Bulletin unique - Arrêtez les presses! dit le Conseil supérieur de l’Éducation

Alors que la rentrée arrive à grands pas, «toute modification implantée en catastrophe entraîne son lot de problèmes».
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Alors que la rentrée arrive à grands pas, «toute modification implantée en catastrophe entraîne son lot de problèmes».

À moins de trois semaines de la rentrée, le Conseil supérieur de l’Éducation rejette les modifications que Québec souhaitait mettre de l’avant en septembre, dont le bulletin unique. «Prématurés», ces changements  vont à l’encontre du Renouveau pédagogique, affirme le conseil.

«Ce ne sont pas des outils qui nous permettent d’avancer, ça ne permet pas de chercher des solutions nouvelles», explique sa présidente, Nicole Boutin. Au bulletin national, elle préfère, après avoir consulté les différents acteurs du milieu de l’éducation, un modèle flexible, mais balisé, qui permettrait aux écoles d’exprimer leurs différences.
 
Publié le 11 juin dernier dans la Gazette officielle du Québec, le projet de modification au Régime pédagogique propose entre autres d’instaurer un bulletin unique à la grandeur du réseau et rend obligatoire l’évaluation des connaissances. Le tout doit entrer en vigueur le 1er septembre. Le modèle de bulletin, dont Le Devoir avait obtenu copie en avril, diminue le nombre de compétences à évaluer et réintroduit la possibilité de redoublement à la fin de chaque année scolaire.
 
«Des changements d’une telle envergure apparaissent prématurés, alors que l’implantation [de la réforme] vient tout juste d’être complétée avec son application en 5e secondaire», écrit le Conseil dans un avis publié aujourd’hui.
 
Il s’inquiète notamment du sort réservé aux compétences transversales, qui après la modification, «ne figureraient plus dans aucun article du régime pédagogique». Cela aurait pour effet «de donner une prépondérance aux connaissances au détriment des compétences», et entrerait en conflit avec l’esprit de la réforme amorcée en 2000.
 
Le ministère de l’Éducation agit seul et trop vite, ajoute le Conseil. Alors que la rentrée arrive à grands pas, «toute modification implantée en catastrophe entraîne son lot de problèmes et une telle improvisation risquerait d’apporter beaucoup plus de confusion que de clarté en plus de susciter de l’inquiétude et de la frustration chez le personnel scolaire». 
 
Le conseil demande à la ministre de l’Éducation de «lancer un chantier pour apporter des ajustement qui font un consensus plus large», explique Nicole Boutin. Elle espère échanger à ce sujet «dans les meilleurs délais» avec la nouvelle ministre de l’Éducation Line Beauchamp, nommée hier en remplacement de Michelle Courchesne.
5 commentaires
  • Carol Vadnais - Inscrite 12 août 2010 11 h 32

    Conseil hypocrite et déconnecté!

    Je suis enseignant et j'ai ri quand j'ai lu cet avis du Conseil suprérieur de l'éducation. Plusieurs des arguments qu'il a énoncés ont déjà été invoqués pour dénoncer le Renouveau pédagogique: improvisation, précipitation, manque de concertation, manque d'évaluation des solutions proposées.

    L'avis des membres Conseil est hypocrite parce qu'il reproche à l'ancienne ministre une façon de procéder qu'eux-mêmes ont appuyée pour favoriser l'application du Renouveau pédagogique.

    Il y a trop de structures en éducation. Pourquoi ne pas économiser en éliminant cet organisme composé de pédagogues obnubilés par la réforme?

  • Maurice Monette - Inscrit 12 août 2010 13 h 12

    Répétons le ! C'est un "Retour vers le Futur" que ça prendrait pour rebâtir une société humaine saine, comme c'était plus possible avant ...

    Il faudrait revenir aux anciennes méthodes d'enseignement qui avaient cours, il y a de cela près de quarante (40), voire quarante-cinq (45) ans.

    En effet, avec la mise en place du système scolaire libertaire des polyvalentes, sous le Ministre Paul Gérin-Lajoie, vers le milieu des années des années 60, début 70, il y eut un relâchement dans les Valeurs Sociales qui servent à échaffauder une $ociété humaine $aine ($. h. $.) ou, pour que les gens comprennent, société humaine saine. Les valeurs sociales transmises par cette $. h. $. d'antan passaient devant la recherche axée sur le plaisir et les profits monétaires rapides.

    Il faut comprendre que l'École est là pour initier les jeunes aux obligations qui devraient devenir leurs, une fois devenus adultes, qu'ils / elles s'intégreront à cette $. h. $. . Alors que de nos jours, les méthodes d'enseignement procèdent à l'envers, en n'infligeant que très peu d'obligations et de responsabilités aux jeunes pour qu'ils / elles performent. C'est ainsi qu'ils / eles ont le moins de travaux possibles à faire, après la journée scolaire terminée ou même, les fins-de-semaines, pour ne pas empiéter sur leurs loisirs ou le temps consacré aux activités de famille, pour ceux et celles qui ont encore des parents qui s'occupent d'eux / elles. C'est vrai, de nos jours, il ne faut surtout pas frustrer les jeunes et leurs donner des travaux scolaires ne viennent bouleverser l'horaire des gens responsables de ceux-ci / celles-ci (lire leus parents, pour ceux

  • Sylvain Auclair - Abonné 12 août 2010 19 h 32

    C'est ce que l'école fait

    Autrefois, l'école apprenait à obéir; maintenant, elle apprend à réfléchir. Autrefois, on apprenait tout par cœur; maintenant, on apprend à trouver et à trier l'information. La société a changé depuis 50 ans.

  • Carol Vadnais - Inscrite 12 août 2010 21 h 09

    Pensée magique

    Comment trouver de l'information quand on n'a pas déjà un solide bagage de connaissances? Comment départager l'accessoire de l'essentiel sans un recul intellectuel? Comment réfléchir sans savoir?

    Vous me permettrez, M. Auclair, d'affirmer que vous êtes dans la pensée magique.

  • François Dugal - Inscrit 18 septembre 2010 12 h 00

    Une bataille

    Le conseil de l'éducation se bat contre la ministre de l'éducation.
    La qualité de l'éducation dans tout ça? C'est dernier de leurs soucis.