé si elle était «consciente» que «tout le peuple québécois rejetait son projet de loi». Selon lui, 36 mémoires sur 43 rejettent le projet de loi et 22 groupes demandent l'application de la loi 101. «Va-t-elle écouter les citoyens et retirer son projet de loi 103?», a-t-il demandé.

S'il est adopté tel quel, le projet de loi 103 permettra à des élèves francophones et allophones d'intégrer le réseau anglophone public moyennant un séjour de trois ans aux frais de leurs parents dans une école privée de langue anglaise non subventionnée. Mme St-Pierre espère que son projet de loi sera adopté d'ici au 22 octobre, soit avant l'expiration du délai d'un an consenti par la Cour suprême.

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Avec la collaboration de Robert Dutrisac

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Avec La Presse canadienne