«La vraie négociation commence»

Les enseignants de la Fédération autonome de l’enseignement ont privé d’école plus de 300 000 élèves hier et ont causé des maux de tête aux automobilistes.
Photo: - Le Devoir Les enseignants de la Fédération autonome de l’enseignement ont privé d’école plus de 300 000 élèves hier et ont causé des maux de tête aux automobilistes.
Mais au-delà de ses apparences de récréation, le rassemblement portait de sérieux desseins. Au premier plan des revendications, la réduction de la taille des classes. «Il faut diminuer les ratios, mais pour tout le monde», a dit Dominique Poulin, enseignante à l'école Hébert de Laval, en faisant allusion à une disposition de l'entente de principe survenue la semaine dernière entre l'autre grand syndicat de profs, la FSE-CSQ, et le gouvernement. «Nous, on n'est pas assez défavorisés pour qu'ils baissent les ratios, mais on est en difficulté quand même!» Conciliation travail-famille, retour à la «codification» des élèves handicapés ou en difficultés d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA), augmentations salariales, fin de la précarité... Les revendications de la FAE étaient sur toutes les pancartes. Pour Caroline Bélanger, enseignante à l'école Carrefour à Gatineau, la tentation est grande de traverser la frontière et d'aller en Ontario, où le gazon est beaucoup plus vert... «C'est de 15 000 à 20 000 $ de plus pour un enseignant qui commence et ils ont 21 jours de congé par année», note-t-elle. «Ils ont la même formation que nous, alors pourquoi les conditions sont-elles si différentes?» a-t-elle ajouté.

Une grève qui dérange

Le débrayage, qui a pris la forme d'une grande marche partant de McGill College, longeant la rue Sherbrooke jusque sur l'avenue du Parc, a ainsi privé d'école plus de 300 000 élèves et a causé des maux de tête aux automobilistes. «Notre geste d'aujourd'hui, même si ça dérange, ça sert aussi à faire en sorte que les élèves, à qui on donne le meilleur enseignement possible [...], aient accès à de meilleurs services. Une journée, c'est bien peu par rapport à tout le temps perdu dans les écoles parce que les profs ne peuvent pas enseigner à cause des conditions souvent lamentables dans lesquelles on les force à travailler, a lancé le président de la FAE, Pierre St-Germain. La vraie négociation commence aujourd'hui avec le gouvernement et on espère obtenir plus que ce qui a été mis sur la table jusqu'à présent!» Sur ce point, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, semble à tout le moins être d'accord, bien qu'elle ait indiqué que la grève n'aurait aucun effet sur les positions patronales.

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