Écoles passerelles - Le projet de loi 103 reçoit un premier appui

Québec — La ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, a reçu un premier appui au projet de loi 103 sur les écoles passerelles, celui du réseau des écoles privées non subventionnées Vision, qui dispensent un enseignement plurilingue à des élèves francophones.

«Il est inconcevable qu'une école fasse de la "qualification" à l'école anglaise son premier principe stratégique», a déclaré le président du réseau des écoles Vision, Richard Dumais, lors de sa comparution devant la commission parlementaire qui se penche sur le projet de loi 103. Il s'est dit en total accord avec l'ajout de l'article 78.2 à la Charte de la langue française (CLF), tel que prévu dans le projet de loi, qui vise à interdire l'exploitation d'écoles passerelles, soit des établissements privés principalement destinés à rendre des enfants admissibles à l'enseignement en anglais.

Bien que les écoles Vision offrent un enseignement d'immersion anglaise, elles respectent en tous points le régime pédagogique du ministère en ce qui a trait à l'enseignement du français, a soutenu M. Dumais. Elles respectent, et dans certains cas, dépassent le nombre d'heures suggéré pour l'enseignement du français. «Comme nos écoles accueillent presque exclusivement des enfants francophones, l'apprentissage du français est une priorité au sein de nos établissements. Les écoles Vision ne sont pas des écoles anglophones et ne souhaitent pas devenir des écoles passerelles ou "qualifiantes"», a-t-il signalé.

Si la loi 101 était étendue aux écoles privées non subventionnées, comme le souhaitent le Parti québécois, le Conseil supérieur de la langue française ainsi que la majorité des 27 groupes et individus qui se sont présentés devant la commission depuis deux semaines, ce serait la fin des écoles Vision, a expliqué Richard Dumais à la ministre. «C'est tout notre projet éducatif qu'il faudrait abandonner», a-t-il dit. La commission parlementaire doit encore entendre 17 participants.

Fondé en 1995, le réseau Vision comprend neuf écoles préscolaires, primaires et secondaires privées qui accueillent près de 1850 élèves. Ce sont des écoles francophones où des programmes d'immersion permettent aux élèves d'acquérir une connaissance de l'anglais équivalente à celle des élèves du réseau des écoles de langue anglaise. Après leur cours primaire, 98 % des élèves poursuivent leur scolarité en français, a précisé Richard Dumais. Il en coûte plus de 6000 $ par an pour qu'un enfant puisse fréquenter une école Vision.