Fédération des établissements d'enseignement privés - Le secteur privé a un réseau scolaire qui se porte bien

Jean-Marc Saint-Jacques, président de la Fédération des établissements d’enseignement privés <br />
Photo: Source Feep Jean-Marc Saint-Jacques, président de la Fédération des établissements d’enseignement privés

Pour l'année scolaire en cours, trois dossiers se dégagent nettement des grandes priorités de la Fédération des établissements d'enseignement privés (FEEP), selon son président, Jean-Marc Saint-Jacques, soit le volet international, les résidences scolaires et les élèves aux prises avec des difficultés d'apprentissage. Conversation.

La Fédération des établissements d'enseignement privés (FEEP)regroupe actuellement 182 établissements scolaires répartis sur pratiquement l'ensemble du Québec. Ces établissements dispensent des services dans les secteurs de la formation générale, de l'adaptation scolaire et de la formation professionnelle à près de 110 000 élèves de l'éducation préscolaire, de l'enseignement primaire et de l'enseignement secondaire. Parmi ses membres, la FEEP compte 11 établissements qui offrent exclusivement des services en adaptation scolaire, à des élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation et d'apprentissage.

Élèves en difficulté

Malgré les idées reçues qui circulent depuis longtemps déjà, souligne M. Saint-Jacques, également directeur général du collège Bourget à Rigaud, le réseau scolaire privé ouvre toutes grandes ses portes aux élèves en difficulté d'adaptation et d'apprentissage. «C'est pour nous un dossier prioritaire, malgré les reproches qu'on nous fait. Nos établissements scolaires font des efforts remarquables en ce sens. Et, en plus des établissements qui se spécialisent dans ce domaine, il y a plusieurs autres écoles qui ont mis sur pied des projets d'intégration. Je pense, par exemple, à une école qui offre à un certain nombre d'élèves de faire leurs deux premières années du secondaire sur une période de trois ans, une autre qui offre une année préparatoire au secondaire ou encore une autre qui accueille principalement des élèves qui ont déjà doublé ailleurs. Ici, dans mon collège, il y a deux ans, le taux d'élèves aux prises avec un retard scolaire s'établissait à 14 %; je n'ai par contre pas les chiffres de cette année. Donc, nous recevons aussi des élèves qui ont échoué ailleurs.»

Cela dit, M. Saint-Jacques rappelle qu'il faut comparer ce qui est comparable en ce qui concerne ce groupe d'élèves, et ce, entre le réseau public et privé. «Écoutez, ce qui n'est pas dit [quand le débat public s'envenime sur cette question] quand on regarde attentivement le modèle de subvention, c'est qu'on est subventionné à 60 %; ce qui correspond à un élève régulier du secteur public, et donc à une subvention qui n'est pas basée sur un élève qui nécessite des services extraordinaires.»

Et M. Saint-Jacques de poursuivre: «Or vous savez que, dans le réseau privé, les services hors classe ne sont pas financés par le gouvernement, ils sont financés par les parents. On veut bien recevoir les élèves en difficulté, et même en faire plus, mais on y va à la mesure de nos moyens.»

Vous souhaitez donc obtenir un appui financier de Québec? «Oui, tout à fait. Toutefois, qu'on ne nous impose pas une politique "mur à mur", obligeant, par exemple, tous les établissements scolaires à recevoir 10 % d'élèves en difficulté, car je pense que ce type de démarche ne conviendrait pas à certaines écoles qui ont des projets spécifiques pour des élèves plus performants, cela n'aidera personne.»

Les pensionnats

L'autre priorité, et qui a cours depuis plusieurs années, concerne les résidences scolaires. En fait, 23 établissements de la FEEP offrent ce service, qui demeure fragile. «On souhaite assurer la survie de ces lieux et consolider cet important réseau pour mieux le développer à terme. C'est un service qu'on considère comme très pertinent et qui offre une expertise et un encadrement aux enfants qui sont parfois aux prises avec une situation familiale plus difficile. Par exemple, il y a des parents qui sont hôteliers et restaurateurs et qui travaillent principalement le soir, ou encore des parents qui sont en voyage pour des raisons de travail.»

Quand M. Saint-Jacques parle de vouloir développer ce réseau, il évoque ce qui se fait notamment en France. «Il s'est créé en France un internat d'excellence en banlieue de Paris qui accueille des élèves qui vivent dans des zones qualifiées à risque; des élèves qui sont donc condamnés à des échecs scolaires. La formule a à ce point été concluante qu'il est question d'en ouvrir une vingtaine d'au-tres à travers la France. Vous savez, les résidences ne sont pas des lieux de punition comme au Moyen Âge, comme on l'entend parfois.»

International


Le volet international est aussi au coeur des enjeux que privilégie la FEEP. Ainsi, cette fédération caresse depuis quelque temps l'idée de mettre sur pied un carrefour international de l'enseignement privé, rappelle M. Saint-Jacques. «Ce serait un carrefour virtuel tant pour les fédérations du monde anglophone que francophone. Ce serait un lieu d'échanges, que ce soit sur le plan des statistiques, des expertises et de l'enseignement. Nous travaillons déjà en ce sens avec l'Association des écoles privées des États-Unis [National Association of Independent Schools]. D'ail-leurs, je vous dirais que, à l'échelle internationale, le réseau québécois de l'éducation, tant privé que public, est très bien perçu, particulièrement sur le plan de l'innovation en pédagogie. Ça, on ne devrait pas l'oublier.»

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Collaborateur du Devoir