Plaidoyer pour le retour des cours d'éducation sexuelle à l'école

Des organismes et des personnes œuvrant dans les milieux de l'éducation et de la santé ont demandé à la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, le retour des cours d'éducation sexuelle à l'école. Jadis intégrés au cours de Formation professionnelle et sociale (FPS), qui a été abandonné en 2001 à la suite des états généraux, ces enseignements pourraient être réintroduits sous forme d'ateliers permettant aux jeunes d'échanger sous la supervision d'un intervenant formé.

«Les enseignants ne veulent pas un cours spécifique, mais un programme pour que les jeunes soient capables de parler de sexualité à l'école dans le respect», a dit Josée Scalabrini, vice-présidente principale de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) lors d'une conférence de presse convoquée par la Coordination du Québec pour la Marche mondiale des femmes, qui aura lieu le 14 octobre prochain. «C'est un grand chantier à ouvrir. Le gouvernement a beaucoup de travail. On en est conscient, mais la Fédération est prête à travailler à la réalisation d'un programme qui viendrait pallier tous ces manquements qu'il y a dans nos écoles», a-t-elle ajouté.

Le Dr Réjean Thomas, bien connu pour son activisme entourant la question du sida, voit un lien entre l'abandon du volet sexualité dans le cours de FPS et la hausse des infections transmises sexuellement (ITS). «C'est pas une relation directe, mais c'est sûr que ça a un lien. En 1998, il y avait trois cas de syphilis et là, on a 400-500 cas chaque année. Le nombre de chlamydias a aussi doublé», a-t-il souligné.

Le Dr Thomas souhaite un retour à de vraies campagnes de prévention. «C'est pas vrai que de parler du sida à la Journée mondiale du sida ou de montrer un condom avec une banane, c'est de l'éducation sexuelle, a-t-il lancé. C'est beaucoup plus global. Ça inclut l'identité sexuelle, la prévention contre la consommation de la drogue et de l'alcool...»

Sexualité et égalité

Pour la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Alexa Conradi, le retour de l'éducation à la sexualité serait un pas vers l'égalité homme-femme, principe inscrit dans le préambule de la Charte québécoise des droits et libertés. «L'idée de revenir à un programme d'éducation à la sexualité, c'est à la fois bon pour la société [...], car c'est une façon concrète de s'assurer qu'on puisse travailler sur les rapports égalitaires, en plus d'être bon pour la santé publique et la prévention des grossesses [non désirées] et des ITS», a soutenu Mme Conradi. Selon Rosa Pires, du Regroupement québécois des Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, un cours d'éducation sexuelle permettrait également de sensibiliser les jeunes à la question de l'exploitation sexuelle et aux mythes et préjugés entourant les agressions sexuelles.

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